<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943</id><updated>2012-01-26T21:45:19.857+01:00</updated><category term='Paris je t&apos;aime'/><category term='Auxiliaire taaaaa mèèèère'/><category term='Work in progress'/><category term='Projet Wikisource'/><category term='L&apos;univers universitaire'/><category term='Brèves de recherche'/><category term='Welcome in ze Mienne Dimension'/><category term='Articlologie'/><category term='Des seconds couteaux bien aiguisés'/><category term='Objectif AMN 2010'/><category term='La mort de Germanicus'/><category term='Ancient Geek'/><category term='Quelques bouquins'/><category term='Oulm Connection'/><category term='L&apos;Antiquité sur scène'/><category term='Thèse antithèse foutaises'/><category term='A la recherche de la biblio perdue'/><category term='Article Woodman'/><category term='Dans l&apos;Antre du Monstre'/><category term='L&apos;Antiquité à la Une'/><category term='Vita in insula'/><category term='Le Linard des bibliothèques'/><category term='Horreur et frémissements'/><category term='Fusées volantes'/><category term='Du bon côté du bureau'/><category term='Opération Une Rumeur Par Jour'/><title type='text'>Dans l'univers universitaire...</title><subtitle type='html'>Instantanés (ou presque) d'aventures et mésaventures universitaires de thésards en lettres classiques.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>177</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-7314074121102747481</id><published>2012-01-26T20:21:00.000+01:00</published><updated>2012-01-26T20:23:26.851+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Des seconds couteaux bien aiguisés'/><title type='text'>Nymphidius Sabinus ou faut pas être trop mégalo, quand même</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chers tous,&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;non, je ne suis pas morte ou agonisante ! En vérité, je me suis trouvée face à une masse de travail que je n'avais pas prévue. J'ai en effet été semestrialisée, ce qui veut dire que j'ai effectué toute ma charge de cours sur un semestre (en l'occurrence, le premier) ; tout allait bien jusqu'à ce que les étudiants commencent à m'envoyer leurs articles : soixante textes à lire, corriger, renvoyer, lire à nouveau, noter, je vous laisse imaginer le boulot ; le premier qui me sort que je passe mon temps à siroter des mojitos les orteils en éventail lorsque je rentre chez moi risque de ne pas être déçu du voyage.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais le semestre se termine, j'ai, bien sûr, un certain nombre de choses à vous raconter et, à présent, plus ou moins le temps pour le faire. Et, pour bien commencer l'année (oui, oui, bonne année ! il est un peu tard, mais pas encore trop, donc ça va !), let me introduce you to...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;NYMPHIDIUS SABINUS&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai tout d'abord rencontré cet individu en lisant Suétone, la &lt;i&gt;Vie de Galba&lt;/i&gt; plus précisément : après avoir appris la mort de Néron et sa désignation comme empereur par le Sénat, Galba, dit mon biographe préféré, "&lt;i&gt;nec prius usum togae reciperauit quam oppressis qui nouas res moliebantur, praefecto praetori Nymphidio Sabino Romae, in Germania Fonteio Capitone, in Africa Clodio Macro legati&lt;/i&gt;s" (&lt;i&gt;Galb&lt;/i&gt;. 11.2), ce qu'on peut traduire par "il ne fit à nouveau usage de sa toge qu'après avoir écrasé ceux qui préparaient des révolutions, le préfet du prétoire Nymphidius Sabinus à Rome, en Germanie Fontéius Capito, en Afrique Clodius Macer, qui étaient légats". Au passage, vous remarquerez la mentalité romaine : &lt;i&gt;res nouae&lt;/i&gt;, littéralement "des choses nouvelles", c'est nécessairement une révolution et pas avec le sens positif que ce terme a plus ou moins pris de nos jours ; pour un Romain, il n'y a rien de mieux que l'Ancien, donc, quand on cherche à changer radicalement les choses, c'est franchement grave.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bref.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Laissons donc de côté Fontéius Capito et Clodius Macer (comme vous le voyez, avec la nouvelle année j'inaugure une nouvelle rubrique, donc j'en parlerai peut-être plus tard), dont la syntaxe montre qu'ils sont à mettre dans le même sac (même construction "lieu + nom" et &lt;i&gt;legatis&lt;/i&gt; commun), et ne retenons que le principal : Nymphidius Sabinus, manifestement, avait cherché à prendre le pouvoir à Rome &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; les prétoriens, qu'il commandait, ce qui est quand même étrange (qu'il ait voulu le pouvoir, pas nécessairement qu'il ait été préfet du prétoire), car son nom indique que soit il était affranchi ("Nymphidius", ce n'est pas exactement romain ; les esclaves affranchis prenaient le nom de leur ancien maître, mais gardaient souvent celui qu'ils avaient avant comme &lt;i&gt;cognomen&lt;/i&gt;, pour la plus grande joie des chercheurs, en particuliers des épigraphistes), soit il était un fils d'affranchi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un peu plus tard, lisant le récit des mêmes événements chez Tacite, je tombe sur ça :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote class="tr_bq"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Miles urbanus, longo Caesarum sacramento imbutus et ad destituendum Neronem arte magis et impulsu quam suo ingenio traductus, postquam neque dari donatiuom sub nomine Galbae promissum neque magnis meritis ac praemiis eundem in pace quem in bello locum praeuentamque gratiam intellegit apud principem a legionibus factum, pronus ad nouas res, scelere insuper Nymphidii Sabini praefecti imperium sibi molientis, agitatur. Et Nymphidius quidem in ipso conatu oppressus, sed quamuis capite defectionis ablato, manebat plerisque militum conscientia, nec deerant sermones senium atque auaritiam Galbae increpantium.&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;. I 5.1-2)&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce qu'on peut traduire par :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote class="tr_bq"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La garnison de Rome, liée depuis longtemps aux Césars par un serment et amenée à destituer Néron plus par des artifices et sous le coup d'une impulsion que de sa propre initiative, comprit qu'on ne lui donnerait pas la gratification promise au nom de Galba, que la paix n'offrait pas les mêmes occasions que la guerre à de grands services et de grandes récompenses et qu'on avait devancé son crédit auprès d'un prince que les légions avaient fait. Prompte aux révolutions, à quoi s'ajoutait les manoeuvres odieuses de Nymphidius Sabinus, son préfet, qui convoitait l'empire, elle commença à s'agiter. Et, certes, Nymphidius fut écrasé dans sa tentative même, mais, bien que la sédition ait été décapitée, la plupart des soldats restaient conscients de leur complicité et on ne manquait pas, dans les discours, de reprocher à Galba sa vieillesse et son avarice.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Paulum noui&lt;/i&gt;, me direz-vous : on n'en sait pas plus sur Nymphidius, à part qu'il cherchait effectivement à prendre le pouvoir. On retrouve les &lt;i&gt;res nouae&lt;/i&gt;, mais mises sur le compte des prétoriens, cette fois, ce qui explique pourquoi Tacite passe sur le cas du préfet : pour lui, c'est la réaction des soldats qui est la plus importante, Nymphidius n'est que le révélateur de quelque chose de beaucoup important et qui va d'ailleurs, au final, coûter la vie à Galba.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce n'est donc que quand je me suis collée à Plutarque que j'ai eu l'immense joie de découvrir toute l'envergure du personnage.&amp;nbsp; Ce serait un peu long à citer dans son intégralité, ceux qui veulent lire le texte dans son intégralité peuvent aller en Plut. &lt;i&gt;Galba&lt;/i&gt; 8.1-9.5 et 13.1-14.11. De mon côté, je vais juste résumer rapidement ou tout du moins essayer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nymphidius Sabinus, donc, est chef de la plus importante garnison de Rome, les prétoriens, qui sont aussi les plus proches de l'empereur. Lorsqu'il entend que la Gaule s'est soulevée (quand percepteurs trop avides, Gaule toujours faire ainsi) sous l'impulsion de Vindex et que celui-ci a envoyé des lettres à Galba lui demandant de prendre le pouvoir à la place de Néron (l'expression était "d'être le défenseur de l'Etat", &lt;i&gt;adsertor rei publicae&lt;/i&gt;, mais ça revient au même), il se dit que Néron, effectivement, n'a pas une cote de popularité très haute depuis son retour de son long voyage en Grèce (qui a permis aux Romains de se rendre compte de combien c'était bien quand leur empereur était loin) et travaille les troupes qui sont sous ses ordres. Quand les choses tournent vraiment mal pour Néron et que le Sénat le déclare ennemi public (concept dont on peut résumer les conséquences par "le premier qui le tue touche un max de pognon"), il fait croire aux prétoriens que Néron est en train de fuir en Egypte et leur promet une somme délirante s'ils passent du côté de Galba ; les prétoriens n'étant pas exactement des modèles de probité morale, ils acceptent en se frottant les mains.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.lelivrechezvous.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/p/r/pr18.gif" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.lelivrechezvous.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/p/r/pr18.gif" width="226" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(il semblerait que les prétoriens aient eu &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; leur magazine ; pour info, Counaxa, c'est une bataille que des mercenaires grecs, dont Xénophon, ont remportée, mais où leur chef perse a perdu la vie, ce qui les a légèrement mis dans la panade, notamment parce qu'ils étaient en plein pays ennemi : &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. Xénophon, &lt;i&gt;L'Anabase&lt;/i&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sauf que, après le suicide de Néron (qui n'a jamais eu l'intention de se réfugier en Egypte : il aurait fallu que la panique n'empêche pas ses neurones de fonctionner correctement), Galba met du temps à venir, donc Nymphidius gère les affaires à Rome (je vous rappelle qu'il tient en main la garnison, c'est assez persuasif) et commence à prendre la grosse tête. D'abord, il voudrait bien la diriger tout seul, cette garnison ; le problème, c'est que son collègue s'appelle Tigellin, une des Âmes Damnées de Néron - autant dire pas un avorton auquel on peut gentiment "conseiller" de rester à la maison (Bibulus, collègue de César au consulat en 59 avant J.C., c'est à toi que je pense). Alors il "suggère" aux soldats d'envoyer "spontanément" des lettres à Galba pour réclamer de n'être dirigés que par lui ; le mystère est qu'il n'ait pas proposé une forte somme d'argent à Tigellin en échange de son inactivité : vu le personnage, ça aurait pu marcher.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour faire bon poids, il invite aussi les huiles de Rome à dîner, en mettant le nom de Galba sur les cartons d'invitation : ça fait quand même nettement plus chic. Du coup, le Sénat croit comprendre qu'il y a là moyen de s'attirer les bonnes grâces du nouvel empereur et couvre d'honneurs le bonhomme, allant dans le cirage de pompes jusqu'à lui demander son avis pour les décrets (ce qui n'entrait bien sûr absolument &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; dans ses attributions). Les chevilles de Nymphidius continuent d'enfler et il prend ombrage qu'on envoie lesdits décrets à l'empereur scellés, sans les lui montrer d'avance ; on raconte qu'il envisage même de châtier les consuls pour cela (les consuls, hein, les plus hauts magistrats romains), mais se laisse "fléchir". Tout le monde commence à le détester, alors il laisse la foule tuer d'anciens néroniens pour se faire bien voir d'elle, car, c'est bien connu, à part l'empereur, la deuxième chose que les sénateurs redoutent le plus, c'est le peuple de Rome (axiome qui peut être étendu à tous les gouvernements et tous les peuples en général, quelles que soient l'époque et la région du monde).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et puis là, carrément, paf ! il frappe un grand coup et déclare qu'en fait, il est le fils caché de Caligula (vous savez ? l'empereur schizophrène qui n'a duré que quatre ans avant que les autres ne rendent compte que non, vraiment, ça n'allait pas le faire et prennent des mesures définitives à son encontre ; on se choisit les pères qu'on veut). Là, Plutarque, qui est un auteur qui tient à sa réputation de sérieux, contrairement à Suétone (ah... ces Grecs...), a une bonne excuse pour sortir de vieilles histoires salaces des placards - pour une fois, hein ! Il nous raconte donc avec force détails qu'en fait, si la mère de Nymphidius était effectivement pas mal du tout et avait effectivement couché avec Caligula, c'était après la naissance de son fils, donc tout le monde savait qu'il était en fait né d'un affranchi (ah ! j'avais raison !) ; une version concurrente disait que son père était le gladiateur Martianus (nota : à Rome, être gladiateur, c'est encore plus infamant qu'être affranchi). Tacite résume tout ça en &lt;i&gt;Ann&lt;/i&gt;. XV 12, en écrivant que oui, d'accord, il ressemblait physiquement à Caligula, mais enfin, c'était ridicule (eh oui, être historien, c'est être encore plus sérieux que les biographes).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-ufnCbkFbZx8/TyGjTN5EXyI/AAAAAAAAAHE/-pQtVOaRvz8/s1600/Caligula.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-ufnCbkFbZx8/TyGjTN5EXyI/AAAAAAAAAHE/-pQtVOaRvz8/s1600/Caligula.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Buste de Caligula ; photo prise par Bibi, au Museo Nazionale Romano, à Rome - station Termini, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. plus bas)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais il ne ressemblait peut-être pas seulement physiquement à Caligula, car, après ça, Nymphidius pète littéralement les plombs et cherche à être Néron (tout en affirmant que c'était grâce à lui qu'on s'en était débarrassé) : il "épouse" Sporus, l'amant du fils d'Agrippine (que Néron aussi avait fait semblant d'épouser, soit dit en passant) et lui donne le nom de la femme de ce dernier, Poppée. Car oui, tant qu'à faire, autant y aller carrément.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il lui faut à présent parachever son oeuvre et prendre officiellement le pouvoir : il va donc voir les officiers et leur déclare que Galba est trop vieux, qu'il se fait mener par le bout du nez par ses conseillers, les infâmes Titus Vinius et Laco, et qu'il faut donc lui dire de s'en séparer. Les officiers le regardent et se grattent la tête avec circonspection : qu'est-ce que c'est que cette affaire ? Galba a soixante-treize ans, ce serait ridicule de le traiter comme un gamin, en lui disant qui il a le droit d'avoir pour ami ou non. Nymphidius essaie donc de faire peur à l'empereur en lui envoyant des nouvelles catastrophiques : Clodius Macer essaie d'affamer Rome depuis l'Afrique (à l'époque, l'Afrique est la principale fournisseuse de blé de Rome - eh oui, comme quoi, les choses n'ont pas toujours été ce qu'elles sont aujourd'hui), les légions de Germanie s'agitent, c'est l'enfer en Syrie et en Judée ! Mais Galba n'est effectivement pas né de la dernière pluie et voit clair à travers son petit manège.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors Nymphidius passe outre l'avertissement d'un de ses courtisans ("Franchement, je ne crois pas qu'il y ait une seule personne à Rome qui veuille te voir empereur, Nymphy."), préfère prêter l'oreille à ceux qui se moquent de Galba et décide de passer à l'action. Mais c'était sans compter sur les officiers des prétoriens, qui sentent la chose venir et disent aux soldats : "Ecoutez, les gars, on a déjà trahi Néron, on ne va quand même pas trahir Galba pour le fils de Nymphidia !" (eh oui, à Rome, les origines familiales, c'est un lourd passif ; notez au passage le moralisme soudain des prétoriens lorsqu'ils ont quand même encore un peu l'espoir de toucher le pactole) Et ça marche : quand Nymphidius arrive à l'endroit où, des siècles plus tard, sera la station "Castro pretorio" de la ligne B du métro de Rome (le forum, c'est Colosseo), il trouve les portes fermées et les soldats en armes. Ambiance.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.hotelcentroroma.it/map%20underground%20rome.gif" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="256" src="http://www.hotelcentroroma.it/map%20underground%20rome.gif" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(plan du métro de Rome : parce que les &lt;i&gt;realia&lt;/i&gt;, c'est vraiment important)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nymphy : C'est quoi ce bordel, les gars ? Et puis d'abord, pourquoi vous êtes en tenue de combat ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les prétoriens : On est pour Galba.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Silence. Flottement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nymphy (commençant à applaudir avec malaise) : Cool ! génial ! félicitation ! (il se tourne vers son groupe de fans, assez peu rassurés) Allez-y, applaudissez-les ! ils le méritent !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les courtisans applaudissent, toujours pas très rassurés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nymphy : Et sinon, je pourrais rentrer ? Je suis quand même votre préfet, toussa...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les soldats finissent par lui ouvrir les portes. Mais les choses tournent tout de suite mal : quelqu'un lui lance son javelot dessus depuis les murs ; son garde du corps le reçoit sur son bouclier, mais tous les soldats leur tombent dessus. Nymphidius est massacré, on traîne son corps au milieu du camp et on l'entoure d'une palissade pour que tout le monde puisse le regarder, comme au pestacle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Faut pas faire mumuse avec les prétoriens. Galba aussi aurait dû s'en souvenir par la suite.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-7314074121102747481?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/7314074121102747481/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2012/01/chers-tous-non-je-ne-suis-pas-morte-ou.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7314074121102747481'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7314074121102747481'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2012/01/chers-tous-non-je-ne-suis-pas-morte-ou.html' title='Nymphidius Sabinus ou faut pas être trop mégalo, quand même'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-ufnCbkFbZx8/TyGjTN5EXyI/AAAAAAAAAHE/-pQtVOaRvz8/s72-c/Caligula.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-8496147528866624035</id><published>2011-12-22T12:35:00.022+01:00</published><updated>2011-12-25T20:46:49.310+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ancient Geek'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité à la Une'/><title type='text'>Onze ans de néo-péplums : panorama critique</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a déjà un bon moment (diantre, plus d'un an, à vrai dire !), j'avais rédigé ici &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/lantiquite-au-cinema.html"&gt;un billet consacré à l'Antiquité au cinéma&lt;/a&gt;, et en particulier à la réception critique des péplums, à ce qu'on leur reproche - parfois à tort - et aux usages pédagogiques qu'on peut en faire (on reste dans l'univers universitaire, tout de même).&lt;br /&gt;En réalité, avant de dériver vers ces considérations plus générales, j'avais en tête, au départ, de dresser une liste des péplums sortis depuis en gros l'an 2000, en disant sur chacun d'eux quelques mots qui permettraient de se faire une idée synthétique de la démarche artistique, du résultat, de la critique, etc. Idée en apparence simple, mais en réalité assez compliquée à mettre en œuvre, d'où le retard pris par la chose. Mais puisque j'ai (ou qu'en tout cas je prends) un peu de temps pendant ces quelques vacances, il est temps de remettre le fer sur la forge et de voir un peu ce que je peux faire là-dessus. Voici donc un essai de panorama des péplums sortis depuis une grosse dizaine d'années, avec quelques amorces d'analyse et des éléments de critique pour chacun.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Un mot de définition&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avant tout, il faut dire un mot sur la définition du péplum. En effet, le péplum n'existe pas. C'est en tout cas ce qu'affirme Claude Aziza dans son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Guide de l'Antiquité imaginaire&lt;/span&gt; (Belles Lettres, 2010, p.75-77) : en dehors du thème très général de l'Antiquité - qui pose lui-même problème, puisqu'on parle parfois de péplums pour des films se déroulant pendant la Préhistoire ou le Moyen âge -, en dehors de ce thème très général, donc, les films désignés par cette étiquette relèvent de genres très divers, allant du film historique à la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fantasy&lt;/span&gt; pure, de la réflexion politique à la comédie ou à l'érotisme. Pire, le terme a eu (voire, a encore) des connotations péjoratives, qui tendent à niveler sous un même&lt;span style="font-style: italic;"&gt; a priori&lt;/span&gt; défavorable des films qui, si certains sont effectivement mauvais (quel genre n'a pas les siens ?), sont loin de mériter tous de tomber sous le coup d'un pareil préjugé.&lt;br /&gt;Je n'ai aucune envie de renoncer à employer le mot "péplum", d'abord parce que je l'aime bien, et ensuite parce qu'il a le mérite d'inscrire ces nouveaux "films à l'antique" (expression que recommande Aziza) dans la continuité d'une histoire longue du cinéma qui s'avère parfois pertinente pour comprendre l'esthétique ou les codes de ces films, du moins dans le cas des grosses productions américaines. Notez aussi que l'expression "néo-péplum", que j'emploie dans le titre du billet, est une pure invention de ma part et non (à ma connaissance) une expression couramment employée. Néanmoins, Aziza a raison sur le fond, et ses avertissements sont très salutaires : nous voici prévenus qu'il serait dangereusement réducteur de croire pouvoir rassembler ces films au sein d'un même genre au sens fort du terme, avec les mêmes codes ou une même esthétique - il apparaîtra très vite que non, et c'est en partie le but de ce billet que d'attirer l'attention sur la diversité des démarches esthétiques que cache l'exploration d'un même thème. Gardons ainsi en tête que le terme "péplum" n'a qu'une pertinence thématique très générale : des films qui se déroulent dans une Antiquité réaliste ou fantasmée.&lt;br /&gt;Accessoirement, pour des raisons de brièveté, et parce que je suis loin d'avoir tout vu, je m'en tiendrai à l'Antiquité gréco-romaine et aux films sortis au cinéma, en excluant les téléfilms, séries télévisées et films sortis directement en vidéo.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;Liste des films&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cliquez sur un titre pour accéder directement à sa critique :&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#hercule"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hercule&lt;/span&gt; (Disney, 1997)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#gladiator"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator&lt;/span&gt; (Ridley Scott, 2000)&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#quovadisvercing"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quo vadis ?&lt;/span&gt; (Jerzy Kawalerowicz, 2001) et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vercingétorix : la légende du druide roi&lt;/span&gt; (Jacques Dorfmann, 2001)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#troie"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troy&lt;/span&gt;, Wolfgang Petersen, 2004)&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#alexandre"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexandre&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexander&lt;/span&gt;, Oliver Stone, 2004)&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#300"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; (Zack Snyder, 2007)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#legionminor"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Dernière Légion&lt;/span&gt; (Doug Lefler, 2007) et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Sa Majesté Minor&lt;/span&gt; (Jean-Jacques Annaud, 2007)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#agora"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Agora&lt;/span&gt; (Alejandro Amenábar, 2009)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#chocdestitans"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Choc des titans&lt;/span&gt; (Louis Leterrier, 2010)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#centurion"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Centurion&lt;/span&gt; (Neil Marshall, 2010)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#aigle"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;L'Aigle de la neuvième légion&lt;/span&gt; (Kevin Macdonald, 2011)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#immortels"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Les Immortels&lt;/span&gt; (Tarsem Singh, 2011)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-F0FWjD0J964/TvXH1agcfZI/AAAAAAAAAOY/4Xpwuwyd6VE/s1600/1997%252C%2BHercule.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 216px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-F0FWjD0J964/TvXH1agcfZI/AAAAAAAAAOY/4Xpwuwyd6VE/s320/1997%252C%2BHercule.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5689673424714890642" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Source de l'image : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Hercules_movie_poster.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;a name="hercule"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hercule&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hercules&lt;/span&gt;, John Musker et Ron Clements, studios Disney, 1997)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà qui commence bien : premier film, premier écart avec la définition de ce petit corpus. Pourquoi diable parler de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hercule&lt;/span&gt; de Disney, qui n'est pas un film en prises de vue réelles, mais un long métrage d'animation, sorti qui plus est en 1997, trois ans avant le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator&lt;/span&gt; de Ridley Scott, qu'on choisit généralement comme le premier signe de la renaissance du péplum ?&lt;br /&gt;D'abord parce que ce dessin animé est une grosse production qui a quelque chose d'un précurseur du renouveau du genre : il a touché un large public, comme tous les classiques Disney, et reste donc un peu dans les mémoires des gens qui vont regarder les péplums des années 2000 (voire participer à leur élaboration).&lt;br /&gt;Ensuite parce que ce film reprend un héros favori des péplums des années 1950-1980 : Hercule (Héraclès pour les hellénophiles), incarné par plusieurs acteurs aux muscles généreux au fil de grosses productions (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Travaux d'Hercule&lt;/span&gt; de P. Francisci, 1958) et de déclinaisons plus ou moins fantaisistes (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hercule contre les vampires&lt;/span&gt; de Bava en 1961, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hercule à New-York&lt;/span&gt; de Seidelman en 1970...). Le long-métrage de Disney relate la jeunesse d'Hercule et son accession progressive au statut de héros, selon le schéma du "voyage du héros" dressé par Campbell et chéri par de nombreux scénaristes hollywoodiens.&lt;br /&gt;Dernière raison d'évoquer l'Hercule disneyen : la part originale de l'intrigue, qui met Hercule aux prises avec un Hadès machiavélique ambitionnant de détrôner Zeus en réveillant les Titans, dépeints ici comme des créatures primordiales liées aux quatre éléments. Ce thème du réveil des Titans et la figure d'un Hadès hostile ont été repris à la fin des années 2000 par plusieurs néo-péplums. Ces choix scénaristiques, qui font primer la libre invention sur la fidélité au mythe antique (les écarts sont multiples, même si quelques scènes, en particulier le combat contre l'Hydre de Lerne, reprennent directement certains des douze travaux), rattachent le film davantage à la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fantasy&lt;/span&gt; mythologique qu'à une simple transposition d'un sujet antique.&lt;br /&gt;Le dessin animé de Disney fait le choix de graphismes assez cartoonesques et d'un univers exubérant, plus proche de l'Orient frénétique d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aladdin&lt;/span&gt; que de la majesté du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Roi Lion&lt;/span&gt;. C'est l'un des derniers classiques Disney à contenir de nombreuses chansons, dont la musique est signée Alan Menken, l'un des principaux compositeurs des bandes originales des longs métrages Disney depuis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Sirène&lt;/span&gt; (1989). La chose ne va pas sans (ré)inventions bien inspirées, comme la chanson du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gospel pur&lt;/span&gt;, chantée par des Muses afro-américaines en pleine forme, qui ouvre le film, en un acte explicite de dépoussiérage de la vision habituelle de l'Antiquité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/8d/Gladiator_ver1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 296px; height: 467px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/8d/Gladiator_ver1.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Source de l'image : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Gladiator_ver1.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="gladiator"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator&lt;/span&gt; (Ridley Scott, 2000)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous y voilà : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator&lt;/span&gt; de Ridley Scott, dont le succès commercial (plusieurs centaines de millions de dollars de bénéfice) et critique (cinq Oscars) a beaucoup fait pour la réapparition de l'Antiquité dans les salles obscures.&lt;br /&gt;Cette fois, nous avons affaire à une grosse production en prises de vue réelles (abondamment complétées par d'impressionnants effets spéciaux, comme il se doit, dont un Colisée numérique du plus bel effet), et nous retrouvons un péplum au sens le plus classique du terme : un film d'aventure qui se déroule dans une Antiquité (romaine) placée sous le signe d'un certain réalisme, qui tient de la volonté d'une illusion réaliste plus que d'une réelle reconstitution, puisque la chronologie des empereurs romains, de l'architecture, etc. est allègrement bouleversée pour les besoins de la cause.&lt;br /&gt;Le scénario, qui met aux prises un général romain avec un empereur romain tyrannique (Commode) et mêle complot politique et scènes d'action, s'inspire librement d'un péplum plus ancien, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Chute de l'empire romain&lt;/span&gt; d'Anthony Mann (sorti en 1964 et devenu un classique du genre malgré son échec commercial), et se construit davantage à partir de mythes politiques et historiques déjà anciens (la figure de l'empereur tyrannique ou celle du gladiateur) qu'à partir de faits historiques réels. Scott, qui n'est pas un âne et sait parfaitement ce qu'il fait, a l'ambition d'élaborer une légende  et non une reconstitution historique.&lt;br /&gt;Et il faut convenir que le résultat fonctionne très bien, grâce à des personnages marquants (Russell Crowe campe un Maximus Decimus épris de justice et d'honneur, un héros au premier degré, tandis que Joaquin Phoenix incarne un empereur Commode machiavélique, détestable au plus haut point et fascinant de complexité, bref, un méchant réussi) et à une intrigue bien ficelée riche en péripéties et en retournements de situation. La descente aux Enfers de Maximus Decimus, déchu de son rang et privé de sa famille, puis l'histoire de sa vengeance, font penser à celle de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ben Hur&lt;/span&gt; (en particulier celui de William Wyler en 1959, avec Charlton Heston dans le rôle-titre), et les valeurs en jeu sont les mêmes : justice, honneur et quête de la liberté politique.&lt;br /&gt;Le soin apporté aux costumes, aux décors et aux effets spéciaux en général, a permis au film de mettre en place une esthétique convaincante, de même que la bande originale de Hans Zimmer, virtuose et efficace (quoique un peu lourde à la réécoute : il est mieux inspiré quelques années plus tard pour la série des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pirates des Caraïbes&lt;/span&gt;). Du côté de la réalisation, c'est du beau cinéma d'aventure qui tend vers l'épique sans pour autant esthétiser outre mesure la violence ni donner dans le gore ; il est assez intéressant de comparer le "coup de caméra" de ce film, ou celui de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; qui boxe à peu près dans la même catégorie, avec les choix opérés dans ce domaine par des films comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Immortels&lt;/span&gt;, qui mettent en place une esthétique complètement différente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a name="quovadisvercing"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quo vadis ?&lt;/span&gt; (Jerzy Kawalerowicz, 2001) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;a name="quovadisvercing"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vercingétorix : la légende du druide roi&lt;/span&gt; (Jacques Dorfmann, 2001)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe plus rapidement sur ces deux films, que je n'ai pas vus ou pas vus en entier. Le premier, sorti en Pologne et à ma connaissance jamais sorti en France, ne m'est connu que &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Quo_vadis_%3F_%28film,_2001%29"&gt;par Wikipédia&lt;/a&gt;. L'autre, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vercingétorix&lt;/span&gt;, une réalisation française co-produite avec le Canada et la Belgique, a été descendu en flammes par les critiques à sa sortie. Je me souviens d'en avoir vu quelques images, assez pour savoir qu'il s'agit d'un film de guerre incluant une part de fantastique, mais je n'ai rien d'assez précis pour en parler en détail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/b8/Troy2004Poster.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 444px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/b8/Troy2004Poster.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;(Source de l'image : &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Troy2004Poster.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="troie"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troy&lt;/span&gt;, Wolfgang Petersen, 2004)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt;, c'est LE péplum récent que tous les antiquisants ont vu. C'est aussi leur souffre-douleur, en raison de ses très nombreux écarts par rapport à la matière antique dont il s'inspire (le cycle épique de la guerre de Troie). Il a cependant des mérites, dont le premier a été d'exister et d'avoir assez de succès pour achever de convaincre les producteurs (dont l'extrême prudence, pour ne pas dire la couardise, est bien connue) que parler d'Antiquité et de mythologie pouvait leur rapporter des sous. Bref, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; a transformé sur le terrain grec l'essai de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator &lt;/span&gt;en pays romain. Le problème, c'est qu'en termes de cinéma et plus encore de mythologie au cinéma, le résultat laisse effectivement sur sa faim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Les partis pris du film : une guerre de Troie "historicisée"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démarche du film est la suivante : prendre pour base l'histoire classique de la guerre de Troie (non pas seulement les événements couverts par l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt;, mais l'ensemble de la guerre, de ses origines - l'enlèvement d'Hélène - à sa fin - la prise de Troie) et en relater les grandes lignes dans un film qui se rattache au genre de l'épopée, mais évacue entièrement la part de merveilleux propre aux épopées homériques, au profit d'une lecture "historicisée" du récit qui fait la part belle au politique. On ne voit donc aucun dieu dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt;, ni aucune créature surnaturelle, et les personnages sont des humains dépourvus de tout pouvoir particulier. Pourtant, les héros de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt;, Achille et Hector surtout, sont là en vedettes. Mais de la conception de l'héroïsme proposée par l'épopée homérique, le film ne retient qu'un message hollywoodien plein de mâle grandeur : l'homme accède à l'immortalité par ses actes qui le font entrer dans la légende. Sur ce point, ce n'est pas si mal, car après tout il y a de ça dans le destin de l'Achille et de l'Hector d'Homère.&lt;br /&gt;C'est le reste qui tient moins la route. Car en dehors de l'éviction des dieux et du merveilleux, le film conserve (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;très&lt;/span&gt; globalement) la trame narrative de sa matière antique... non sans certains paradoxes. L'apparition de la mère d'Achille, Thétis, au beau milieu d'une étendue d'eau, n'a plus le moindre sens puisque le film oublie sa nature de déesse, et la scène tourne au ridicule (on ne sait pas du tout ce que Thétis fait dans cette eau). Un épisode comme le cheval de Troie, en particulier, perd beaucoup (à mon sens) à être repris en dehors de son contexte merveilleux. Et surtout, pourquoi avoir donné à ce cheval, supposé être une offrande à Athéna, l'allure d'un collage de morceaux d'épaves ? On ne le saura peut-être jamais. Le fait est que l'éviction des dieux n'était qu'un début : la vision que donne le film de la religion est terriblement négative. En général, lorsque quelqu'un prie (au hasard Priam ou Andromaque), non seulement ses vœux ne se réalisent pas, mais il (ou elle, ou la personne qui faisait l'objet de la prière) finit par se faire tuer, parfois dès la scène d'après. Je n'ai jamais vu un film aussi athée que ce premier néo-péplum de mythologie grecque. Un comble ! ... mais un choix esthétique possible, qui tiendrait la route si le film avait pris plus franchement ses distances avec sa matière et su proposer une réinterprétation plus complète du mythe antique. Or ce n'est pas le cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Un résultat médiocre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le résultat est un film de guerre vaguement mâtiné d'intrigue politique (elle se résume en réalité à dépeindre Agamemnon comme un politicien cynique, dont la coalition rassemblée sous un prétexte de point d'honneur mais guidée en réalité par des intérêts impérialistes, pouvait rappeler à l'époque la guerre du président Bush contre l'Irak - mais l'allusion reste bien sage). L'intrigue - héritage de son modèle antique - n'est pas sans qualités, notamment dans son absence de manichéisme, chaque camp étant présenté comme également valeureux et également miné par ses propres dissensions internes. Hélas, les dialogues sont frappés au coin de la mode hollywoodienne de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;brevitas &lt;/span&gt;pontifiante et se résument trop souvent à des échanges de formules creuses déjà entendues et réentendues dans de nombreuses autres grosses productions (et que l'on a ré-réentendues ensuite dans d'autres néo-péplums au cours des années suivantes...).&lt;br /&gt;Quant aux écarts du scénario par rapport aux variantes les plus répandues du mythe antique, certains sont explicables par la volonté de ne pas multiplier les personnages et fonctionnent assez bien (ainsi le film fait d'Hector celui qui tue Patrocle, alors qu'il est avant tout blessé par Euphorbe dans l'Iliade ; Achille, qui meurt dans le cycle épique bien avant la prise de Troie, survit ici jusqu'au moment du sac de la ville). Mais beaucoup d'autres aboutissent à passer sous silence des épisodes intéressants, et les remplacent par des péripéties dont je comprends assez mal l'intérêt.&lt;br /&gt;Par exemple, pourquoi ce guet-apens avec de grosses boules enflammées projetées contre les navires achéens, et pas simplement une attaque particulièrement dangereuse d'Hector menaçant d'incendier lui-même les navires comme dans l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt;, ou bien une reprise de la Dolonie, autre épisode de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt; ? Pourquoi faire mourir Ménélas et Agamemnon à Troie ? Pourquoi faire faire une apparition à Enée en faisant de lui un jeune inconnu alors que c'est un fameux chef troyen, et faisant de lui l'héritier d'une "épée de Priam" qui sort littéralement de nulle part ? Autant de questions sans réponse, autant de maladresses qui trahissent un manque de cohérence du projet. Le film se montre par ailleurs très timoré en choisissant de faire de Patrocle un "jeune cousin" d'Achille, et non son amant, alors que cette variante, même si sa présence effective dans l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt; fait l'objet de débat parmi les hellénistes, a connu une postérité abondante pendant et après l'Antiquité, et avait tout à fait sa place dans une adaptation du début du XXIe siècle.&lt;br /&gt;Le casting, bardé de stars, a été taillé pour attirer le public : Brad Pitt dans le rôle d'Achille, Diane Kruger en Hélène et Orlando Bloom en Pâris, mais aussi un Eric Bana très convaincant en Hector et Peter O'Toole en Priam. Les décors et les costumes sont soignés, mais quelque peu austères et à la limite un peu fauchés par rapport à ce qu'on aurait pu attendre d'une grosse production. La musique de James Horner fait son travail pour installer une ambiance "archaïque" sans beaucoup de subtilité, en usant et en abusant des ficelles "tribales" (ah, les voix de femmes aux plaintes inarticulées...).&lt;br /&gt;Il faut dire aussi dire un mot de la représentation des combats, qui ne correspond absolument à rien et mélange allègrement tout et n'importe quoi : on voit ainsi Achille et ses Myrmidons former une tortue romaine pendant leur débarquement sur la plage de Troie, ou encore Achille et Hector se battre en maniant leurs lances comme des espèces de bâtons. Quant aux chorégraphies, elles inaugurent un inlassable retour des mêmes procédés que l'on retrouve invariablement par la suite dans les autres néo-péplums : Hollywood doit former davantage de maîtres d'armes, ou ses scènes de combat seront condamnées à être toutes identiques... En termes de réalisation, enfin, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; se situe dans la lignée de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator&lt;/span&gt; par son approche assez classique (académique ?) des scènes de combat, qu'elle filme sans effets gore, ni ralentis ou procédés du même genre, dans une optique plus proche des films d'aventure que des films d'action ou d'horreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/a/ae/AlexanderPoster.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 236px; height: 350px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/a/ae/AlexanderPoster.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;(Source de l'image : &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:AlexanderPoster.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="alexandre"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexandre&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexander&lt;/span&gt;, Oliver Stone, 2004)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La même année sortait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexandre&lt;/span&gt; d'Oliver Stone, relevant d'un genre encore différent. Oliver Stone ressuscite pour l'occasion le péplum franchement historique, et propose une biographie d'Alexandre le Grand (il trouve un prédécesseur en Robert Rossen, dont le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexander the Great&lt;/span&gt; remonte à 1956). Que de mauvaises critiques j'ai pu lire ou entendre à propos de ce film ! Certes, il est loin d'être sans défaut, mais il faut au moins lui concéder une démarche autrement plus ambitieuse que celle de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator&lt;/span&gt; ou de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Un film ambitieux&lt;/span&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'on en juge. Ptolémée, ancien général d'Alexandre, fait coucher par écrit ses mémoires qu'il dicte à un esclave dans les bâtiments de la bibliothèque d'Alexandrie. Le film, ponctué par la voix off de Ptolémée, jongle hardiment avec la chronologie, alternant une progression générale chronologique et des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;flashbacks&lt;/span&gt; renvoyant à différents moments de la jeunesse d'Alexandre.&lt;br /&gt;Le travail de reconstitution historique, les décors, les costumes, sont spectaculaires et donnent parfois lieu à de superbes images (comme la bataille de Gaugamèles ou les scènes se déroulant à Babylone). Les principaux épisodes de la jeunesse d'Alexandre, comme l'éducation auprès d'Aristote, la relation avec Héphaestion, l'apprivoisement du cheval Bucéphale, les rapports orageux entre Philippe II et la reine Olympias et les rapports tout aussi orageux entre Alexandre et ses deux parents, sont présents et traités de façon parfois très fidèle aux sources antiques (c'est particulièrement flagrant pour ce que j'avais pu lire dans Plutarque au moment de la sortie du film). Les quelques scènes de bataille sont conçues pour rendre aussi lisibles que possible les tactiques employées et montrent un soin certain dans la représentation des techniques de guerre de l'époque, en particulier la fameuse phalange macédonienne. Cependant, un certain nombre d'épisodes sont passés sous silence, et quelques libertés sont prises avec le détail des faits : on reste dans la fiction historique et non dans la pure reconstitution.&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;A ce travail, caractéristique du genre du film historique, vient s'ajouter une double ambition, sur le fond et sur la forme.&lt;br /&gt;Sur le fond, Oliver Stone prend deux partis clairement énoncés par rapport à la matière biographique sur laquelle il travaille, afin d'en présenter une interprétation personnelle bien définie. D'une part, il fait le choix de sacrifier le détail des événements (certaines batailles décisives ne sont pas représentées) et de s'attarder sur la psychologie d'Alexandre, en particulier dans ses rapports avec ses parents : le film comporte une dimension psychanalytique très développée. D'autre part, il prend acte des incertitudes qui entourent les circonstances de la mort d'Alexandre et prend parti, dans le cadre du film, pour l'une des explications possibles.&lt;br /&gt;Sur la forme, Stone fait des choix de réalisation audacieux, dans ces multiples &lt;span style="font-style: italic;"&gt;flashbacks&lt;/span&gt;, mais aussi dans la réalisation en général : la vie d'Alexandre devient une sorte de rêve de guerre, une course effrénée qui se termine par le massacre qu'est la bataille de l'Hydaspe contre les éléphants de guerre du roi Poros. Les ambitions d'Alexandre, son vertige de conquête, ou les vertiges des sens, de l'alcool, de la danse, se lisent tour à tour dans les mouvements de la caméra, et le rouge qui envahit l'écran pendant la bataille de l'Indus vient concrétiser à la fois le bain de sang qu'est cette bataille et l'inconscience où sombre Alexandre après avoir été blessé. La bande originale composé Vangelis, avec tout ce qu'elle a de planant, renforce encore cette atmosphère. Le spectateur pense ce qu'il veut de ces multiples choix - et de fait, beaucoup de spectateurs et de critiques ont été troublés, parfois enthousiastes, parfois sceptiques - mais au moins il y a un vrai cinéaste au travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;...malgré de réelles faiblesses&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Outre ces audaces pas toujours bien reçues, un gros défaut, moins contestable et nettement plus gênant, dessert le film : son acteur principal, Colin Farrell. Il est enlaidi par une absurde teinture de cheveux blonde qui ne lui va pas vraiment, mais ce n'est qu'une anecdote à côté du fait qu'il joue ici &lt;span style="font-style: italic;"&gt;terriblement mal&lt;/span&gt;. Est-ce l'effet de la direction d'acteur ou du jeu personnel de Farrell ? Son Alexandre a l'air cruche, jamais à l'aise, et, lorsqu'il est enfin sûr de lui, recourt à des trucs d'acteur débutant éculés, dont le fameux "hochement de tête avec front plissé" que tous les mauvais acteurs américains casent chaque fois qu'ils veulent paraître intelligents, ou virils, ou pleins d'honneur, ou peut-être un peu tout cela à la fois. Farrell est aussi visiblement mal à l'aise dans les scènes avec Héphaestion (lequel en fait parfois un peu trop dans les regards humides, mais s'en sort globalement mieux).&lt;br /&gt;Le film est par ailleurs inégal, sans doute confus par endroits, et semble avoir été plombé par la critique américaine pour des motifs tenant davantage de la morale que de la critique cinématographique (le fait que Stone ait représenté la bisexualité antique de façon assez réaliste ne lui a hélas pas valu que des félicitations). Mais, malgré ses défauts réels par ailleurs et la piètre performance de Colin Farrell, je ne peux pas m'empêcher de penser que ce film a été sous-estimé. Il se distingue en tout cas par son ambition et son envergure dans le contexte de films à l'antique souvent beaucoup plus consensuels ou "faciles" dans leurs choix narratifs et esthétiques. Remarquez qu'Oliver Stone a réalisé une version longue du film sortie uniquement en DVD, mais j'ignore ce qu'elle vaut car je ne l'ai pas vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/9/93/300poster.box.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 270px; height: 400px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/9/93/300poster.box.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;(Source de l'image : &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:300poster.box.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;.)&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="300"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, Zack Snyder, 2007)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous en arrivons à la troisième grande bombe du box-office après &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gladiator&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;. Et encore une fois, il importe de prêter attention à la nature précise du projet afin de bien comprendre et donc de juger convenablement le film.&lt;br /&gt;Le sujet général de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; est de type historique : la résistance héroïque de trois cents guerriers spartiates face aux troupes d'invasion du roi perse Xerxès à l'occasion de la bataille du défilé des Thermopyles, pendant la seconde guerre médique, en 480 av. J.-C. Mais &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, contrairement à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexandre&lt;/span&gt;, n'est pas du tout un film historique. C'est une adaptation d'un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comic&lt;/span&gt; américain (plus précisément d'un roman graphique, c'est-à-dire &lt;span style="font-style: italic;"&gt;grosso modo&lt;/span&gt; d'un récit autonome plus long que les bandes dessinées américaines classiques) dessiné et scénarisé par Frank Miller et paru chez Dark Horse en 1998, en cinq épisodes rassemblés en une intégrale l'année suivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La bande dessinée&lt;/span&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bande dessinée de Miller n'est pas une fiction historique, mais un récit fantastique librement inspiré d'une base historique. Sans contenir d'éléments merveilleux, il élabore un univers visuel nettement affranchi de la simple reconstitution et qui donne dans le fantastique ou le fantasmatique (un peu comme l'univers exubérant de l'adaptation en BD de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Salammbô &lt;/span&gt;par Philippe Druillet, sauf que Druillet transpose le roman de Flaubert dans un univers de complète science-fiction). De là des éléments purement imaginaires, comme les piercings dorés du roi Xerxès, la représentation des éphores de Sparte en bossus libidineux, celle des Perses comme des espèces d'assassins enturbannés (les Immortels, soldats d'élite, portant quant à eux des masques et des épées d'allure japonisante), ou encore l'aspect fantastique de certaines créatures présentes dans l'armée perse. Par ailleurs, Miller centre toute l'intrigue sur le roi spartiate Léonidas et sa troupe de trois cents guerriers, en occultant complètement le rôle joué par Athènes et les autres cités grecques pendant cette phase de la guerre. Pouvoirs surnaturels à part, les trois cents apparaissent pratiquement comme un personnage collectif de super héros, dont la glorieuse carrière militaire se termine en martyre, puisqu'ils finissent par succomber sous le nombre (cuisante défaite relatée dans le cinquième et dernier épisode, intitulé toutefois "Victoire").&lt;br /&gt;Frank Miller est un auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comics&lt;/span&gt; reconnu aux Etats-Unis, auteur de plusieurs chefs-d'&amp;#339;uvre du genre, dont plusieurs ont été adaptés au cinéma. L'une des principales qualités de la bande dessinée 300 réside dans son art achevé du récit visuel, notamment d'impressionnants dessins en pleine page. Le scénario, en revanche, s'il est porté par un souffle épique indéniable, m'a laissé sceptique par sa simplicité manichéenne et par l'idéologie implicite qui gouverne ses choix dans les libertés prises avec l'Histoire (choix que Miller a effectués en pleine connaissance de cause). Un tel univers, où la Grèce est entièrement éclipsée à l'exception d'une Sparte héroïsée dont le gouvernement aristocratique et eugéniste fait de la vie civique une machine de guerre, où les Perses sont décrits comme une foule bigarrée de barbares décadents gouvernés par leurs sens et menés par un roi-dieu tyrannique, où l'apparence dit tout sur les qualités morales (les gentils sont beaux, les méchants sont laids et vice-versa), atteint un degré de fidélité inédit à son sujet dans la mesure où il pourrait être le produit de l'imagination d'un Spartiate du Ve siècle écrivant un texte de propagande pour glorifier sa cité.&lt;br /&gt;Mais nous sommes au XXIe siècle, et héroïser Sparte au XXIe siècle n'a plus exactement le même sens. Rappelons que la cité de Sparte s'est caractérisée par l'un des régimes aristocratiques les plus durs de Grèce, par l'éducation la plus violente et par le pire traitement des esclaves : il est quelque peu embarrassant de choisir cette cité en particulier comme parangon de l'héroïsme. Qui plus est, une telle reprise s'inscrit dans la lignée de nombreux "laconophiles" (admirateurs de Sparte), qui, en majorité, n'ont pas exactement été de fervents partisans de la démocratie. Frank Miller est très loin d'ignorer cela, et ses convictions politiques personnelles l'ont peu à peu rapproché de ce que les Etats-Unis comptent de plus extrémiste en matière de patriotisme violent, pour ne pas dire fascisant. Le dernier comic en date du monsieur, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Holy Terror&lt;/span&gt;, paru en 2011, qu'il présente comme "un outil de propagande", met en scène un super-héros, le "Réparateur", partant en guerre contre Al-Qaida ; et ce qui aurait n'être qu'un récit médiocre sur le modèle de vieux comics de propagande du type &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Superman vs. Hitler&lt;/span&gt;, ou bien un joyeux défoulement lisible au second degré, s'est avéré un torchon gavé de l'islamophobie la plus primaire. Bref, les choix de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; en matière de liberté créative ne vont pas sans relents nauséabonds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;...et son adaptation&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons-en au film. Zack Snyder est un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fan &lt;/span&gt;de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comics&lt;/span&gt;, qui a déjà signé plusieurs adaptations toutes caractérisées par un recours abondant aux effets spéciaux numériques : ses films font partie de ces grosses productions récentes où la frontière entre prises de vue réelle et animation n'existe pratiquement plus, tant les images des acteurs sont lourdement retouchées. L'adaptation de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; par Snyder se veut très fidèle à l'univers visuel du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comic&lt;/span&gt;, et en accentue encore la dimension fantastique. Ciels d'encre, contrastes accentués, taches rouges des capes et des gerbes de sang, éclats métalliques des armes et des boucliers : les images du film sont autant de tableaux qui rappellent l'art pompier du XIXe siècle. La réalisation use et abuse des ralentis esthétisants pour donner à voir (admirer ?) les corps des guerriers en plein élan, les corps d'ennemis transpercés, le sang qui gicle*. Certains plans s'inspirent par ailleurs des procédés de mise en scène des jeux vidéo d'action, comme le défilement parallaxe horizontal, qui donne à voir le personnage avançant pour tuer l'un après l'autre des ennemis qui se présentent en face de lui, tandis que le décor défile au rythme de sa course (ces scènes sont reconnaissables au sentiment de profonde frustration éprouvé alors par le spectateur du film, qui cherche en vain la manette de jeu). La bande originale du film, quant à elle, recourt moins à l'orchestre symphonique qu'à la guitare électrique - et il faut avouer qu'une bataille de hoplites sur fond de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;heavy metal&lt;/span&gt;, il fallait le faire.&lt;br /&gt;Le film apporte plusieurs modifications au scénario de la bande dessinée. La reine de Sparte, Gorgô, a un rôle beaucoup plus développé. Et surtout, le film me paraît autoriser davantage de distance critique envers les Spartiates que le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comic&lt;/span&gt; de Miller : l'introduction donne un tableau très sombre de l'eugénisme spartiate, et un certain nombre de répliques montrent que les Spartiates ne sont pas tellement meilleurs que les Perses qu'ils combattent. Malheureusement, le fond ne change pas beaucoup : même exaltation des Spartiates, mêmes moqueries envers les Athéniens avec "leurs philosophes et leurs amateurs de mecs" **, même manichéisme et même simplisme dans le partage entre des héros à la plastique sculpturale et des méchants invariablement dépeints comme laids, handicapés, monstrueux ou décadents.&lt;br /&gt;Ce film est à mon sens l'exemple typique d'un récit qui peut être regardé et compris de multiples façons différentes selon le niveau d'éducation du spectateur et le type de références culturels dans lequel il a baigné auparavant. On peut le regarder comme un pur divertissement, et y voir soit un horrible nanar, soit un film d'action réussi, indépendamment de son manque complet de subtilité. Mais le contenu du film, comme celui du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comic&lt;/span&gt;, rend parfaitement &lt;span style="font-style: italic;"&gt;possible&lt;/span&gt; d'admirer au premier degré la violence qu'il esthétise et l'idéologie guerrière qu'il promeut, voire de le regarder comme un authentique appel à un choc des civilisations. Des spectateurs particulièrement mal informés risquent même de prendre pour argent comptant les déformations historiques auxquelles recourt le scénario pour exagérer le rôle de Sparte au détriment de celui des autres cités. Autrement dit, comme toujours, une mauvaise connaissance de l'Antiquité expose à toutes les récupérations politiques et idéologiques...&lt;br /&gt;Au demeurant, le film a donné lieu immédiatement à d'innombrables parodies, sur Internet (le fameux cri de Léonidas "This is Sparta !" en tuant l'émissaire perse est devenu un "meme") et même en film, puisqu'une parodie québécoise, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Spartatouille&lt;/span&gt;, est sortie en 2008. De quoi rassurer un peu sur les risques de prendre le film trop au sérieux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Le procédé n'est pas nouveau : ce type de ralentis sur des scènes de  combat a déjà été utilisé dans les films d'action récents (on pense par  exemple au fameux bullet time rendu célèbre par &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Matrix &lt;/span&gt;et qui filmait au ralenti les rafales de mitraillettes - que le héros pouvait d'ailleurs &lt;span style="font-style: italic;"&gt;esquiver&lt;/span&gt;).&lt;br /&gt;** Je me rends compte en rédigeant cette synthèse que ces néo-péplums  adoptent un panel d'attitudes très intéressant en termes d'évocation de  la sexualité antique. En l'occurrence, une telle moquerie dans la  bouche d'un Spartiate est plus comique qu'autre chose, non seulement parce qu'elle ignore savamment la réalité historique de la sexualité à Sparte, mais surtout parce qu'elle est prononcée dans un film qui a probablement établi un nouveau record du nombre de mâles musculeux demi-nus  à l'écran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="legionminor"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Dernière Légion&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Last Legion, &lt;/span&gt;Doug Lefler, 2007)&lt;br /&gt;et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sa Majesté Minor&lt;/span&gt; (Jean-Jacques Annaud, 2007)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe rapidement sur ces deux autres péplums de 2007 que je n'ai pas encore vus et dont je ne sais pas ce qu'ils valent.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Dernière Légion&lt;/span&gt; est une assez grosse production, adaptée d'un roman historique éponyme de l'auteur italien Valerio Massimo Manfredi paru en 2003. L'intrigue se déroule dans l'Antiquité tardive et met en scène la chute de l'empire romain ; elle mêle la vie du tout dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule, à des personnages et à des détails historiques considérés par certains historiens comme des origines possibles du mythe arthurien médiéval. Le film a été très mal reçu par la critique, tant aux Etats-Unis qu'en France.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sa Majesté Minor &lt;/span&gt;est un film français de Jean-Jacques Annaud qui est une sorte de fable &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;mythologique humoristique. Minor, un être mi-homme, mi-cochon, vit en Crète à l'époque "pré-homérique" (donc autour du Xe ou du IXe s. av. J.-C., je suppose). Rejeté par les villageois, il finit par s'aventurer dans une forêt interdite où il rencontre le dieu Pan incarné sous la forme d'un satyre évidemment obsédé par le sexe, qui couche avec lui et le conseille sur la façon de devenir roi. Là encore, le film a été descendu en flammes par la critique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/81/Agoraposter09.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 306px; height: 436px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/81/Agoraposter09.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Source de l'image : &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Agoraposter09.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="agora"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Agora&lt;/span&gt; (&lt;i&gt;Ágora&lt;/i&gt;, Alejandro Amenábar, 2009)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Agora&lt;/span&gt; est le deuxième réel péplum historique des années 2000 après &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alexandre&lt;/span&gt;. Le film, une réalisation espagnole co-produite avec un studio maltais, évoque en effet la vie d'une astronome du IVe siècle, Hypatie d'Alexandrie, dans le contexte des conflits entre le paganisme et le christianisme qui tend à s'imposer à l'époque. L'intrigue suit parallèlement la vie d'Hypatie, la progression de ses recherches en astronomie, et le destin de plusieurs de ses élèves, divisés par leurs fois religieuses divergentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Entre reconstitution historique et réflexion politique&lt;/span&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par le choix de son sujet (une époque assez peu représentée au cinéma, un personnage inconnu du grand public) le film surpasse aisément en originalité tous les autres dont je parle ici, et c'est là sa première qualité. La deuxième réside dans le traitement de ce sujet, qui accorde une large part aux scènes de vie quotidienne, à l'enseignement d'Hypatie et aux discussions, en limitant la place dévolue aux scènes d'action. Evaluer la fidélité de la reconstitution historique réclamerait une analyse de détail et une connaissance de cette époque bien plus approfondie que ce à quoi je peux prétendre maintenant, mais l'ensemble (vêtements, mobilier, représentation de la bibliothèque d'Alexandrie et des papyri, relations entre maîtres et esclaves, etc.) paraît soigné.&lt;br /&gt;Le respect du détail des événements, en revanche, a suscité davantage de critiques. Cela tient à la nature double du projet d'Amenábar. En effet, le réalisateur n'a pas seulement, voire pas principalement en tête de réaliser une simple biographie d'une astronome antique ; il prend son sujet avant tout comme un prétexte à une réflexion sur le fanatisme religieux, la façon dont il se développe, ses conséquences sur la vie politique et sur l'histoire des idées. Une fois encore, ce péplum se réfère autant aux réalités contemporaines qu'à l'époque dont il traite : Amenábar dénonce vigoureusement le fanatisme religieux, ce qui ne peut que faire penser le spectateur à l'islamisme, mais avec cette torsion intéressante qu'à l'époque dont parle le film, les fanatiques sont chrétiens (plus précisément la confrérie des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;parabolani&lt;/span&gt; qui à l'origine accomplissaient volontairement des tâches ingrates et dangereuses comme les soins aux malades contagieux), ce qui permet d'étendre cette dénonciation aux mécanismes généraux du fanatisme, quelle que soit la religion concernée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;...il aurait peut-être fallu mieux faire la part&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le plan précis de cette réflexion politique, le film est une grande réussite, et contient en particulier des scènes de discussion qui mettent en évidence la rhétorique du fanatisme à l'&amp;#339;uvre, ses sophismes, ses amalgames, ses procédés faciles pour impressionner, emporter l'adhésion et galvaniser les foules contre les ennemis qu'il désigne. Mais cette réussite va de pair avec une faiblesse, dans la mesure où la représentation des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;parabolani&lt;/span&gt; et de leurs affrontements avec les païens et les juifs finit par risquer un certain manichéisme : la part de pamphlet politique finit par nuire à la fidélité de la reconstitution historique, ce qui est dommage dans le cas d'une époque très peu connue du grand public, et pour laquelle les sources et ouvrages permettant de connaître le déroulement réel des faits ne sont pas toujours très accessibles pour le premier venu. De même, quelques libertés ont été prises avec ce que l'on sait des travaux réels d'Hypatie : il semble probable qu'elle ne fit jamais la découverte majeure que le film lui attribue dans le dénouement, ce qui n'ôte rien au caractère pionnier de ses recherches. Cependant, une fiction, même historique, reste une fiction, et le film garde ce gros avantage d'attirer pour la première fois l'attention générale sur une époque et un personnage jamais représentés auparavant au cinéma. C'est même une invitation idéale à la découverte d'Hypatie et de l'Egypte du IVe siècle.&lt;br /&gt;En termes de spectacle, le film a su présenter un univers visuel qui n'a rien à envier, en termes de décors et de costumes, à celui des grosses productions, et le jeu des acteurs est satisfaisant (Hypatie est jouée par Rachel Weisz et son père Théon par Michael Lonsdale). La réalisation s'autorise quelques audaces, en particulier les travellings avant et arrière qui, depuis l'espace, plongent vers la Terre jusqu'à la bibliothèque d'Alexandrie. La musique ne m'a pas spécialement marqué, ni en bien ni en mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/80/Clashofthetitansremakeposter1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 438px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/80/Clashofthetitansremakeposter1.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center; font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(Source de l'image : &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Clashofthetitansremakeposter1.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;a name="chocdestitans"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Choc des titans&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Clash of the Titans&lt;/span&gt;, Louis Leterrier, 2010)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le genre du film à l'antique avait eu beau ressusciter depuis dix ans, les amateurs de mythologie n'avaient pas encore eu grand-chose à se mettre sous la dent : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt;, on l'a vu, s'obstinait à un historicisme fade, tandis que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; donnait plus dans l'action et le gore que dans le merveilleux. Ce n'est qu'en 2010, avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Choc des titans&lt;/span&gt;, que votre serviteur mythophile eut le plaisir de voir enfin réapparaître dieux et monstres sur le grand écran. Ce n'était pas trop tôt !&lt;br /&gt;Le film fut raillé par la critique mais s'avéra un succès commercial. Il faut en convenir : ce premier retour au vrai péplum mythologique n'a rien de très mémorable. Encore faut-il, là aussi, prendre le temps de bien comprendre la nature du projet, afin de ne pas donner dans le faux procès et de faire au film les bons reproches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L'aspect &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;remake&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Choc des titans&lt;/span&gt; est à l'origine un péplum réalisé par Desmond Davis et sorti en 1981, l'une des dernières grosses productions américaines du genre avant l'éclipse des années 1980-1990. L'histoire s'inspire librement du mythe de Persée, dont elle reprend les grandes étapes (l'enfance, la capture de Pégase, les Grées, l'affrontement contre Méduse, puis la victoire contre le monstre marin auquel devait être livrée Andromède) qu'elle réagence pour donner plus de cohérence à l'intrigue, non sans ajouter au passage quelques éléments spectaculaires (Méduse est un être mi-femme, mi-serpent ; le monstre marin est un Kraken mi-humanoïde, mi-poisson ; Persée affronte à un moment donné deux scorpions géants qui ne figurent pas dans le mythe antique ; les principaux monstres du film sont qualifiés de "Titans" malgré leur absence complète de lien avec les Titans mythologiques) et quelques personnages entièrement originaux (principalement Calibos, un homme difforme qui doit plus au Caliban de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Tempête &lt;/span&gt;de Shakespeare qu'aux écrivains grecs, et Bubo, une chouette-robot fabriquée par Héphaïstos à l'image de la chouette d'Athéna - la question de savoir si le R2-D2 de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Star Wars&lt;/span&gt; a copié Bubo ou bien a été copié par elle est probablement l'une des controverses les plus passionnées de l'histoire du cinéma). Les effets spéciaux du film ont été réalisés par le fameux Ray Harryhausen, spécialisé dans l'animation de statuettes de monstres en image par image. L'ensemble, tant les acteurs que les effets spéciaux, a inégalement vieilli, mais conserve un charme certain.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Choc des titans &lt;/span&gt;sorti en 2010 est un remake de celui de 1981, du moins en principe. Garder cela en tête permet de moins s'exaspérer de certains des écarts par rapport au mythe antique : la présence de Calibos et des scorpions géants sont inexplicables autrement, de même que l'apparence de Méduse ou encore le caméo de Bubo dans une scène du film.&lt;br /&gt;Cependant, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;remake&lt;/span&gt; de Leterrier est tout sauf servile envers sa source : il apporte à son tour beaucoup de modifications à sa matière, la principale étant l'ajout d'un adversaire principal de Persée en la personne du dieu Hadès. Ce n'est plus Zeus (comme dans le film de 1981) mais Hadès qui lâche les Titans, c'est-à-dire surtout le Kraken, contre l'humanité en général et Persée en particulier ; et sa principale motivation est le désir de supplanter Zeus. Hadès cherchant à libérer des Titans monstrueux pour supplanter Zeus : cela ne peut que faire penser à l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hercule&lt;/span&gt; de Disney, même si l'idée reste relativement générique. Autre élément nouveau : Persée se voit remettre une épée qui se change en simple bâton lorsque tout autre que lui s'en empare.  Autre péripétie nouvelle : la place accordée aux scorpions géants, qui naissent ici de la main coupée de Calibos, est plus développée, et il faut une alliance originale entre les guerriers de Persée et des djinns du désert pour vaincre puis apprivoiser les monstres, qui deviennent les montures temporaires d'une caravane merveilleuse. Les modifications apportées au mythe sont donc beaucoup plus importantes que dans le film original : si &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Choc des titans &lt;/span&gt;de 1981 pouvait encore être qualifié d'adaptation à l'écran d'un mythe antique, celui de 2010 s'en écarte franchement pour basculer dans la&lt;span style="font-style: italic;"&gt; fantasy &lt;/span&gt;mythologique.&lt;br /&gt;On voit que, dans ce projet hybride, la réappropriation des inventions du film de 1981 n'est pas inintéressante, en particulier la transformation du rôle accordé aux scorpions. On observe aussi la résonance politique de l'apparition des djinns du désert, qui ont l'allure d'êtres ligneux aux yeux brillants, enveloppés dans des voiles bleus comme des touaregs, et dont on ne comprend pas la langue ; la séquence insiste sur la méfiance des Grecs envers ces démons orientaux, mais débouche sur une alliance, au terme de laquelle l'un des djinns ira jusqu'à se sacrifier pour aider Persée dans sa lutte contre Méduse, en se faisant exploser en une gerbe d'énergie bleutée (!). Difficile de ne pas y voir une allusion,  consensuelle sur le fond mais résolument ludique dans la forme, à la peur américaine du terrorisme proche-oriental. Regardé au premier degré, c'est aussi une joyeuse rencontre entre mythologies comme on aimerait en voir plus souvent...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Le reste&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pour l'aspect &lt;span style="font-style: italic;"&gt;remake&lt;/span&gt;. Mais tout cela ne suffit pas à faire un bon film. Qu'en est-il du reste ? Sur le plan visuel, nous assistons enfin au grand retour des dieux de l'Olympe et des créatures mythologiques à l'écran. Si l'Olympe est un peu fade, l'aspect des dieux adopte un parti pris assez convaincant bien qu'éloigné de ses sources : celui de représenter les dieux dans des armures scintillantes tout droit héritées de la série d'animation japonaise&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Saint-Seiya&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Chevaliers du Zodiaque&lt;/span&gt;). L'aspect des monstres est quant à lui réussi dans l'ensemble, et très conforme à la mode actuelle du réalisme sombre. Pégase lui-même a abandonné son habituelle couleur blanche pour une robe d'étalon noir. Charon, lui, a fusionné avec son navire pour former une entité de bois hautement antipathique. Si Méduse conserve l'apparence qu'on lui connaissait dans le film de 1981, le Kraken, de son côté, se rapproche de la représentation habituelle des krakens comme des calmars géants en se dotant de tentacules dont ne disposait pas son modèle harryhausenien (c'est probablement un effet du succès du mythe de Cthulhu, création de l'auteur américain H. P. Lovecraft remontant aux années 1930, dont le dieu monstrueux a mis à la mode les humanoïdes à tentacules).&lt;br /&gt;Le seul grand reproche qui a été fait au film sur le plan visuel ne réside pas dans sa réalisation proprement dite mais dans sa conversion à la 3D relief, faite à la va-vite et qui semble avoir rendu certaines scènes pratiquement illisibles (le film est même devenu un exemple-type des ratages que peut entraîner une mauvaise conversion 3D). Mais pour qui regarde le film en 2D, le problème ne se pose pas, sauf dans les effets clinquants du générique, kitschissimes.&lt;br /&gt;Là où le bât blesse, c'est dans le détail du scénario et dans les dialogues. Un parti pris dans la lignée de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; montre (il y en aura d'autres exemples) le consensus qui paraît régner à Hollywood dans la représentation du paganisme : le héros &lt;span style="font-style: italic;"&gt;n'aime pas&lt;/span&gt; les dieux, dont le pouvoir lui paraît tyrannique et l'implication dans la justice sur Terre très insuffisante, et la question de savoir s'il va faire ou non quelque chose pour eux constitue donc le grand dilemme qui l'occupe pendant une bonne partie du film. Nous sommes bien entendu à des années-lumière de la mythologie antique, où la question ne se poserait même pas. Mais cela pourrait donner quelque chose d'intéressant si le personnage de Persée et sa relation avec Zeus étaient bien développés. Malheureusement, tout cela reste très schématique. Tout aussi schématique est le personnage d'Io (qui n'a rien à voir avec la vierge puis génisse du même nom) qui finit évidemment avec Persée. Les dialogues sont d'une platitude consternante, frappés eux aussi par la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;brevitas&lt;/span&gt; pontifiante hollywoodienne.&lt;br /&gt;Le jeu des acteurs est probablement ce qui achève de plomber le film. Sam Worthington, en particulier, qui incarne Persée, est d'une inexpressivité qui tient de la prouesse. Quant à la musique, elle fait vaguement son travail d'accompagnement et d'entretien du suspense, mais ne vaut pas grand-chose en elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/bd/Posterofcenturion.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 570px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/bd/Posterofcenturion.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center; font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(Source de l'image : &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Posterofcenturion.jpg"&gt;Wikipédia anglophone&lt;/a&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="centurion"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;Centurion&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt; (&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;Centurion&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;, Neil Marshall, 2010)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici à présent un film &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/07/centurion-un-mauvais-titre-pour-un-film.html"&gt;dont Lina vous avait déjà parlé&lt;/a&gt; : je vais en dire un mot à mon tour. De nouveau un film à base historique, de nouveau une approche légèrement différente de ce qui s'était fait jusque là. Ici ce n'est pas la reconstitution qui prime, pour la bonne raison que le scénario du film se fonde sur une légende de l'Histoire elle-même née d'une énigme (résolue depuis) : l'absence de toute trace de la neuvième légion romaine, la Legio IX Hispana, après l'année 117. En réalité l'existence de cette légion est encore attestée au cours des années suivantes, mais à une époque les historiens se demandaient ce qu'elle avait bien pu devenir, et l'imagination des artistes s'est à raison emparée de cet excellent sujet de fiction.&lt;br /&gt;Aussi bien le réalisateur, Neil Marshall, ne prétend-il nullement avoir tourné un film historique, mais simplement un film d'action et d'aventure librement inspiré de ce sujet. Dans le film, la neuvième légion romaine est en réalité vite expédiée : elle est massacrée au cours d'un guet-apens (à coups de boules enflammées, comme dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; : copie ou source commune ?) par des Pictes, un peuple écossais vivant au delà du mur d'Hadrien alors en cours de construction (du moins dans le film, car en réalité son édification ne commence que quelques années après, en 122). Plutôt que le destin d'une légion entière, c'est celle d'une poignée de survivants romains, dont le centurion du titre, qui intéresse Marshall : le film relate leur périlleux retour vers la frontière de l'empire, dans un pays de nature sauvage, et la chasse à l'homme que mène contre eux une troupe de Pictes implacables menés par une cheftaine assoiffée de vengeance.&lt;br /&gt;Neil Marshall s'est fait connaître par ses films d'horreur, plus précisément de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;survival horror &lt;/span&gt;(un groupe d'humains paniqués doit rester en vie malgré la menace de [insérez ici quelque chose d'horrible]). On pouvait donc craindre un film dans la lignée de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, avec une Antiquité fantasmée et une complaisante dans la violence... mais ce n'est nullement le cas. De la violence, certes, il y en a, mais elle n'est pas du tout filmée de la même façon, ni présentée de la même façon. Nul paysage lourdement retouché, nul ralenti sur les gerbes de sang, nulle musique de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;heavy metal &lt;/span&gt;: seulement des combats réalistes, dont la brutalité est montrée crument mais n'est en rien exaltée. Si les Spartiates de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; sont nés pour la guerre et semblent prendre leur pied dans la mêlée, tel n'est pas le cas des légionnaires romains de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Centurion&lt;/span&gt;. Ils ont faim, froid, sommeil, ils veulent rentrer chez eux et sont terrifiés par la menace omniprésente des Pictes qui connaissent parfaitement ce pays inconnu d'eux, où ils vont mourir les uns après les autres. Bien sûr, il n'y a pas plus de façon de filmer neutre que de style neutre en écriture, mais la réalisation s'en tient, il me semble, aux conventions du film d'aventure, en s'autorisant seulement quelques moments épiques, notamment dans la virtuosité du combat final.&lt;br /&gt;L'essentiel du film tient dans cette chasse à l'homme où les Romains, pour une fois, sont les victimes traquées. Les quelques personnages principaux sont campés clairement, mais sans atteindre des profondeurs psychologiques faramineuses. C'est davantage la cohérence du scénario, ainsi que son dénouement bien trouvé, qui font la qualité du film malgré ses ficelles classiques. Le contexte historique n'est jamais détaillé ni rappelé avec assez  d'insistance pour ancrer vraiment l'intrigue dans son époque précise :  l'histoire aurait facilement pu prendre place ailleurs, à une autre époque, ou même dans un univers de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fantasy&lt;/span&gt;. C'est une aventure bien menée, qu'on regarde comme on lirait un (bon) album de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thorgal&lt;/span&gt;. Enfin, sans être atteindre la complexité d'Agora, le film contient des éléments de réflexion politique : les vicissitudes d'une puissance impérialiste aux prises avec un peuple recourant à la guérilla peuvent faire penser aux problèmes de la guerre américaine en Irak au moment de la sortie du film ; et, plus généralement, le dénouement amer de l'intrigue montre les valeurs du centurion se heurtant au cynisme du pouvoir qu'il a si âprement défendu.&lt;br /&gt;Si la distribution du film est inégale (Olga Kurylenko en chasseuse picte ne se distingue pas exactement par ses qualités d'actrice), il est porté par son excellent acteur principal, Michael Fassbender, qui confère tout du long une crédibilité parfaite au centurion Quintus Dias. La musique, enfin, est très honorable.&lt;br /&gt;Le film a été méprisé par la critique britannique et à peu près ignoré par la critique française : à tort, car il offre une aventure honnêtement menée et nettement moins prétentieuse que beaucoup de grosses productions aux scénarios autrement plus inanes...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="aigle"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Aigle de la neuvième légion&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Eagle&lt;/span&gt;, Kevin Macdonald, 2011)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe plus rapidement sur ce film, car je ne l'ai pas encore vu. C'est une chose qui arrive fréquemment au cinéma que de voir deux films traitant à peu près du même sujet mis en production puis distribués en salles à peu de mois d'intervalle. C'est le cas pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Centurion&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Aigle de la neuvième légion&lt;/span&gt;, puisque tous deux se fondent sur le même (ancien) mystère historique. Difficile de savoir si l'un a copié l'autre. Le fait est, en tout cas, que, là encore, le projet de &lt;span style="font-style: italic ;"&gt;L'Aigle... &lt;/span&gt;est un peu différent : il s'agit de l'adaptation d'un roman historique du même nom, publié par Rosemary Sutcliff dans les années 1950 et devenu un classique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/a/ae/Immortals_poster.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 445px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/a/ae/Immortals_poster.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a name="immortels"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a style="font-style: italic;"&gt;(Source de l'image : Wikipédia anglophone.)&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a name="immortels"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;a name="immortels"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Immortels&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Immortals&lt;/span&gt;, Tarsem Singh, 2011)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous en arrivons au dernier en date de ces films à l'antique : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Immortels&lt;/span&gt;, sorti en France en novembre 2011.&lt;br /&gt;Les affiches du film annonçaient fièrement : "par les producteurs de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;" (ce qui pouvait également faire fuir), mais malgré la proximité entre l'esthétique adoptée ici par Tarsem Singh et celle de Zack Snyder dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, il y a des différences notables entre les deux projets. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Immortels&lt;/span&gt; n'est pas une adaptation d'&amp;#339;uvre, et le film ne consiste même pas en la transposition d'un mythe antique, comme&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Le Choc des titans &lt;/span&gt;était supposé le faire : c'est véritablement une création originale, qui entre de plein pied dans le champ de la&lt;span style="font-style: italic;"&gt; fantasy&lt;/span&gt; mythologique (où &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Choc des titans &lt;/span&gt;s'aventurait déjà &lt;span style="font-style: italic;"&gt;de facto&lt;/span&gt;). Le scénario s'inspire en revanche de plusieurs mythes : le héros est Thésée, quelques éléments sont repris de l'affrontement contre le Minotaure, mais l'enjeu principal de l'intrigue réside dans la menace d'une invasion du monde par... les Titans (encore !), emprisonnés sous le mont Tartare, et que le maléfique roi Hypérion tente de libérer afin de provoquer la chute des dieux de l'Olympe.&lt;br /&gt;Le résultat est un film d'aventure très orienté vers l'action et le gore, et où le meilleur côtoie, malheureusement, le pire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Le meilleur...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En termes de représentation de la mythologie grecque au cinéma, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Immortels&lt;/span&gt; est probablement ce qui s'est fait de plus habile depuis le renouveau du genre. Même si le résultat est loin d'être parfait, on assiste à la reprise d'éléments mythologiques plus proches des sources antiques, une réelle réappropriation de logiques interprétatives propres aux mythographes anciens, et (c'est le plus visible) une volonté de transposer au cinéma les codes de l'épopée antique.&lt;br /&gt;La reprise d'éléments mythologiques proches des sources anciennes est visible dans la représentation des dieux et de leurs pouvoirs, généralement très  proche de ce qu'on trouve dans les épopées homériques. Même chose pour  la distinction entre la forme immortelle des dieux, sous laquelle ils ne  doivent (normalement) pas se laisser voir des mortels, et les divers  déguisements qu'ils sont amenés à prendre lorsqu'ils descendant chez les  humains. Autre élément pertinent :  le choix d'un arc comme enjeu de la quête de Thésée. Certes, la mythologie grecque ignore en général les armes surpuissantes (de telles armes se trouvent plutôt dans la mythologie hindoue par exemple), mais les arcs et les archers y tiennent une place importante, d'Héraclès à Ulysse en passant par Philoctète, entre autres. Voilà qui change agréablement de l'épée de Priam dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; ou de celle donnée à Persée dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Choc des titans&lt;/span&gt;, car la mythologie grecque, contrairement à l'imaginaire médiéval, ne connaît pas la moindre épée notable. Plus ponctuel, l'un des supplices employés par Hypérion, consistant à faire bouillir ses prisonniers dans un taureau de métal creux dont les cris des suppliciés forment le mugissement : c'est une reprise d'un supplice mentionné par les textes antiques à propos d'un personnage historique réel, le tyran sicilien Phalaris d'Agrigente.&lt;br /&gt;Plus surprenante et plus habile est la réappropriation, par les scénaristes, de logiques interprétatives similaires à celles des mythographes anciens lorsqu'ils remanient les récits mythologiques afin d'en élaborer des variantes à leur goût. J'ai parlé du parti pris de&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Troie&lt;/span&gt; "d'historiciser" l'épopée homérique en en supprimant purement et simplement les éléments merveilleux. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Immortels&lt;/span&gt; est ici plus subtil : il fait coexister un cadre général directement transposé de l'épopée homérique, donc propice au merveilleux, et d'autres éléments qui consistent en des réinterprétations "historicisées" de mythes classiques. C'est typiquement le cas pour le Minotaure, qui n'est pas une créature surnaturelle mais un guerrier brutal revêtu d'un masque de taureau et surnommé "la Bête" (cette version est très proche de la variante évhémériste du mythe antique, dans laquelle le Minotaure n'est autre qu'un chef militaire surnommé "le Taureau" en raison de sa brutalité). Même chose pour le Tartare, qui n'est pas ici un monde souterrain mais "seulement" une montagne creuse. Dernier élément du même genre, on assiste à un (bref) affrontement entre Thésée et un homme politique grec, ce dernier défendant une interprétation allégorique des mythes qui leur nie toute réalité concrète : Thésée se fait ainsi expliquer que les dieux et les titans, que l'on voit à l'&amp;#339;uvre depuis le début du film, ne sont que des métaphores : l'effet humoristique est garanti.&lt;br /&gt;Enfin, l'esthétique du film et ses procédés de réalisation, en bonne partie similaires à ceux de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, sont ici mis au service d'une transposition au cinéma des codes de l'épopée antique. Les nombreux ralentis pendant les combats ont davantage de sens ici, puisqu'on peut les rapprocher de la description extrêmement détaillée des échanges de coups et des blessures dans les épopées homériques. L'exagération de la puissance des coups et la multiplication des victimes sont ici expliquées soit par le statut de héros de Thésée, soit surtout par le rang divin des combattants (en particulier la scène où Arès intervient pour sauver Thésée débordé par ses ennemis, et le combat final entre dieux et titans). De même, les effets d'amplification de la lumière et du son sont abondamment utilisés pour représenter la puissance des dieux, capables notamment de se déplacer à une vitesse supersonique ; Poséidon plonge dans la mer pour provoquer un tsunami, tandis que Zeus fait trembler le sol lorsqu'il vient s'y poser. Un certain nombre de ces procédés empruntent, soit aux films de super héros, soit aux films d'action en général, soit ici encore aux jeux vidéo de combat (on trouve, comme dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, des scènes de corps à corps où un combattant seul avance vers la droite et élimine tour à tour les ennemis qui avancent à la file indienne - comme s'ils se déplaçaient le long d'un mur ou bien dans un niveau de jeu en deux dimensions - pour se présenter à lui un par un).&lt;br /&gt;N'oublions pas une référence beaucoup plus explicite encore à l'Antiquité : la présence de quelques dialogues en grec ancien sous-titré, réservés aux échanges entre les prêtresses du village de Thésée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;...et le pire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusque là, tout semble promettre un film d'aventure particulièrement judicieux dans sa représentation d'une épopée mythologique "à la grecque". Hélas, tout cela, une fois encore, ne suffit pas à faire un bon film...&lt;br /&gt;Malgré les bonnes idées qu'il contient, le scénario se cantonne malheureusement à un manichéisme consternant, peut-être pire que celui de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;. Nous avons affaire à une lutte du Bien contre le Mal, mais sans aucune des multiples nuances de gris que n'interdisait pourtant nullement un pareil sujet, comme l'avaient montré &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Seigneur des Anneaux&lt;/span&gt; de Tolkien et son adaptation par Peter Jackson. Il y a d'un côté Thésée et les dieux, de l'autre Hypérion et son armée, à laquelle viennent s'ajouter à la fin les Titans. Un unique personnage de traître, présenté dès le départ comme mal intentionné, n'ajoute aucune subtilité à l'ensemble.&lt;br /&gt;L'esthétique du film, comme celle de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, fait scrupuleusement correspondre l'apparence physique des personnages avec leur moralité. Ici encore, plus même que dans le Disney moyen, les beaux sont gentils et les laids sont méchants. Là où l'armée de Xerxès était une masse de barbares gouvernée par un roi-dieu décadent, l'armée d'Hypérion ressemble à un gigantesque club sadomasochiste où tout le monde est masqué, vêtu de cuir et de divers accessoires piquants, tous paraissant attendre la prochaine torture ou la prochaine parole humiliante de leur royal maître. On trouve encore ici et là (notamment dans la scène de la mine de sel) un Orient fantasmé, avec voiles tout à la fois intégraux et affriolants (certes il fallait le faire) et turbans de guerriers louches ; mais c'est davantage une esthétique de la souffrance et de la torture qui domine dans le camp d'Hypérion. Le camp du Bien est tout aussi sexualisé, puisque tous les personnages principaux mâles vont torse nu pour exhiber des formes avantageuses, tandis que les prêtresses vierges sont invariablement des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sex bombs&lt;/span&gt;. Sur les vêtements des dieux, le doré domine, mais c'est déjà plus explicable.&lt;br /&gt;Il faut concéder au film une ambition visuelle indéniable : celle d'élaborer un univers en bonne partie affranchi de tout réalisme, au profit de décors et de costumes qui seraient à leur place sur une scène d'opéra. Casques et accessoires adoptent des formes parfois visuellement intéressantes (le casque d'Arès surmonté d'une crête de lames d'épées), mais qui sombrent parfois dans le ridicule (le casque insectoïde de Poséidon ou l'espèce de pince de crabe qui surmonte celui d'Hypérion). Même chose pour les décors, qui ménagent des scènes où le souci de la composition de couleurs et de matières l'emporte sur le réalisme et parfois sur toute vraisemblance (ainsi la mine de sel est un désert blanc qui semble s'étendre à l'infini, mais Thésée et Phèdre s'en échappent, semble-t-il, en quelques heures seulement et sans la moindre fatigue). Un plan abondamment montré pendant la promotion du film, et qui montre dieux et titans s'affrontant dans le ciel, filmés d'en bas, en une sorte de fresque de plafond Renaissance, constitue une trouvaille indéniable, mais s'avère malheureusement sous-exploité dans le film.&lt;br /&gt;Pas plus que ses partis pris visuels, le caractère très sombre de l'univers du  film n'est pas un défaut en lui-même. C'est après tout une convention de  la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;dark fantasy&lt;/span&gt; (un sous-genre de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fantasy&lt;/span&gt;) où le héros n'est pas de loin meilleur que ceux qu'il combat. Thésée a beau recevoir une leçon d'héroïsme d'un Zeus déguisé en  vieillard, il semble tout oublier ensuite, et lors de son combat final  contre Hypérion il semble mû par la seule volonté de vengeance (ce qui  le rapproche du gladiateur de Ridley Scott... et du Persée du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Choc des titans&lt;/span&gt; version 2010, qui cherche avant tout à venger la mort de ses parents tués par un Hadès distrait). C'est là un choix en théorie tout à fait acceptable, lorsqu'il n'est pas rendu intenable par un traitement caricatural.&lt;br /&gt;Le problème, c'est que le film, pour faire court, en  fait des tonnes. Ce qui détache le spectateur (en tout cas moi) et finit  par provoquer le rire à la place de l'admiration, ce sont en  particulier l'excès gratuit de cruauté dont fait preuve Hypérion et la  surabondance de violence qui culmine lors de la bataille finale, tout le  dernier tiers du film ne proposant pas grand-chose d'autre à admirer au  spectateur qu'un ensemble de corps coupés en petits morceaux au milieu  d'un mélange de sueur et de bouches crispées en rictus virils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré ses excès, le film pourrait donc tenir la route sans un autre défaut plus grave encore : les lacunes béantes du scénario, où les personnages agissent parfois sans motivation claire et en fonction d'une psychologie schématique ou inexistante.&lt;br /&gt;Ainsi le "grand méchant" du film, Hypérion, semble exister purement pour le plaisir d'être maléfique. Son motif de haine envers les dieux, la perte de sa famille, paraît bien faible pour expliquer son caractère de psychopathe, et, même en lui accordant la fameuse démesure qui perd tous les grands criminels antiques, on manque cruellement d'informations sur la façon dont il est devenu le tyran qui nous est présenté. L'armée d'Hypérion est composée de soldats appelés les Héraklions, dont on ignore absolument tout, jusqu'à la raison qui les fait appeler ainsi ; rien n'explique comment Hypérion a réuni une armée si impressionnante, ni comment il maintient son pouvoir sur elle. Autant, dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt;, le nom de Xerxès suffisait à expliquer bien des choses, puisqu'il est à la tête d'un puissant empire, autant rien de tel n'est expliqué à propos d'Hypérion. Dernier exemple (d'autres seraient possibles) : le subit changement d'avis de l'oracle Phèdre, qui, de prêtresse contrainte de rester vierge pour préserver ses pouvoirs de vision prémonitoire, se décide subitement à perdre sa virginité avec Thésée (c'est là son seul rapport avec sa tragique homonyme), pour s'enfermer ensuite dans un rôle de cruche passive jusqu'à la fin du film.&lt;br /&gt;Ce qui commence comme un film d'aventure mythologique intéressant tourne ainsi peu à peu au nanar, pour la plus grande déception (ou le plus grand fou rire) des spectateurs. Derrière la part de réel travail apportée au scénario et l'ambition visuelle du projet finissent par percer sa nature réelle, celle d'un produit commercial probablement commandé par les producteurs de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; pour surfer sur le succès du film de Snyder et des jeux vidéo d'action du type &lt;span style="font-style: italic;"&gt;God of War&lt;/span&gt;, qui proposent le même genre de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fantasy&lt;/span&gt; mythologique sombre et gore ; mais ce produit n'arrive même pas vraiment à remplir sa fonction de divertissement, tant son histoire reste étique et son univers visuel boursouflé.&lt;br /&gt;Devant les quelques authentiques trouvailles des scénaristes, je me suis pourtant pris à rêver d'un péplum mythologique qui parviendrait à la fois à se montrer respectueux de l'esprit de la mythologie grecque et à constituer tout simplement un film qui tiendrait debout. Espérons que cela arrive un jour !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-8496147528866624035?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/8496147528866624035/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8496147528866624035'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8496147528866624035'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/12/onze-ans-de-neo-peplums-panorama.html' title='Onze ans de néo-péplums : panorama critique'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-F0FWjD0J964/TvXH1agcfZI/AAAAAAAAAOY/4Xpwuwyd6VE/s72-c/1997%252C%2BHercule.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-3115336535972153732</id><published>2011-10-24T15:19:00.001+02:00</published><updated>2011-10-24T15:21:44.494+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;univers universitaire'/><title type='text'>"Tu connais la différence entre une danseuse prise dans une compagnie et une danseuse refusée par une compagnie ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;... Aucune. Le lendemain matin, elles sont en salle, à la barre, devant le miroir, et elles s'entraînent." &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La phrase ci-dessus est une citation de mémoire d'un des livres que je lisais gamine, sur une jeune danseuse qui voulait être étoile ; elle s'applique bien à la situation où je me trouve à présent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous vous souvenez de mon &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/moi-et-ma-grande-gueule.html"&gt;marathon pour l'Ecole Française de Rome&lt;/a&gt; ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La commission pour les demandes de bourses était le 11 ; ne voyant toujours rien venir, ni par mail, ni par la poste, lorsque j'ai appris qu'une de mes amies avait reçu une réponse positive vendredi dernier, j'ai commencé à subodorer quelque chose de fort désagréable. Après que j'en ai un peu parlé autour de moi, on m'a conseillé d'envoyer un mail aujourd'hui : peut-être qu'ils avaient sauté mon nom sur la liste, que la lettre s'était perdue, qu'ils attendaient les réponses de candidats ayant des impératifs pour les dates, étant donné que, sur ce point, j'étais assez flexible. J'ai donc fini par envoyer un mail et le fort désagréable s'est confirmé : ma demande n'a pas été acceptée. Mon projet n'est pas apparu assez structuré, en particulier à propos de la nécessité de me rendre sur place et dans les musées, et, pour le reste, la commission a considéré que les bibliothèques parisiennes me suffisaient largement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Evidemment, j'ai un peu accusé le coup, même si, depuis samedi, je me doutais bien de ce qui m'attendait. Je ne peux même pas dire qu'ils n'ont pas raison, ce ne serait pas vrai. Si mon directeur ne m'en avait pas parlé, je n'aurais, de moi-même, pas eu l'idée de présenter une demande de bourse, entre autres parce que je ne voyais pas comment je pourrais la motiver : j'avais tout ce dont j'avais besoin pour le moment à Paris et demander l'Ecole de Rome pour demander l'Ecole de Rome, même si qui ne tente rien n'a rien, me paraissait manquer un peu de sens.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne m'y suis donc mise que vers la mi-septembre, mais j'avoue que, plus je cherchais des motivations pour justifier ce séjour d'un mois, plus je trouvais que ce n'était pas une idée aussi absurde que cela : j'ai énormément à apprendre, de l'archéologie et de l'architecture, sur les modes de pensée romains, ce que j'ai sous la main à Paris ne peut compenser ce qui se trouve à Rome et mon &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2009/12/achats-romains-guide-archeologique-de.html"&gt;guide archéologique de Coarelli&lt;/a&gt; ne m'apporte qu'une connaissance relativement livresque de la topographie de la Ville.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après avoir envoyé ma demande de bourse, je continuais à réfléchir et à me dire qu'il faudrait vraiment faire au moins une recherche sur les statues représentant les empereurs, pour voir si les portraits que je trouve dans les textes correspondent au "véritable" physique, à la perspective de la propagande ou à une opposition avec la manière dont un autre empereur était représenté (plus j'avance et plus je découvre des jeux d'échos, de rapprochements et d'oppositions). Je me disais aussi que, les questions d'ordre et de désordre étant particulièrement importantes dans les &lt;i&gt;Histoires&lt;/i&gt;, il était de plus important de voir comment l'ordre était également mis en scène dans le marbre romain.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De cela j'avais un peu parlé dans ma lettre de motivation, mais de manière manifestement trop vague et pas assez claire. Ce que je retiens de la manière donc ils ont expliqué leur refus, c'est que mon projet est apparu uniquement littéraire - ce qu'il est, en un sens - et la confrontation directe avec les &lt;i&gt;realia&lt;/i&gt; immotivée. En soi, ils n'ont pas tort : il existe des encyclopédies et des ouvrages recensant, par exemple, toutes les représentations d'empereurs, des livres tout à fait spécialisés sur l'architecture romaine, etc. Etant donné que j'habite Paris et que j'ai à disposition la BNF et l'ENS, je peux y avoir accès. Je peux aussi éventuellement redéfinir mon projet et ne pas traiter ces dimensions, même si elles sont très intéressantes, quand quelqu'un qui travaille sur l'architecture sous Trajan, lui, ne le peut pas, tout comme il ne peut pas n'avoir jamais vu de sa vie la &lt;i&gt;villa&lt;/i&gt; d'Hadrien. De mon point de vue, moi non plus, mais en ces temps de disette, il faut choisir et, entre lui et moi, c'est bien sûr lui qui en a le plus besoin.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au final, je ne suis, tout compte fait, pas si abattue que ça. Ma première réaction a été "Ah les salauds ! pourquoi Bidule et pas moi ?!" ; puis j'ai essayé de prendre un peu de recul et je me suis dit qu'effectivement, il fallait que j'épluche les &lt;i&gt;Annales&lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;Vies&lt;/i&gt; correspondantes, qu'après avoir fait ça j'aurais quelque chose de plus consistant pour mesurer mon besoin d'accès aux &lt;i&gt;realia&lt;/i&gt;, que, de toute façon, ça ne remettait pas en cause mon sujet de thèse, qu'au pire je leur montrerai qu'ils avaient tort et que je pouvais faire quelque chose de tout à fait intéressant en m'appuyant sur du matériel archéologique. Ça ne m'empêchera pas de retourner à Rome, même si ce ne sera pas dans les mêmes conditions matérielles et financières (Chéri a encore un an à l'Accademia Santa Cecilia : à un séminaire par mois, ça fait autant d'occasions de squatter, surtout au second semestre, puisque je suis semestrialisée). Et, oui, je vais lire religieusement et attentivement le guide de Coarelli et des ouvrages d'architecture et des livres sur le &lt;i&gt;zeitgeist&lt;/i&gt; du Ier/IIème siècle après J.C. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me retrouve donc à faire exactement ce que j'aurais fait si ma demande avait été acceptée : je bosse, en continuant sur ma lancée, peut-être même avec plus d'énergie que si j'avais reçu une réponse positive.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis un âne qui a besoin, périodiquement, d'un coup de pied au cul pour réveiller son ego. Ça tombe bien, ce n'est ni le premier, ni le dernier refus que je vais essuyer dans ma vie en général et dans ma carrière en particulier.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/quinnanya/5281586075/" title="Heel de quinn.anya, sur Flickr"&gt;&lt;img alt="Heel" height="320" src="http://farm6.static.flickr.com/5243/5281586075_ee649181c2.jpg" width="213" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Ça tire, ça fait mal, mais au final ça fait du bien (photo par quinn.anya ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-3115336535972153732?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/3115336535972153732/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/tu-connais-la-difference-entre-une.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/3115336535972153732'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/3115336535972153732'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/tu-connais-la-difference-entre-une.html' title='&quot;Tu connais la différence entre une danseuse prise dans une compagnie et une danseuse refusée par une compagnie ?'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm6.static.flickr.com/5243/5281586075_ee649181c2_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-5346434747479471239</id><published>2011-10-23T19:03:00.001+02:00</published><updated>2011-10-23T19:05:31.310+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité à la Une'/><title type='text'>De la mort des tyrans</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces jours-ci, en voyant circuler sur le web photos et vidéos de Kadhafi mort, vivant, agonisant (rayer la mention inutile), monocentrisme oblige, je n'ai pu m'empêcher de faire le lien avec les morts des empereurs Galba et Vitellius, massacrés sur le forum à un peu moins d'un an d'intervalle, en 69 après J.C.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Balle dans la tête et transport à l'hôpital en moins (si j'ai bien compris, mais, apparemment, il existe plusieurs versions - ce qui est également le cas pour mes oiseaux à moi), on y retrouve plus ou moins les mêmes détails horribles, ce qui m'a donné l'idée d'une sorte de contre-point antique à cet événement. Comme quoi, la mort d'un chef détesté présente toujours plus ou moins les mêmes aspects, que ce soit au Ier ou au XXIème siècle...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans les deux cas, pour cause de montagne de travail à abattre, je me contente de recopier la traduction de P. Wuilleumier et H. Le Bonniec, pour la CUF. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Mort de Galba (Tacite, &lt;i&gt;Histoires&lt;/i&gt; I&amp;nbsp; 39.1-41.3 et 44.2) :&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;(Othon a réussi à se rallier la garde prétorienne de Rome ; Galba, après avoir beaucoup hésité, décide de se rendre sur le forum, pour voir s'il peut encore y trouver des partisans ; Pison est le jeune noble qu'il a adopté pour en faire son successeur ; Marius Celsus, Laco et Titus Vinius sont des conseillers de Galba)&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cependant, Pison, effrayé par le grondement de la révolte qui s'amplifiait et par les clameurs qui retentissaient jusque dans Rome, avait rejoint Galba, sorti sur ces entrefaites et qui approchait du Forum ; déjà Marius Celsus avait apporté des nouvelles peu réjouissantes. Les uns étaient d'avis de rentrer au palais, d'autres de gagner le Capitole, un bon nombre d'occuper les Rostres, la plupart se contentaient de contredire les autres et, comme il arrive dans les délibérations vouées au malheur, le parti qui semblait le meilleur était celui dont on avait laissé passer l'occasion. Laco envisagea, dit-on, de tuer Titus Vinius, soit pour calmer les soldats par le châtiment de ce dernier, soit qu'il le crût complice d'Othon, soit enfin par haine. On hésita, étant donné le moment et le lieu, car, le massacre une fois commencé, il eût été difficile d'y mettre un terme ; d'ailleurs, ce plan fut balayé par les nouvelles alarmantes et par la débandade de l'entourage de Galba, tandis que se refroidissait le zèle de tous ceux qui, d'abord pleins d'ardeur, avaient fait étalage de fidélité et de courage.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Galba était ballotté de-ci de-là, au gré des remous d'une foule houleuse, pendant que partout, des basiliques et des temples remplis de monde, on regardait ce lugubre spectacle. Dans le peuple et dans la populace, pas un mot, mais sur les visages la stupeur et les oreilles tendues à tous les bruits ; ce n'était ni le tumulte ni le calme, mais le silence des grandes peurs ou des grandes colères. Cependant, on annonçait à Othon que la populace s'armait ; il ordonne aux siens de courir en toute hâte et de prévenir le danger. Ainsi des soldats romains, comme s'ils allaient chasser Vologèse ou Pacorus du trône ancestral des Arsacides, et non pas égorger en toute hâte leur propre empereur, un vieillard désarmé, dispersent la populace, foulent aux pieds le Sénat et, menaçants, l'épée à la main, au galop de leurs chevaux, font irruption sur le Forum. Ni la vue du Capitole, ni la sainteté des temples qui dominent la place, ni la pensée des princes passés ou à venir ne leur firent assez peur pour les détourner d'un crime dont le vengeur est toujours le successeur de la victime.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En voyant approcher une colonne d'hommes armés, le porte-étendard de la cohorte qui accompagnait Galba - Atilius Vergilio, à ce qu'on rapporte - arracha le médaillon de Galba et le jeta par terre ; à ce signal, tous les soldats se déclarèrent pour Othon, le peuple s'enfuit, laissant le Forum désert ; on dégaina pour convaincre les hésitants. Près du bassin de Curtius, l'affolement des porteurs projeta Galba hors de sa chaise et il roula à terre. Sa dernière parole a été diversement rapportée par la haine ou l'admiration : les uns disent qu'il demanda d'une voix suppliante ce qu'il avait fait de mal et implora quelques jours pour s'acquitter de la gratification ; d'autres, plus nombreux, qu'il tendit la gorge aux assassins, en s'écriant : « Allez, frappez, si vous croyez que c'est pour le bien de l'Etat. » Les meurtriers ne se soucièrent pas de ce qu'il disait. On n'est pas d'accord sur le nom de celui qui frappa : selon certains, Terentius, un rengagé ; selon d'autres, Laecanius ; la tradition la plus répandue veut que Camurius, soldat de la quinzième légion, lui ait enfoncé son glaive dans la gorge. Les autres lui tailladèrent affreusement les jambes et les bras - la poitrine était protégée ; la plupart des coups furent portés avec une sauvage cruauté à un corps déjà décapité.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;(Titus Vinius et Pison sont massacrés à leur tour)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Fixées à la pointe de piques, les têtes étaient portées parmi les enseignes des cohortes, juste à côté de l'aigle de la légion, tandis que montraient à l'envi leurs mains ensanglantées ceux qui avaient commis les meurtres, ceux qui y avaient assisté, ceux qui, à tort ou à raison, se vantaient de ce forfait comme d'un exploit magnifique et mémorable. Plus de cent vingt placets furent trouvés plus tard par Vitellius ; il en fit rechercher et exécuter tous les auteurs, non pas pour faire honneur à Galba, mais parce que c'est la politique traditionnelle des princes d'assurer ainsi leur sauvegarde dans le présent, leur vengeance pour l'avenir.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/antiquitiesproject/5955007772/" title="A Magnificent and Important Roman Orichalcum Sestertius of Galba (68-69 C.E.), One of the Finest Known Sestertii of this Emperor  de Ancient Art, sur Flickr"&gt;&lt;img alt="A Magnificent and Important Roman Orichalcum Sestertius of Galba (68-69 C.E.), One of the Finest Known Sestertii of this Emperor " height="271" src="http://farm7.static.flickr.com/6026/5955007772_c10bd9f8e3.jpg" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(sesterce de Galba ; photo prise par Ancient Art ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Mort de Vitellius (Tacite, &lt;i&gt;Histoires&lt;/i&gt; III 84.4-85.1)&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;(Les partisans de Vespasien sont entrés dans Rome et ont vaincu les quelques vitelliens qui y restaient encore et avaient tenté de leur résister ; Flavius Sabinus est le frère de Vespasien, que Vitellius a laissé massacrer quelques jours auparavant)&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après la prise de Rome, Vitellius sort du palais par une porte de derrière et se fait porter en chaise sur l'Aventin, chez sa femme, avec l'intention, s'il échappait dans cette cachette aux dangers du jour, de se réfugier à Terracine, auprès des cohortes et de son frère. Puis, du fait de son instabilité, et parce que, comme il est naturel quand on a peur, craignant tout, il était surtout sensible aux alarmes présentes, il revient au palais, qui était vide et déserté, car même les derniers des esclaves s'étaient dispersés ou évitaient de le rencontrer. La solitude l'épouvante, et le silence des lieux ; il cherche à ouvrir les salles fermées et frissonne de les trouver vides ; enfin, las d'errer misérablement, il se cache dans un réduit ignoble, d'où vient l'arracher Julius Placidus, tribun d'une cohorte. Les mains liées derrière le dos, les vêtements en lambeaux, on le traînait - hideux spectacle -&amp;nbsp; sous mille invectives, sans que personne versât une larme : la laideur de cette fin avait étouffé la compassion. On rencontra un soldat de l'armée de Germanie : est-ce Vitellius qu'il voulut atteindre, en lui portant un coup dans un accès de colère, ou pour le soustraire plus vite à l'humiliation, ou bien visait-il le tribun ? personne put le dire ; il coupa une oreille au tribun et fut aussitôt percé de coups.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quant à Vitellius, on le forçait avec la pointe des épées tantôt à lever la tête et à l'offrir aux outrages, tantôt à regarder ses statues qu'on renversait, surtout les Rostres, ou le lieu où Galba avait été tué ; enfin ils le poussèrent devant eux jusqu'aux Gémonies, où le corps de Flavius Sabinus avait été jeté. On recueillit de sa bouche une seule parole qui ne fût pas d'une âme basse : au tribun qui l'insultait, il répondit que, tout de même, il avait été son empereur ; puis il tomba sous les coups qu'on lui porta et la populace l'outrageait mort avec la même bassesse qu'elle l'avait adulé vivant.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/antiquitiesproject/5495638115/" title="An Excessively Rare Roman Orichalcum Sestertius of Vitellius (69 C.E.), the Finest Known of this Issue de Ancient Art, sur Flickr"&gt;&lt;img alt="An Excessively Rare Roman Orichalcum Sestertius of Vitellius (69 C.E.), the Finest Known of this Issue" height="242" src="http://farm6.static.flickr.com/5055/5495638115_a831578eb3.jpg" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(sesterce de Vitellius ; photo par Ancient Art ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-5346434747479471239?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/5346434747479471239/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/de-la-mort-des-tyrans.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5346434747479471239'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5346434747479471239'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/de-la-mort-des-tyrans.html' title='De la mort des tyrans'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm7.static.flickr.com/6026/5955007772_c10bd9f8e3_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-1849290836488632950</id><published>2011-10-16T22:13:00.001+02:00</published><updated>2011-10-16T22:23:09.353+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Welcome in ze Mienne Dimension'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Horreur et frémissements'/><title type='text'>"SNCF, à nous de vous faire préférer le train"</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Μῆνιν ἄειδε, θεά...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis furieuse. Ce soir, je devais rentrer à Paris, comme tous les dimanche soir, par le train Orléans-Paris de 20h48. A 19h30, je vérifie l'horaire sur le site internet de la Sncf : tout est en ordre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;20h40, j'arrive à la gare. J'entre dans le hall : aucun train d'annoncé pour Paris. Je m'étonne à haute voix. Une jeune fille à côté de moi me dit alors : "Vous prenez le train pour Paris ? Il a été annulé et remplacé par un car. D'ailleurs, il est en train de partir. Dépêchez-vous, parce que c'est le dernier !" Je cours au car. Le chauffeur : "Ah non ! Je suis complet, je ne prends plus personne !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il n'y avait AUCUNE indication à la gare.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il n'y avait RIEN sur le site internet, alors qu'ils m'envoient des communiqués à la con pour des perturbations sur Nice-Marseille, dont je me contre-fous (je précise que j'ai été abonnée Fréquence pendant des années).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y avait UN CAR pour un train si bondé le dimanche soir que nous sommes souvent très nombreux à faire le trajet debout ou assis par terre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis donc bloquée à Orléans ce soir, alors que j'ai du travail et des rendez-vous demain. Heureusement, je ne fais pas cours. Je vais donc me retrouver dans un train archi bondé demain matin, qui arrivera en retard, comme tous les trains du lundi matin, et, le temps d'aller chez moi poser mes affaires et de repartir, j'aurai perdu une bonne partie de ma matinée, même en me levant tôt.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ajoute, pour les chanceux qui ont pu prendre le car qui m'a filé sous le nez, qu'un Orléans-Paris, le dimanche soir, avec les embouteillages, c'est 2h30 minimum, au lieu d'une heure annoncée par la Sncf. Ils vont donc arriver vers 23h30, au lieu de 21h50. Ce qui est toujours plus tôt que moi, je vous l'accorde.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/jhm0284/5436181190/" title="JHM-1966-0099 - Pithiviers, ancien autobus de Lourdes de jhm0284, sur Flickr"&gt;&lt;img alt="JHM-1966-0099 - Pithiviers, ancien autobus de Lourdes" height="333" src="http://farm6.static.flickr.com/5056/5436181190_5e504d41d2.jpg" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Ceci est un train de la Sncf.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Pithiviers, ancien autobus de Lourdes ; photo prise par jdm0284 ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce genre de chose est tout à fait INSUPPORTABLE. La Sncf n'est même pas capable d'être professionnelle : elle annule des trains sans prévenir, n'aiguille pas les voyageurs sur place (évidemment, personne de permanence à la gare des Aubrais un dimanche soir), ne prévoit même pas assez de cars de remplacement (ce qui serait le minimum).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Même les chemins de fer italiens, qui sont l'incarnation, pour les transports, de la onzième plaie d'Egypte, ne font pas ça. Une telle incompétence est tout bonnement intolérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je pense que je les ai encore défendus samedi matin ! &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je peux vous dire que j'attends l'ouverture à la concurrence des TER avec une très grande hâte. Ce sera alors comme pour Ryan Air depuis qu'Easy Jet fait des Paris-Bologne : FUCK !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_l-IMVS7CZww/R9cEGNP74aI/AAAAAAAAEdg/6NzoY26rSjk/s400/ia+11032008+UrFrMrsDSC02165.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/_l-IMVS7CZww/R9cEGNP74aI/AAAAAAAAEdg/6NzoY26rSjk/s320/ia+11032008+UrFrMrsDSC02165.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;La Sncf ? A eux de nous faire préférer le train, c'est ça ? &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(photo trouvée sur le blog &lt;a href="http://museum-iaaai.blogspot.com/"&gt;Museum&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-1849290836488632950?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/1849290836488632950/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/sncf-nous-de-vous-faire-preferer-le.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/1849290836488632950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/1849290836488632950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/sncf-nous-de-vous-faire-preferer-le.html' title='&quot;SNCF, à nous de vous faire préférer le train&quot;'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm6.static.flickr.com/5056/5436181190_5e504d41d2_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-2963362237104371289</id><published>2011-10-02T10:59:00.000+02:00</published><updated>2011-10-02T10:59:39.877+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Oulm Connection'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;univers universitaire'/><title type='text'>Moi et ma grande gueule...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On n'y pense jamais assez (en tout cas, moi je n'y pense jamais assez), mais il y a des endroits où il vaut mieux ne pas parler de certaines choses ou, tout du moins, où il vaut mieux être discret et/ou baisser la voix, parce qu'on ne sait jamais qui peut bien être en train de vous écouter. Exemples typiques : la cafeteria de n'importe quelle institution ou encore les bistrots environnants. Car si les murs ont des oreilles, votre voisin, tout absorbé dans son bouquin ou sa conversation, aussi et, même si vous ne le connaissez pas, lui si ou bien il se trouve être un ami/voisin/collègue de la personne dont vous êtes en train de parler. Donc &lt;i&gt;careful&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me suis déjà fait avoir une fois ou deux par ce genre de truc, à la cafeteria de l'ENS : "Tu penses voter pour qui, aux élections des représentants du département ? - Je ne sais pas, ce ne sont que des petits jeunots que je ne connais pas. J'ai entendu dire que Bidule était bien, mais je ne sais foutrement pas à quoi elle peut bien ressembler." Et c'est là qu'une petite rousse, assise une table plus loin, se retourne et me dit : "Bonjour, Bidule, c'est moi."Ah, euh, cool, ravie de faire ta connaissance.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'autre jour, rebelote. J'étais désespérément à la recherche d'une seconde lettre de recommandation pour ma demande de bourse d'un mois à l'&lt;a href="http://www.ecole-francaise.it/fr/index.html"&gt;Ecole Française de Rome&lt;/a&gt;. J'écris "désespérément", parce que je m'étais rendue compte, deux jours plus tôt, que la date-limite annoncée n'était pas celle d'envoi des dossiers, mais celle de &lt;i&gt;réception&lt;/i&gt;, tour de passe-passe que je ne croyais possible que dans l'administration italienne et qui, manifestement, nous a contaminés aussi (ça m'apprendra à être archi-positive sur la France quand mon copain se plaint des pratiques de son pays). Après une semaine sans nouvelles, Chef avait été super bien pour mettre en place le plan d'attaque, mais m'avait laissée avec un "Non, c'est quand même mieux, une seconde lettre de recommandation". J'avais donc contacté un prof de l'ENS, dont je savais qu'il était un ancien membre de l'EFR.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://data-allocine.blogomaniac.fr/mdata/9/1/4/Z20060415232024140518419/img/1187655093_22156.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://data-allocine.blogomaniac.fr/mdata/9/1/4/Z20060415232024140518419/img/1187655093_22156.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Si j'avais eu tous ces gens pour m'aider à récupérer cette lettre de recommandation, ça aurait été plus facile...)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sauf que, alors que d'habitude il répond très vite, cette fois, rien. Je passe le lendemain à l'ENS : il n'y était pas. J'attends : toujours rien ; par contre, je vois partir déjeuner la personne que Chef m'avait conseillée (Note pour Plus Tard : toujours suivre les conseils de Chef). Je finis par aller voir ma tutrice, pour lui demander si elle sait s'il viendra aujourd'hui et j'en profite pour lui expliquer ma situation : on est mardi, j'ai jusqu'à vendredi pour qu'ils &lt;i&gt;reçoivent&lt;/i&gt; mon dossier, donc je suis dans la merde parce qu'il faut que j'envoie le tout à Rome au plus vite, et il me faut une autre lettre, parce que Chef pense que c'est mieux ; il m'a suggéré quelqu'un, mais dont j'ai suivi le séminaire en M1, sans qu'il soit, ensuite, à ma soutenance, et je préfèrerais quand même quelqu'un qui me connaisse un peu mieux, donc j'ai contacté quelqu'un d'autre, etc., etc. Bref, du Lina flippée dans les grandes largeurs. Et battant frénétiquement la campagne.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est alors qu'elle me dit : "Mais moi, je peux vous la faire, cette lettre ! J'ai beaucoup de boulot en ce moment, mais, si vous voulez, je peux me débrouiller pour vous la rédiger cet après-midi et vous la récupèrerez dans mon casier demain matin." Là, j'ai eu le clair sentiment d'avoir fait une boulette ou, tout du moins, de n'avoir pas bien présenté les choses, parce qu'elle avait compris que, comme l'autre n'était pas là, je venais lui demander si, par hasard, elle serait assez gentille pour..., mon problème principal étant que, des années plus tôt, l'EFR a fait la boulette encore plus grande de ne pas la prendre comme membre pour des raisons qu'on peut discuter (ce qu'ils ont apparemment regretté ensuite). Manifestement, la chose était encore un peu sensible et je ne pouvais pas lui dire "A vrai dire, je préfèrerais que ce soit vous - j'en ai même parlé avec Chef -, ne serait-ce que parce que vous savez parfaitement ce que je fais, mais... ce n'est pas mieux si c'est fait par un ancien membre...?" Comprenez-moi : ma tutrice est adorable et hyper compétente et je n'ai pas la moindre envie de la blesser, de quelque façon que ce soit. D'autant qu'elle enchaînait : "Je sais que je ne suis pas membre, mais ma thèse est en passe d'être publiée chez eux, je connais Untel et Untel, bref je ne vois pas où serait le problème." J'ai donc accepté.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je sors de là et je rejoins mes potes à la cafeteria pour déjeuner. Et là, je raconte mes histoires, en tressant des couronnes - très méritées - à Chef et à ma tutrice, sur le thème : "Bon sang, ce sont vraiment des crèmes ! ils méritent cent fois une boîte de chocolats à Noël, ces deux-là !". La conversation passe sur autre chose et, vers la fin du repas, je vois Super Tutrice sortir et me dire en rigolant : "Je vais travailler pour vous !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Vjm-HT5sKG4/THfxWInufII/AAAAAAAAAfU/WB-RDfEXigw/s1600/gollumaatheory.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/_Vjm-HT5sKG4/THfxWInufII/AAAAAAAAAfU/WB-RDfEXigw/s320/gollumaatheory.jpg" width="289" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Attention, la Quête de la Lettre de Recommandation peut avoir des effets secondaires indésirables sur le thésard)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sur le moment, je n'ai pas fait le lien (oui, je suis souvent un peu dure de la comprenette) : je l'ai remerciée avec effusion, puis je suis passé à la préoccupation suivante : me secouer pour arriver à l'heure chez le kiné (rappelez-moi pourquoi je prends des rendez-vous en milieu d'après-midi...?). C'est le lendemain matin, en allant chercher ladite lettre ("Mon Précieux..."), que j'ai trouvé un post-it dessus avec écrit "Je peux vous la faire plus fleurie..."&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hum.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toujours faire attention à ses débordements verbaux à la cafeteria. Toujours, toujours, toujours. J'avais oublié le règle n°2 de l'ENS (la règle n°1 étant : "Ta tutrice avec constance tu chériras" ; à moins que ce ne soit "Les soirées du COF jamais avec moins d'1,5 gramme d'alcool dans le sang tu n'iras").&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Epilogue : &lt;/b&gt;parce qu'il faut bien conclure sur cette histoire de bourse à l'EFR, j'étais dans un état psychologique tellement lamentable que j'ai oublié d'envoyer un mail à la première personne que j'avais contactée, pour l'informer que le problème était résolu ; je suis donc rentrée le lendemain matin de mon excursion "récupération de lettre" à l'ENS, pour trouver trois mails d'elle à propos de ça + une première version, ce qui veut dire que je lui ai très indignement fait perdre son temps. Boulette encore plus grosse, que mes plus plates excuses, aussitôt envoyées, effaceront difficilement...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Epilogue 2 : &lt;/b&gt;quand je suis rentrée chez moi mercredi, &lt;i&gt;évidemment&lt;/i&gt;, le site internet de l'EFR était planté, ce qui fait que j'ai dû ruser pour récupérer adresse-mail et adresse postale (oui, parce qu'il fallait l'envoyer par mail ET par la poste) ; j'avoue : j'en ai profité pour péter les plombs. J'ai ensuite payé QUARANTE-DEUX EUROS (avec promotion) à la Poste pour que mes neuf feuilles de papier parviennent à Rome avant la fin de la semaine. Et, le lendemain, je me suis rendue compte que le site universitaire annexe où j'avais pêché l'adresse postale en donnait une erronnée (grosso modo, il fallait envoyer les choses place Farnèse et non place Navone) : j'ai donc béni Free et ses communications de fixe à fixe inclues à l'international, ainsi que la très gentille secrétaire de l'EFR, qui m'a répondu "Non, ne vous inquiétez pas, il n'y a AUCUN problème".&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Deux &lt;i&gt;nervous breakdown&lt;/i&gt; en une semaine, je vous laisse imaginer l'état de mes neurones ensuite. Je me demande comment Chéri fait pour affronter ça très régulièrement et j'espère avoir pris un peu plus de bouteille, dans deux ans, quand il faudra envoyer les demandes d'ATER...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-2963362237104371289?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/2963362237104371289/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/moi-et-ma-grande-gueule.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/2963362237104371289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/2963362237104371289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/10/moi-et-ma-grande-gueule.html' title='Moi et ma grande gueule...'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Vjm-HT5sKG4/THfxWInufII/AAAAAAAAAfU/WB-RDfEXigw/s72-c/gollumaatheory.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-2927407171735991971</id><published>2011-09-12T23:07:00.002+02:00</published><updated>2011-09-13T12:02:03.716+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Du bon côté du bureau'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Horreur et frémissements'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Objectif AMN 2010'/><title type='text'>Drame sans nom</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je l'ai voulu, j'ai cru l'avoir, je me suis cruellement trompée, j'ai pleuré, supplié, rampé, tapé du poing sur la table, menacé de miction sauvage les portes de l'ensemble de l'administration universitaire, bref, ce fut un feuilleton à Incroyable Suspense.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais si, mais si, vous vous en souvenez, ça s'est fini &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/coup-de-gueule.html"&gt;ici&lt;/a&gt; ; je veux parler de&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;mon avenant à mon contrat doctoral&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;le fameux sésame qui m'a permis d'être ENFIN en règle avec l'Education Nationale pour trois ans (à charge de revanche).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Eh bien, aujourd'hui, un Drame Sans Nom s'est produit.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'étais en train de donner un coup de main pour les inscriptions pédagogiques. Au début, c'est finalement assez fun, parce qu'on est enfin Du Bon Côté Du Bureau ("Bonjour, moi, c'est la littérature gréco-romaine ! Quel groupe avez-vous choisi ? Le n°2 ? C'est parfait ! Vous pouvez aller voir ma collègue à côté ! Bonjour, ici, c'est la littérature gréco-romaine...") ; mais au fur et à mesure que la journée avance, ça devient plus casse-tête ("Bonjour, moi, c'est la littérature gréco-romaine ! Quel groupe avez-vous choisi ? Le n°2 ? Ah non, je suis désolée, le n°2 est fermé, on a atteint le nombre limite d'inscrits. Vous ne pouvez absolument pas les autres jours ? Attendez... Et si vous changiez votre TD de français ? Ah, vous avez histoire à l'autre horaire... Et si vous changiez votre TD d'histoire, pour changer votre TD de français, pour régler le problème de la littérature gréco-romaine ? Hélène, il y a encore des places pour le TD n°3 d'histoire contemporaine ?").&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ajoutez à cela, la fatigue (le premier qui se moque des secrétaires crevées, je lui ferai recopier mille fois des numéros de cartes d'étudiant), la faim et des étudiants perdus parce que les salles d'inscription ont changé, mais personne n'a rectifié les panneaux à l'entrée.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est là qu'une Idée Géniale a germé dans mon cerveau surchauffé : "Eh, si on mettait un papier sur la porte ? Ça éviterait aux Lettres modernes d'entrer ici et ça confirmerait aux nôtres qu'ils sont au bon endroit !"&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aussitôt dit, aussitôt fait : je choppe une feuille dans mon trieur (que j'avais naïvement emporté en me disant que j'aurais peut-être moi-même vingt minutes pour exhiber les pièces justificatives nécessaires à ma réinscription en thèse et repartir avec ma propre carte d'étudiante), je la coupe en deux, j'écris au verso, je mets le tout sur la porte, dans le couloir, avec un bout de scotch passé par une collègue.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et je retourne à ma place, tranquille et satisfaite.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce n'est que dix minutes plus tard que, au moment où le flux de Jeunes était presque épuisé et où je me posais une Question Cruciale pour mon Esprit Ecolo Would Be : "Qu'est-ce que je fais de la seconde partie de cette feuille ?", que je constatai avec horreur qu'il y avait écrit au recto : "Il est convenu que Melle Lina aurait une mission d'enseignement égale à un service annuel de 64 HETD (Heures équivalent TD)".&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'AVAIS DÉCHIRÉ EN DEUX L'AVENANT À MON CONTRAT DOCTORAL !!!!&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La première partie avait, de peu, échappé à la poubelle ; la seconde pendouillait joyeusement dans le couloir, scotchée à la porte et, surtout, imbibée de l'encre de mon Instrument de Travail, j'ai nommé&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/goog_966076870"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/operation-mani-pulite.html"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;mon feutre noir effaçable extra-large&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je vous laisse imaginer ma consternation. Pour tout dire, je me suis traitée d'archi-gourde devant une bonne partie de mes collègues, assez amusés : "Ne t'inquiète pas, Lina : une photocopie, du blanco sur la photocopie, une autre photocopie et le tour est joué !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et ils avaient raison. J'ai récupéré un truc potable pour ma réinscription, on ne voit même pas qu'il y a eu un ch'tit accident. M'enfin, outre qu'il est raffistolé au scotch, le dos de l'original, c'est ça :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-CUSniC872iQ/Tm5zSKwXVRI/AAAAAAAAAHA/QLXLoM72Zmw/s1600/Spectacle+insoutenable.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://4.bp.blogspot.com/-CUSniC872iQ/Tm5zSKwXVRI/AAAAAAAAAHA/QLXLoM72Zmw/s320/Spectacle+insoutenable.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-2927407171735991971?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/2927407171735991971/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/09/drame-sans-nom.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/2927407171735991971'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/2927407171735991971'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/09/drame-sans-nom.html' title='Drame sans nom'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-CUSniC872iQ/Tm5zSKwXVRI/AAAAAAAAAHA/QLXLoM72Zmw/s72-c/Spectacle+insoutenable.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-160560589999347557</id><published>2011-09-02T13:00:00.045+02:00</published><updated>2011-09-19T23:24:42.243+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité à la Une'/><title type='text'>Le genre attaqué (ou comment maintenir le bas peuple dans l'ignorance et manipuler les esprits en 80 signatures)</title><content type='html'>Il y a l'univers universitaire, celui où évoluent les jeunes enseignants-chercheurs qui rédigent ce blog. Et puis il y a le reste du monde. Dans l'univers universitaire, la recherche consiste à augmenter ou améliorer le savoir, et l'enseignement consiste à transmettre ce savoir aussi bien que possible, auprès d'un public aussi large que possible. Il faut être précis, rigoureux, patient, clair, concis.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans le reste du monde, en revanche, toutes sortes de gens sont mûs par des soucis ou des intérêts complètement différents. La plupart du temps, c'est plutôt un soulagement pour moi de ne pas être contraint en permanence par les exigences de la recherche, qui sont rudes. Cependant, cela ne m'empêche pas d'espérer tout de même, de la part de mes interlocuteurs, une certaine honnêteté intellectuelle, ou au moins, comme diraient les Wikipédiens, de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Supposer_la_bonne_foi"&gt;supposer la bonne foi&lt;/a&gt;. Car le métier que j'ai choisi suppose certaines valeurs (l'honnêteté intellectuelle, justement, et le désir d'aider les gens à s'instruire) qui, bizarrement, ne restent pas dans le bureau à côté de l'agrafeuse quand je rentre à la maison, mais sont des principes que je soutiens profondément au quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il y a des fois où je tombe sur des propos ou des actions qui trahissent non pas simplement l'ignorance (qu'on ne saurait reprocher à personne) ou la paresse (dont certes personne n'est à l'abri), mais vraiment une malhonnêteté intellectuelle totale et systématique, un tel mépris pour tout ce qui constitue normalement le dialogue honnête entre personnes et la souhaitable circulation du savoir dans la société, que mon sang ne peut que bouillir, que je ne peux que me révolter viscéralement contre la négation complète et délibérée de ces valeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le genre dans les manuels scolaires : pourquoi quatre-vingts élus réclament-ils une mesure impossible à un ministre de leur propre parti ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà de beaux principes, me direz-vous, mais que nous vaut de les voir brandis ainsi ? Les protestations de quatre-vingts députés de l'UMP, à propos de manuels scolaires récemment publiés à partir des nouveaux programmes de SVT qui seront enseignés en classe de Première (voir le &lt;a href="http://www.education.gouv.fr/cid53323/mene1019645a.html"&gt;bulletin officiel spécial n°9 du 30 septembre 2010&lt;/a&gt; fixant le programme d'enseignement spécifique de sciences en classe de première des séries économique et sociale et littéraire&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;, &lt;/span&gt;et, à la page 8 de &lt;a href="http://media.education.gouv.fr/file/special_9/21/5/sciences_155215.pdf"&gt;son pdf détaillé&lt;/a&gt;, les encadrés "Devenir homme ou femme" et "Vivre sa sexualité"). Ces députés ont protesté contre certaines pages de ces manuels, dans lesquelles sont évoquées pour la première fois les notions de genre et d'orientation sexuelle. Et ils ont demandé à l'actuel Ministre de l'Education nationale, Luc Chatel (également UMP), le retrait des manuels en question (voyez les articles parus dans les journaux du 30 août, par exemple &lt;a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/08/30/des-deputes-ump-contestent-la-notion-d-identite-sexuelle-expliquee-par-certains-manuels-scolaires_1565493_3224.html#xtor=RSS-3208"&gt;ici dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.liberation.fr/societe/01012356982-orientation-sexuelle-80-deputes-ump-reclament-le-retrait-de-manuels-scolaires"&gt;dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ou &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/08/30/97001-20110830FILWWW00404-sexualite-des-manuels-de-svt-contestes.php"&gt;dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Figaro&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.depute-mallie.com/assembleenationale/depute/file/lettre-commune-sur-la-therie-du-gender-30-aout-2011-.pdf"&gt;la lettre entière en pdf sur le site du député Richard Mallié&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;Quelle forme prend leur protestation ? Nous allons le voir en détail. Terminons d'abord sur l'affaire : Luc Chatel a opposé hier, dans une interview sur RTL (&lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/depeche/top-news/20110831.REU2292/chatel-ne-retire-pas-le-manuel-scolaire-conteste-par-des-elus-ump.html"&gt;brève&lt;/a&gt; sur le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nouvel Observateur&lt;/span&gt; ou  l'interview en audio &lt;a href="http://www.rtl.fr/actualites/vie-pratique/article/luc-chatel-veut-retablir-les-lecons-de-morale-en-primaire-7714677846"&gt;sur cette page&lt;/a&gt;, sous l'article, à partir de 3'40'' environ), une fin de non recevoir pure et simple à leur demande, en rappelant à raison que l'Etat élabore les programmes scolaires mais n'a pas pour rôle de contrôler le contenu des manuels scolaires en dehors du respect des programmes fixés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut donc s'étonner pour commencer de voir ces quatre-vingts élus s'indigner de l'application de programmes scolaires qui mentionnent bel et bien les notions de genre et d'orientation sexuelle, et surtout qui sont publiés depuis septembre 2010 : leur indignation en septembre 2011 semble pour le moins tardive.&lt;br /&gt;Plus étonnante encore, leur protestation, qui réclamait au Ministre de court-circuiter toutes les procédures : comment pourrait-on croire qu'ils les ignorent ? S'il était aussi facile de court-circuiter les lois en République, il n'y aurait pas besoin de compter les voix dans les urnes et je serais aussi élu qu'eux en ce moment.&lt;br /&gt;On pourrait enfin s'interroger sur l'intelligence stratégique d'une pareille protestation : voilà quatre-vingts élus de l'UMP qui attaquent un ministre UMP à propos de programmes scolaires élaborés et publiés sous gouvernement UMP, c'est-à-dire, en somme, qui se révoltent contre la gouvernance de l'UMP. Un tel étalage de discorde au sein du parti et une telle remise en cause de sa politique à si peu de mois des élections pourrait paraître de mauvais augure. Mais enfin ils ont protesté, d'une façon qui ne pouvait aboutir à rien en termes d'action gouvernementale, et qui, comme c'était prévisible, n'a abouti à rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;...mais pour empêcher la diffusion d'un savoir qui les gêne, dirait-on.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement voilà : dans l'intervalle, leurs propos ont été diffusés, repris, commentés. Et c'est ici que je hurle. Car leur "protestation", sous couvert d'une juste indignation de bons élus inquiets parlant au nom de malheureux parents, est une entreprise de désinformation pure et simple. Ces élus n'ont pas entamé un débat intellectuellement honnête. Le but de leur communiqué est clair : diaboliser les notions de genre et désinformer la population sur les avancées des sciences humaines, en les discréditant au passage avec un anti-intellectualisme sans complexes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or il se trouve que j'ai été amené à lire des ouvrages sur le genre et la  sexualité dans le cadre de mes études sur l'Antiquité gréco-romaine. Et  pour quiconque connaît un tant soit peu ce sujet, il saute aux yeux que  la façon dont ces élus présentent les études sur le genre vise  délibérément à instaurer confusion et méfiance dans l'esprit de ceux qui  ne les connaissent pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de bruit pour rien, cette protestation inutile ? Non pas : beaucoup de bruit pour beaucoup de bruit. Ces élus n'étant pas nés de la dernière pluie, il faut bien voir que c'est ce bruit même qui était le but de la chose. Créer une polémique, "créer le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;buzz&lt;/span&gt;", comme on dit pour faire &lt;span style="font-style: italic;"&gt;hype&lt;/span&gt;, tel était leur objectif. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L'important n'était pas qu'on accède à leur demande, mais qu'ils maîtrisent les termes du débat. Or les termes qu'ils emploient sont biaisés ou vides de sens, et quiconque les reprend sans les examiner d'abord se laisse prendre à leur opération de communication.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Recette pour une désinformation bien goûteuse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait avoir un Roland Barthes sous la main et le talent de ses &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mythologies&lt;/span&gt; pour analyser le réseau de sous-entendus et de connotations disséminé dans les propos des protestataires. Heureusement, leur rhétorique n'est pas si subtile qu'on ne puisse en percer à jour les ficelles facilement. Pour décortiquer leur façon de s'y prendre, l'idéal est de se mettre à leur place. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Voulez-vous jeter le discrédit sur tout un pan des sciences humaines, sans besoin d'avoir fait des études ? Facile :&lt;/span&gt; il suffit de vous y prendre de la façon suivante...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;1. Privilégiez la visibilité et la quantité à la qualité. &lt;/span&gt;Ne parlez pas seul, ni à deux, ni à trois, mais à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;quatre-vingts&lt;/span&gt;. Quatre-vingts &lt;span style="font-style: italic;"&gt;élus&lt;/span&gt;, si possible : un élu, ce n'est pas n'importe qui (normalement), c'est quelqu'un qui ne parle pas à la légère (normalement). Quatre-vingts, c'est une troupe, presque une petite armée, il y a de quoi semer le doute dans l'esprit des plus réticents : "Si c'était un type isolé, il pourrait sortir une bêtise, mais pour que quatre-vingts élus soient d'accord là-dessus, ça doit pas être n'importe quoi".&lt;br /&gt;Rien de tel pour faire oublier qu'en matière de sciences, la distinction ne se fait pas en termes de quantité mais de qualification. Un élu n'a pas été élu pour ses connaissances scientifiques : un élu qui n'a pas fait d'études sur un sujet donné n'y connaît rien, quatre-vingts élus qui ne l'ont pas étudié n'y connaissent rien, et ajoutez toutes les ribambelles d'élus que vous voudrez, ils n'y connaîtraient toujours rien.&lt;br /&gt;Mais ça n'est pas bien grave. Plus un sujet donné est pointu, moins les spécialistes du sujet seront nombreux. Tout cela vous arrange ! Peu importe que vous connaissiez mal le sujet : les gens à qui vous parlerez l'ignoreront autant que vous. Et la force du nombre fera oublier à tout le monde que sur un sujet pointu, la parole d'un seul spécialise compétent est plus fiable que celle de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;n&lt;/span&gt; élus (où &lt;span style="font-style: italic;"&gt;n&lt;/span&gt; est un entier positif de votre choix).&lt;br /&gt;De plus, les élus ont un avantage : ils ont plus couramment accès aux médias de portée nationale que le maître de conférences ou le professeur d'université lambda et sont plus habitués à parler en public, donc leur parole circulera mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;2. Choisissez soigneusement votre moment.&lt;/span&gt; Quand parler du contenu des manuels scolaires ? Si le problème était vraiment d'en assurer la qualité, il aurait fallu en parler au moment de leur élaboration, ou même, puisque c'est ainsi que les choses fonctionnent, au moment de l'élaboration des programmes que ces manuels appliquent (et qu'ils appliquent vraiment, puisqu'un éditeur n'a pas vraiment intérêt à écrire n'importe quoi dans ses manuels : si l'Etat impose leur retrait du marché, c'est une grosse perte financière, et un éditeur scolaire, en général, ça aime vendre ses livres).&lt;br /&gt;Non, le but n'est pas là : &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;il s'agit de parler au moment où vos propos ont le plus de chance d'être repris et diffusés au maximum, donc au moment de la rentrée scolaire&lt;/span&gt;, au moment où les manuels sont terminés, imprimés, mis en magasins, le moment où on les achète ! Vos propos seront ainsi classés parmi les "sujets de rentrée" que les médias reprendront, puisqu'au moment de la rentrée, on parle de fournitures et on râle à propos des programmes, de même que pendant les grandes vacances on parle de plage, de chassé-croisé et de sexe. Bref, vous devez ressembler à un marronnier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;3. Jouez sur l'inquiétude des parents en utilisant le thème de la sexualité. &lt;/span&gt;Votre but n'est pas de faire réfléchir les gens, mais de les acquérir à votre cause. Pour cela, le meilleur moyen est d'en appeler à l'émotion. Quelle émotion plus aisément mobilisable chez les parents que cette inquiétude constante et légitime à propos de leurs enfants ? Vous allez donc vous présenter comme des parents modèles, soucieux de l'éducation de leurs enfants, et jouer sur le registre de l'effrayant : "Parents, prenez garde, on va apprendre des choses horribles à vos bambins !"&lt;br /&gt;Vous avez de la chance : le thème vous mâche le travail, car il s'agit en partie de sexualité. En partie seulement, car si la notion d'&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;orientation sexuelle&lt;/span&gt; sert à désigner les attirances que l'on ressent pour d'autres humains de l'un et/ou l'autre sexe, la notion de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;genre&lt;/span&gt;, en revanche, n'a rien à voir avec la sexualité, mais seulement avec la façon dont les différentes sociétés élaborent, pour les hommes et pour les femmes, des valeurs, des rôles et des coutumes variables selon les époques et les régions du monde. Peu importe : rien ne vous oblige à présenter les choses honnêtement, cela vous compliquerait la tâche.&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; Il vous suffira de tout ramener à la sexualité pour mettre aussitôt mal à l'aise toutes les personnes qui ne sont pas vraiment à l'aise pour en parler, et encore moins pour en parler avec leurs enfants.&lt;/span&gt; Mais il faudra aussi présenter le tout de la façon la plus confuse et la plus anxiogène possible. Ce qui vous amène au point suivant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;4. Usez et abusez de la malhonnêteté intellectuelle.&lt;/span&gt; Les gens qui se fieront à vous par défaut en tant qu'élu seront plus nombreux que les gens capables de vérifier vos propos, et de toute façon, si vous mentez à ce sujet, vous ne risquez rien, alors pourquoi vous en priver ? Vous allez donc biaiser les termes du débat. Hors de question de présenter les études de genre telles qu'elles sont : vous allez les présenter d'une façon qui attire le soupçon sur elles. Mieux, vous allez tellement tout confondre que les gens n'auront aucune chance de discerner les vraies notions derrière votre gloubiboulga. Quelques exemples pour se faire la main ? C'est parti :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; sexe&lt;/span&gt; et le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;genre&lt;/span&gt;, ce n'est pas la même chose. On distingue le sexe biologique (c'est-à-dire ce que la biologie peut nous donner comme critères pour distinguer les hommes et les femmes : caractères sexuels primaires et secondaires, gonades, chromosomes...), et la notion de genre, qu'on peut résumer &lt;span style="font-style: italic;"&gt;grosso modo &lt;/span&gt; comme la part de construction sociale du sexe, tout ce qu'une société donnée élabore pour distinguer hommes et femmes (valeurs, vêtements, coutumes, rôles, comportements, etc.). &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Peu vous importe ! Vous allez mélanger tout ça et &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/identite-sexuelle-80-deputes-ump-veulent-le-retrait-de-manuels-scolaires_1025254.html"&gt;parler de "genre sexuel"&lt;/a&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;.&lt;/span&gt; Ça ne veut rien dire : aucun écrit d'études de genre ne ferait une pareille confusion. L'expression n'est utilisée que sur Wikipédia, non pas pour l'intitulé de l'article (qui est &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Genre_%28sciences_sociales%29"&gt;"Genre (sciences sociales)"&lt;/a&gt;) mais pour &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:Genre_sexuel&amp;amp;oldid=66663910"&gt;une catégorie&lt;/a&gt;, dont l'intitulé a d'ailleurs été critiqué comme absurde sur &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Discussion_cat%C3%A9gorie:Genre_sexuel&amp;amp;oldid=49310121"&gt;sa page de discussion&lt;/a&gt; il y a plus d'un an. Aucune importance, cela vous arrange : après tout, les gens qui doivent se contenter de Wikipédia sont bien plus nombreux que ceux qui peuvent se payer des manuels universitaires. Et avec un peu de chance, ils n'auront pas l'idée ou le temps de recouper plusieurs sources d'information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-FVJFIhqrCj4/TmFHblTrbAI/AAAAAAAAAN4/uY3VzGybfxY/s1600/422px-Louis_XIV_of_France.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-FVJFIhqrCj4/TmFHblTrbAI/AAAAAAAAAN4/uY3VzGybfxY/s320/422px-Louis_XIV_of_France.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5647873946896002050" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Louis XIV (ici peint par Rigaud en 1701) voudrait savoir si son envie de porter des collants a été déterminée par son sexe biologique ou bien seulement par les usages et coutumes français des XVIIe-XVIIIe s., c'est-à-dire par la conception du genre masculin propre à la société où il vivait. (Source de l'image : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Louis_XIV_of_France.jpg"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;- A l'échelle de l'individu, l'&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;identité de genre&lt;/span&gt; désigne le sentiment d'appartenance d'un individu à son sexe biologique. Ce sentiment d'appartenance relève en partie de la psychologie intime et en partie de la construction sociale (j'ai plus facilement l'impression d'appartenir à mon sexe biologique si je corresponds à ce que la société attend ou exige de quelqu'un de mon sexe). La notion d'&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;orientation sexuelle&lt;/span&gt;, elle, est très différente : elle désigne l'attirance, physique et sentimentale, qu'un individu ressent pour d'autres individus appartenant à l'un et/ou l'autre sexe. Les personnes hétérosexuelles, majoritaires, sont potentiellement attirées par des personnes de l'autre sexe, tandis que les personnes homosexuelles sont potentiellement attirées par les gens du même sexe ; les personnes bisexuelles sont potentiellement attirées par les deux sexes (on parle parfois aussi de pansexuels pour les personnes potentiellement attirées par tous les autres humains). &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L'identité de genre n'a rien à voir avec l'orientation sexuelle, et vous le savez bien, mais encore une fois, votre but n'est pas de discuter honnêtement. Alors vous allez &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/identite-sexuelle-80-deputes-ump-veulent-le-retrait-de-manuels-scolaires_1025254.html"&gt;prétendre que l'idée de genre nie l'existence même du sexe biologique et définit le sexe d'une personne en fonction de sa sexualité&lt;/a&gt;. En gros, vous allez faire gober aux gens que les tenants de cette "théorie du genre" nient la différence biologique entre hommes et femmes. C'est archifaux, mais pour ce qui est de traumatiser le badaud, ça va dépoter sec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais il faut aller plus loin encore dans la confusion. Pour la majorité des gens, l'identité de genre ne pose aucun problème (la plupart des êtres de sexe mâle se sentent hommes, par exemple) : seule une minorité de gens, les &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;transgenres&lt;/span&gt;, ont une identité de genre différente de celle de leur sexe biologique. Parmi les transgenres, les &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;transsexuels&lt;/span&gt; sont les personnes qui ressentent la nécessité psychologique profonde de recourir à la médecine pour modifier leur sexe biologique afin de le faire correspondre à leur identité de genre différente. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rien à voir avec la sexualité là-dedans, et vous le savez bien. Mais tant qu'à faire, autant &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/identite-sexuelle-80-deputes-ump-veulent-le-retrait-de-manuels-scolaires_1025254.html"&gt;lister la transsexualité parmi les  orientations sexuelles&lt;/a&gt; : comme il y a "sexualité" à la fin de tous les mots de la liste, tout le monde se trompera à cette feinte habile ! (La prochaine étape consistera à leur faire croire que tous les mots finissant par "-tique" veulent dire la même chose : informatique, plastique, politique, moustique...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-l6o1-HsbDa8/TmFIR6pjOJI/AAAAAAAAAOA/n_dVyFzBi6o/s1600/449px-TransgenreatParis2005.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 240px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-l6o1-HsbDa8/TmFIR6pjOJI/AAAAAAAAAOA/n_dVyFzBi6o/s320/449px-TransgenreatParis2005.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5647874880337819794" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;Une femme trans lors d'une manifestation en faveur des droits des trans à Paris en 2005. Un spectacle incommensurablement terrifiant, cela va de soi. (Source de l'image : &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:TransgenreatParis2005.JPG"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;- Histoire de mettre la dose, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;ne parlez pas simplement de "sexualités" comme tout le monde, mais de &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/identite-sexuelle-80-deputes-ump-veulent-le-retrait-de-manuels-scolaires_1025254.html"&gt;"pratiquants de certaines formes de sexualités"&lt;/a&gt;. Pourquoi diable "pratiquants" ? Parce que&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; le mot "pratiquants", comme dans "catholiques pratiquants" ou "musulmans pratiquants" par exemple, vous aide à faire croire que les sexualités sont, comme les religions, une pure affaire de choix et de conscience, puisqu'on choisit sa religion. Vous tenterez ainsi de faire oublier qu'on ne choisit pas son orientation sexuelle &lt;/span&gt;mais qu'on la découvre peu à peu à partir de l'adolescence. Mettre les sexualités et les religions sur le même plan, ça vous arrange : vous pouvez aussitôt faire oublier tous les enjeux d'éducation sexuelle qui ont présidé à ces nouveaux programmes (le taux de suicide des jeunes homos, tout ça) et brandir le bouclier de la laïcité contre cette infâme intrusion d'un lobby tentaculaire ! (Note : Pensez bien à dissimuler le fait que vous &lt;a href="http://www.rue89.com/2011/09/01/questions-de-genre-des-cathos-activistes-aux-deputes-reacs-220167"&gt;reprenez largement&lt;/a&gt; les &lt;a href="http://www.liberation.fr/societe/01012353222-l-homosexualite-enseignee-a-l-ecole-une-pilule-qui-passe-mal"&gt;arguments des associations catholiques&lt;/a&gt;, ça ferait tout de suite moins crédible.) Ah, et ajoutez "formes de" devant "sexualités". Une "forme de" quelque chose, paradoxalement, ça a tout de suite l'air plus informe, donc moins normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pour terminer, histoire de désigner l'ennemi à la vindicte populaire, &lt;a style="font-weight: bold;" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/identite-sexuelle-80-deputes-ump-veulent-le-retrait-de-manuels-scolaires_1025254.html"&gt;ne parlez pas d'études sur le genre, mais de "théorie du genre"&lt;/a&gt;. Peu importe que le genre ne soit pas une théorie mais une notion employée couramment par les sciences humaines depuis plusieurs dizaines d'années (par exemple, lorsqu'un historien veut expliquer pourquoi un Romain se sent viril en toge, tandis qu'un homme du Moyen âge porte volontiers ces sortes de collants appelés "&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chausse"&gt;chausses&lt;/a&gt;" et qu'un Ecossais porte le kilt sans problème, il ne peut que recourir à la notion de genre pour expliquer pourquoi les coutumes et usages attachés à la masculinité sont si différents d'une époque et d'un pays à l'autre). &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;En employant le mot de "théorie" à ce sujet, vous allez renvoyer tout ça dans l'abstraction pure, présenter toutes ces notions comme un pur échafaudage dépourvu de tout rapport avec le monde concret&lt;/span&gt;, et qu'un cerveau téméraire aurait inventé avant de vouloir le plaquer sur la réalité.&lt;br /&gt;En plus, avec un peu de chance, vous arriverez à semer encore la confusion dans les esprits en faisant confondre aux gens les &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;études universitaires sur le genre&lt;/span&gt; avec la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;théorie &lt;span style="font-style: italic;"&gt;queer&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, qui n'est pas du tout une discipline universitaire mais un courant de réflexion politique, dont la plus fameuse représentante est Judith Butler (son ouvrage fameux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Trouble dans le genre&lt;/span&gt; est paru aux Etats-Unis en 1990). Comme les deux utilisent les mêmes concepts de base, vous n'aurez aucun mal à faire passer tous les gens qui utilisent le mot "genre" pour d'affreux militants qui essaient de contaminer les gens avec leurs idées louches !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et il est temps de pousser les choses à fond. Car en faisant cela, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;vous avez employé pour les sciences humaines le même vocabulaire que celui employé pour les sciences expérimentales&lt;/span&gt; (comme on parle de la théorie de l'évolution de Darwin, par exemple). La comparaison est absurde, puisque les méthodes, les preuves, et tout ce qui permet de distinguer à coup sûr un raisonnement scientifique rigoureux d'une élucubration fantaisiste, sont évidemment très différentes en sciences humaines et en sciences expérimentales. Mais comme beaucoup de gens ignorent comment des historiens ou des sociologues prouvent leurs affirmations, la comparaison desservira les sciences humaines. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pour pousser votre avantage, il ne vous reste plus qu'à citer pêle-mêle la philosophie et la sociologie (ça n'a rien à voir au niveau des méthodes et des preuves ? Aucune importance !), puis à conclure en beauté : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/identite-sexuelle-80-deputes-ump-veulent-le-retrait-de-manuels-scolaires_1025254.html"&gt;"pas scientifique"&lt;/a&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; !&lt;/span&gt; Autrement dit, désolé les gars, mais partout où il n'y a pas de chiffres, on le sait très bien, c'est juste du bla-bla. Vous n'avez rien dit, rien prouvé, même pas esquissé l'ombre d'un argument rigoureux, et vous avez tout mélangé ? Peu importe, ce qui compte est l'idée générale : le genre, la sociologie et les sciences humaines en général, c'est du bla-bla, ça ne prouve rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-OZFCBo3L2Yo/TmFJKv7x2uI/AAAAAAAAAOI/5NoP5q8rmxw/s1600/468px-Karl_Popper.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 250px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-OZFCBo3L2Yo/TmFJKv7x2uI/AAAAAAAAAOI/5NoP5q8rmxw/s320/468px-Karl_Popper.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5647875856714029794" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lui, c'est &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper"&gt;Karl Popper&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; (1902-1994, ici autour de 1980). Il n'a rien à voir avec les études sur le genre. En revanche, il s'est beaucoup intéressé au problème de savoir comment vérifier qu'une affirmation peut prétendre au rang de connaissance scientifique solide. Il a employé en particulier la notion de &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9futabilit%C3%A9"&gt;réfutabilité&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; pour distinguer science et pseudo-science. Et il n'y a pas que lui, puisque l'&lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pist%C3%A9mologie"&gt;épistémologie&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; dans son ensemble s'intéresse à ces questions.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Mais alors, tonnerre, les sciences humaines aussi peuvent produire des connaissances scientifiques solides ? Epatant ! (Source de l'image : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Karl_Popper.jpg"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;5. Pour conforter votre auditoire dans son ignorance, appelez-en à son chauvinisme. &lt;/span&gt;Les études sur le genre ont des précurseurs en France, entre autres dans les écrits de Simone de Beauvoir : son fameux &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;"On ne naît pas femme, on le devient"&lt;/span&gt;, dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Deuxième Sexe&lt;/span&gt; (publié en 1949) est déjà une évocation indirecte du genre, puisque par "femme", elle entend ici, non pas le sexe biologique (car oui, Simone de Beauvoir savait que les bébés garçons et les bébés filles ne sont pas faits pareils...), mais le statut social et le rôle social des femmes adultes, auxquels on les prépare pendant leur éducation.&lt;br /&gt;Il se trouve que, comme c'est régulièrement le cas dans la circulation des idées, ces concepts ont été développés et approfondis à l'étranger, aux Etats-Unis, au cours des années 1970, avant de repasser l'Atlantique pour être repris par les universitaires européens (ce qui n'empêche pas les études de genre d'offrir des tableaux différents et des développements différents selon les pays).&lt;br /&gt;La libre circulation des idées scientifiques à travers le monde est une réalité d'une banalité affligeante depuis la nuit des temps. Mais les gens à qui vous parlez ne doivent pas y penser, et il ne faut surtout pas qu'ils élargissent leur réflexion à d'autres sociétés ou à d'autres époques : l'essentiel est qu'ils adhèrent sans réserve aux valeurs que vous voulez leur faire conserver à tout prix. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vous ne leur direz donc pas que la notion d'orientation sexuelle, par exemple, est nettement plus ancienne puisqu'elle a été inventée par les psychologues au XIXe siècle, et n'a donc rien d'une nouvelle théorie à la mode.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Vous avez déjà bien distordu les termes du débat afin d'ôter à vos interlocuteurs toute chances de bien comprendre le sujet. Mais une touche de chauvinisme n'est jamais malvenue dès qu'il s'agit de refermer les esprits. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Alors, &lt;a href="http://www.depute-mallie.com/assembleenationale/depute/file/lettre-commune-sur-la-therie-du-gender-30-aout-2011-.pdf"&gt;prétendez que toute la purée de concepts que vous leur donnez à détester vient de l'étranger, que tout ça a été inventé aux Etats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Vous comptez bien qu'une bouffée d'anti-américanisme aveugle fera le reste, tant il est vrai qu'il faut rejeter tout ce que produit un pays en bloc, sans chercher à distinguer le bon grain de l'ivraie.&lt;br /&gt;Histoire de parfaire la confusion, allez jusqu'à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;employer les mots anglais alors que les mots français équivalents existent&lt;/span&gt;, par exemple en parlant de &lt;a href="http://www.depute-mallie.com/richardmallie369.html"&gt;"théorie du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;gender&lt;/span&gt;"&lt;/a&gt; au lieu de "genre". Cela évitera aux gens qui ne parlent pas anglais de comprendre de quoi on parle. Et cela terminera de rejeter le concept du côté de l'étranger. Il est vrai que toutes les idées ont des nationalités et qu'une idée étrangère n'a rien à faire en France (de même que les droits de l'Homme, idées occidentales, n'ont, selon la même logique, rien à faire en Chine).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-uUUjS1eDM4g/TmFKeQktiTI/AAAAAAAAAOQ/QmBO5l__zDY/s1600/385px-Sartre_and_de_Beauvoir_at_Balzac_Memorial.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 206px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-uUUjS1eDM4g/TmFKeQktiTI/AAAAAAAAAOQ/QmBO5l__zDY/s320/385px-Sartre_and_de_Beauvoir_at_Balzac_Memorial.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5647877291404790066" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Simone de Beauvoir m'écoutant lui expliquer que son livre&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Deuxième Sexe lui a probablement été envoyé tout écrit par des agents spatio-temporels américains venus des années 2000. Zut, elle réclame des preuves...&lt;br /&gt;(Source de l'image : &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Sartre_and_de_Beauvoir_at_Balzac_Memorial.jpg"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;6. Pour parachever votre oeuvre, n'oubliez jamais : expliquez aux gens des choses fausses, renvoyez-les à leur bon sens, et éveillez leur méfiance envers les scientifiques. C'est le meilleur moyen de les persuader qu'ils n'ont pas besoin de s'instruire.&lt;/span&gt; Et, de cette façon, tout ce qu'on pourra dire pour vous réfuter sera déjà frappé de soupçon, et il faudra des trésors de patience et de clarté à vos adversaires pour réfuter une seule de vos énormités.&lt;br /&gt;Bien entendu, votre stratégie ne fonctionnera pas avec les gens capables de vérifier vos affirmations. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mais cette déformation méthodique et systématique des faits mettra facilement dans votre poche les gens les moins cultivés, ceux dont le bagage d'études est léger, et qui n'auront pas accès aux écrits capables de leur faire comprendre à quel point vos arguments sont déshonnêtes.&lt;/span&gt; Ceux-là sont les plus sensibles aux théories du complot de toute sorte, et ils auront vite fait de se méfier excessivement des scientifiques ("Ils ne sont pas d'accord entre eux ? C'est qu'ils ne savent rien de certain, je ne les crois pas ! Ils sont d'accord entre eux sur quelque chose ? Forcément, ils se soutiennent tous les uns les autres, c'est une corporation : je ne les crois pas non plus !").&lt;br /&gt;Enfin, vos propos marcheront particulièrement bien sur tous ceux dont les préjugés et les connaissances limitées les mettent déjà à moitié de votre côté : vous leur direz ce qu'ils ont envie d'entendre, et ils n'iront pas gratter sous la surface de vos mensonges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Conclusion&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les propos et les actions de ces quatre-vingts "protestataires" achèvent d'apparaître comme  impardonnables et révulsants lorsqu'on se rappelle qu'ils proviennent de personnes qui,  par l'éducation qu'elles ont reçue et par les responsabilités qui leur  sont confiées, ont au contraire le devoir d'incarner ces valeurs  d'honnêteté intellectuelle et d'encourager l'instruction publique - car  ces personnes, lorsqu'elles entreprennent une opération de  désinformation à grande échelle, ne peuvent qu'être parfaitement  conscientes de ce qu'elles font.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans de telles situations,  l'auditeur lésé et révolté, s'il n'est pas suffisamment instruit, peut  être tenté de coller tout simplement un bon coup de pied aux postérieurs  de ceux qui se paient ainsi la tête de tout le monde. L'éducation étant  une belle et grande chose, nous épargnerons ici ces coupables fessiers. L'important était de dénoncer comme tels leurs mensonges et leurs propos retors, d'avertir les oreilles ignorantes ou simplement  insouciantes dans lesquelles ils peuvent faire le plus de  dégâts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'espère avoir montré, en dehors de toute question de clivage politique, pour quelles raisons précises les propos de ces élus trahissent un mépris complet à l'égard, non seulement des sciences humaines que j'étudie, mais des valeurs les plus basiques de la démocratie républicaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Il n'est simplement pas tolérable que  des personnes qui ont revendiqué la charge de représentants de l'Etat se  complaisent de cette façon à entraver délibérément la diffusion auprès  du grand public de ce qui reste, ne leur en déplaise, un savoir  scientifique dûment éprouvé et confirmé. En agissant ainsi, ils  discréditent les positions qu'ils prétendent défendre, trahissent les  gens qui les ont élus, et font honte à la charge qui leur a été  temporairement confiée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'adhérez pas à ces bobards. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Allez lire les manuels en question. Allez lire les articles de journaux qui paraissent en ce moment sur le sujet, allez lire des manuels universitaires. Renseignez-vous par vous-mêmes. &lt;/span&gt;Vous verrez que ces "protestataires" sont des menteurs, que les études sur le genre sont rigoureuses (et accessoirement passionnantes), et qu'elles ne sont nullement dangereuses, ni pour les enfants ou les adolescents, ni pour la société. Bien au contraire, elles permettent de comprendre avec plus de précision les sociétés passées et le monde actuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cas où je ne vous aurais pas convaincus, je vous invite à aller lire le décortiquage des propos des "protestataires" par le philosophe et psycho-sexologue David Simard &lt;a href="http://www.rue89.com/2011/08/31/genre-sexe-orientation-sexuelle-les-deputes-ump-confondent-tout-219988"&gt;sur rue Rue89&lt;/a&gt;, l'économiste Françoise Milewski (spécialiste des études de genre) &lt;a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/il-existe-un-ordre-sexue-dans-la-societe_1025287.html"&gt;dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Express&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, le sociologue Eric Fassin (spécialiste des études de genre et des questions de discrimination) &lt;a href="http://www.tetu.com/actualites/france/eric-fassin-les-deputes-confondent-genre-et-sexualite-20077"&gt;interrogé par Tetu.com&lt;/a&gt;. Le directeur de Sciences Po, lui, y voit dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt; &lt;a href="http://www.liberation.fr/societe/01012357583-manuels-de-sciences-c-est-une-polemique-creee-de-toutes-pieces"&gt;"une polémique montée de toutes pièces"&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Et, s'il vous faut de la quantité, allez donc voir &lt;a href="http://www.institutemilieduchatelet.org/Enseigner_le_genre.html"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;la pétition lancée en faveur de l'enseignement du genre à l'école par l'Institut Emilie du Châtelet&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, une fédération qui rassemble "le Muséum national d'Histoire naturelle, le CNRS, l'Institut national d'Études démographiques (INED), la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP), l'Université Paris Diderot-Paris 7, l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, l'Université Paris-Sud 11, l'École des Hautes Études en Sciences sociales (EHESS) Paris, l'École des Hautes Études commerciales (HEC) Paris, l'École normale supérieure Paris, l'Université Paris Est Créteil (UPEC), l'Université Paris 8, l'Université Paris Sorbonne (Paris 4), l'Université Pierre et Marie Curie (UPMC), l'Université Paris Nord 13, l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mise à jour le 19 septembre : Je ne peux que partager et relayer les arguments avancés par les chercheurs signataires de la tribune parue dans le Monde le 17 septembre, "Contre un savoir partisan, le parti du savoir", consultable &lt;a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/eric-fassin/170911/genre-et-svt-contre-un-savoir-partisan-le-parti-du-savoir"&gt;ici sur le blog Mediapart du sociologue Eric Fassin&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Bibliographie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous voulez savoir sur quoi je fonde les propos que je tiens sur les études de genre dans ce billet, ou tout simplement si vous avez envie de creuser un peu la question, voici mes principales sources en la matière :&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard, &lt;i&gt;Introduction aux&lt;/i&gt; gender studies. &lt;i&gt;Manuel des études sur le genre&lt;/i&gt;, Bruxelles, De Boeck, 2008, 247 p. (Manuel universitaire retraçant l'histoire de ces concepts et leur emploi dans différentes disciplines pour étudier différents domaines de société : la vie conjugale, l'école, le travail, la politique, etc.)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Irène Théry, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Distinction de sexe. Une nouvelle approche de l'égalité&lt;/span&gt;, Odile Jacob, 2007, 676 p. (Une étude approfondie des fondements de la distinction entre hommes et femmes, mobilisant à la fois les ressources des sciences expérimentales et celles des sciences humaines. Ses conclusions ne m'ont pas entièrement convaincu, mais la réflexion menée est passionnante.)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;David Halperin, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec&lt;/span&gt;, EPEL, 2000, 317 p. (Première édition en anglais : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;One Hundred Years of Homosexuality&lt;/span&gt;, 1990.) (Plusieurs études sur l'amour et la sexualité grecques antiques.)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Eva Cantarella, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bisexuality in the Ancient World&lt;/span&gt;, Yale University Press, 2e édition, 2002, 286 p. (Première édition en italien : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Secundo natura&lt;/span&gt;, 1988.) (Une synthèse de référence sur l'amour et la sexualité dans l'Antiquité gréco-romaine.)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Pas un ouvrage d'études de genre, mais un rapport qui a le mérite de faire le point sur les discriminations actuelles en France : SOS Homophobie, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Rapport sur l'homophobie 2011&lt;/span&gt;, &lt;a href="http://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_annuel_2011.pdf"&gt;consultable en pdf&lt;/a&gt; sur le &lt;a href="http://www.sos-homophobie.org/"&gt;site de l'association&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;span onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 8);ButtonMouseDown(this);" class="" style="display: block;" id="formatbar_CreateLink" title="Lien"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-160560589999347557?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/160560589999347557/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/09/le-genre-attaque-ou-comment-maintenir.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/160560589999347557'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/160560589999347557'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/09/le-genre-attaque-ou-comment-maintenir.html' title='Le genre attaqué (ou comment maintenir le bas peuple dans l&apos;ignorance et manipuler les esprits en 80 signatures)'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-FVJFIhqrCj4/TmFHblTrbAI/AAAAAAAAAN4/uY3VzGybfxY/s72-c/422px-Louis_XIV_of_France.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-4718597522058591032</id><published>2011-07-14T18:22:00.005+02:00</published><updated>2011-07-14T18:24:39.938+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité sur scène'/><title type='text'>"Agamemnon" de Sénèque à la Comédie Française</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;21 mai-23 juillet 2011 &lt;br /&gt;Mise en scène&amp;nbsp;: Denis Marleau&lt;br /&gt;Traduction&amp;nbsp;: Florence Dupont&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La représentation d’une pièce de Sénèque à la Comédie-Française est un événement qui en soi vaut bien un article. Il le mérite d’autant plus si l’on songe qu’avec cette pièce, c’est le théâtre latin lui-même qui entre au répertoire du prestigieux théâtre parisien. Aussi étrange que cela puisse paraître, vous pouvez chercher Plaute ou Térence dans les archives du temple des «&amp;nbsp;classiques&amp;nbsp;»&amp;nbsp;&amp;nbsp; que représente la très conservatrice Comédie, vous ne les y trouverez pas&amp;nbsp; (si ce n’est sous forme de cycles radiophoniques enregistrés en 1993). Ironie du sort, même le très jeune théâtre américain, avec Tennessee Williams et &lt;i&gt;Un Tramway nommé Désir&lt;/i&gt;, aura finalement précédé (de quelques mois seulement il est vrai) les très vieux Romains sur la place Colette.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est donc finalement à Sénèque le Tragique, sans doute encore moins connu du grand public que ses collègues comiques, et à une pièce, &lt;i&gt;Agamemnon&lt;/i&gt;, qui ne compte pas parmi ses œuvres les plus célèbres (comparée, par exemple, à sa &lt;i&gt;Médée&lt;/i&gt; ou à sa &lt;i&gt;Phèdre&lt;/i&gt;), que l’honneur du primat aura été accordé. Timidement accordé d’ailleurs, puisque la pièce ne sera pas reprise la prochaine saison. Pour ceux qui n’auraient donc pas eu le temps de s’y précipiter, voici un petit aperçu de cet Agamemnon latin vu par le québécois Denis Marleau.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://a6.idata.over-blog.com/615x642/0/28/08/82/Mars-2011/agamemnon-affiche.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://a6.idata.over-blog.com/615x642/0/28/08/82/Mars-2011/agamemnon-affiche.jpg" width="306" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le prologue de la tragédie, qui laisse la parole au fantôme de Thyeste, père d’Egisthe venu exhorter ce dernier à venger les crimes d’Atrée sur son fils Agamemnon (Atrée avait fait dévorer à Thyeste ses propres enfants, à l’exception, justement d’Egisthe) est déjà un défi pour le metteur en scène qui en l’occurrence, en tire un parti habile. Plutôt que d’incarner le spectre sous les traits livides d’un acteur outrageusement grimé pour l’occasion, ou de recourir aux effets «&amp;nbsp;spéciaux&amp;nbsp;» que permettent les moyens audiovisuels modernes, Denis Marleau a choisi d’exploiter un élément ornemental de l’architecture du théâtre, une des caryatides masculines au torse imposant et à la barbe patriarcale situées côté jardin. Le prologue se déroule ainsi dans un noir d’encre d’où seul émerge le spectre-statue, sorte de Commandeur d’un nouveau genre surgi des enchevêtrements du décor, révélé et individualisé par la lumière. Le procédé est bien en accord avec la dramaturgie «&amp;nbsp;baroque&amp;nbsp;» de Sénèque, et l’effet d’autant plus réussi que la voix, évidemment caverneuse, du fantôme, semble véritablement surgir de la statue. Lorsque le prologue s’achève, le spectre s’évanouit dans l’ombre de la salle, d’où son invisible présence peut continuer à peser sur l’ensemble de l’action.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le spectre disparu, c’est le chœur qui apparaît, un chœur dont la traduction scénique est sans doute le principal intérêt de la mise en scène. Les choreutes, en effet, ne sont pas physiquement présents sur scène, ni individualisés par des acteurs distincts de ceux qui jouent les différents personnages, mais évoqués par la projection démultipliée du visage d’un même acteur sur des masques-écrans géants disposés sur un panneau en fond de scène. Le dispositif joue sur une habile tension entre répétition à l’identique et discrète variation. Les visages projetés simultanément présentent ainsi les uns par rapport aux autres un léger décalage dans les regards, les froncements de sourcils, les mimiques, mais aussi dans les paroles, qui se chevauchent un peu. Original et esthétique, le dispositif combine ingénieusement les moyens techniques les plus modernes avec le souvenir des masques antiques. En même temps, il se présente comme une&amp;nbsp; astucieuse solution à l’éternel problème de l’ambiguïté du chœur antique, qui oscille toujours entre somme d’individualités et groupe unifié, voix unanime et plurielle. Le chœur, ou plutôt les chœurs, de Denis Marleau apparaît comme une multitude impersonnelle et virtuelle émergeant d’une identité singulière, une voix collective qui transcende la voix individuelle&amp;nbsp;: à travers le sujet unique et singulier, c’est le groupe tout entier auquel il appartient –groupe uni par une même condition, un même sort, une même origine, un même sexe- qui parle. Agamemnon (Michel Favory) et la nourrice (Cécile Brune) se font ainsi la voix de tous les Mycéniens et toutes les Mycéniennes, Cassandre (Françoise Gillard), celle de toutes les captives troyennes anonymes. Faut-il en outre accorder une signification particulière au fait que les visages du chœur apparaissent sur un fond d’écran dont les motifs évoquent discrètement un rideau de théâtre&amp;nbsp;? Peut-être peut-on voir dans ce nouvel élément baroque une allusion à la position marginale du chœur dans la tragédie latine (bien plus encore que dans la tragédie grecque), arrêté sur les marges de l’action qu’il contemple et commente à distance.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/files/2011/05/110524_l0s8j_agamemnon-marleau_4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://passouline.blog.lemonde.fr/files/2011/05/110524_l0s8j_agamemnon-marleau_4.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les décors scéniques sont quant à eux simples et efficaces. Ils consistent essentiellement en quelques panneaux-filets noirs qui, en coulissant, modifient la configuration spatiale de la scène, et dévoilent tour à tour les personnages. Ainsi, ces derniers n’entrent jamais à proprement parler en scène&amp;nbsp;; c’est le décor qui s’efface pour les laisser apparaître derrière les filets qui, dès avant le début de l’action, les tenaient déjà prisonniers. Ces noirs enchevêtrements de mailles, dont le symbolisme peut sembler un peu simpliste (d’autant que, comme on pouvait s’y attendre, ils s’abattent, à la fin de la pièce, sur les survivants de la tragédie, eux aussi condamnés à plus ou moins long terme), sont cependant justifiés dans la mesure où ils traduisent scéniquement la métaphore poétique du meurtre comme chasse pervertie, que Sénèque emprunte à Eschyle.&amp;nbsp; Le reste de la scénographie se résume pour l’essentiel à un autel côté jardin, et deux chaises côté cour, où s’écroulent successivement Clytemnestre puis Egisthe. Il faut également y ajouter les jeux de lumières, qui isolent notamment, dans la première scène l’espace de la nourrice, éclairé par une lumière jaune en harmonie avec la robe de celle-ci,&amp;nbsp; de celui de Clytemnestre, obscur et bleuté, également aux couleurs de sa robe&amp;nbsp;: moderatio lumineuse du bon sens commun d’un côté, sombre furor de la démesure tragique de l’autre.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Concernant le jeu des acteurs, je passerai vite sur un reproche qui n’a été épargné au spectacle (à juste titre d’ailleurs) par aucune critique, à savoir la vitesse du débit. S’il peut par endroits être justifié au nom du renforcement de la tension tragique, de la pression du temps qui pèse sur le destin des personnages, il a en général pour seul effet d’empêcher&amp;nbsp; de bien saisir les beautés du texte poétique de Sénèque. C’est tout particulièrement le cas pour le long récit du messager Eurybate, qui relate et décrit la tempête où s’est perdue une partie de la flotte grecque à son retour de Troie&amp;nbsp;; ce qui est d’autant plus regrettable que la diction expressive de&amp;nbsp;Michel Vuillermoz rend par ailleurs justice au texte.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Outre ce défaut d’ensemble, le jeu des acteurs en lui-même n’est pas toujours entièrement convaincant. Celui de Clytemnestre (Elsa Lepoivre) n’est certes pas dépourvu de nuances.&amp;nbsp; En particulier, l’actrice souligne bien le passage de la souffrance, le dolor, à la fureur tragique, le furor d’où naît le crime –un passage qui, comme l’a montré Florence Dupont, détermine la structure des tragédies de Sénèque-, la transformation de la mère éplorée par la perte de sa fille Iphigénie en épouse meurtrière, mais sans jamais atteindre la stature terrifiante d’un monstre tragique. Clytemnestre, et plus encore Egisthe (Hervé Pierre), dans leurs costumes contemporains (mais assez neutres pour ne pas sembler excessivement «&amp;nbsp;modernes&amp;nbsp;») restent des gens comme tout le monde, des «&amp;nbsp;bourgeois&amp;nbsp;» dont l’affrontement prend des allures de scène de ménage. Certes, Clytemnestre est plus vacillante dans sa détermination au crime que d’autres héroïnes de Sénèque, certes Egisthe, depuis les tragiques grecs, est dépeint comme un efféminé, vil et lâche (chez Sénèque, qui y va sans détour, il est qualifié de «&amp;nbsp;semivir&amp;nbsp;», littéralement «&amp;nbsp;demi-homme&amp;nbsp;»), mais est-il pour cela nécessaire de représenter l’usurpateur du trône de Mycènes pleurant comme un enfant dans le giron de sa maîtresse pour la supplier de tuer son époux&amp;nbsp;? Qu’Egisthe apparaisse comme un bouffon, c’est une chose, mais le bouffon (du moins je crois), doit rester inquiétant, le comique doit rester grinçant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cassandre,&amp;nbsp; la mythique prophétesse, dont la seconde vue revêt d’autant plus d’importance, chez Sénèque, qu’elle met le personnage en mesure de décrire «&amp;nbsp;en direct&amp;nbsp;» au chœur, et bien sûr au public, le meurtre qui se joue en secret à l’intérieur du palais, laisse elle aussi une impression mitigée. En dépit de l’indéniable maîtrise technique dont fait preuve l’actrice, les tremblements et tressaillements de son corps affaissé au sol, ou au contraire dressé sur l’autel ne parviennent pas à dire autre chose qu’un désordre physique, à suggérer l’irruption de la transcendance dans la chair de la prophétesse, la possession divine. L’&lt;i&gt;Agamemnon&lt;/i&gt; de Denis Marleau, enfin, est un personnage effacé et sans prestance, mais qui correspond en fait assez bien à l’évanescent Agamemnon de Sénèque, qui en dépit de son&amp;nbsp; statut d’éponyme, ne fait qu’une fugitive apparition sur scène où il n’entre que pour mieux disparaître, victime inconsciente du sort qui l’attend.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.artistikrezo.com/images/stories/redac3/Agamemnon_-_Seneque.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://www.artistikrezo.com/images/stories/redac3/Agamemnon_-_Seneque.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si les réserves que je viens de mentionner restent relativement subjectives, et n’affectent qu’en surface la qualité de l’ensemble, il est cependant une scène véritablement ratée, qui dépare fâcheusement le spectacle. Il s’agit de l’entrée en scène d’Electre (Julie Sicard), qui, venant d’assister horrifiée au meurtre de son père, confie en cachette son petit frère Oreste à Strophios, l’hôte de la famille. Dans la mise en scène proposée, Electre, à quatre pattes par terre, dissimule sous un pan de son vêtement deux mannequins articulés, un grand et petit, respectivement Strophios et Oreste, qu’elle manipule comme des marionnettes en récitant –plus rapidement que jamais- son propre rôle et celui de Strophios. Si le «&amp;nbsp;sens&amp;nbsp;» de ce dispositif est aisé à comprendre&amp;nbsp;(éloignement précipité et à la dérobée de l’enfant passif, statut «&amp;nbsp;hors-intrigue&amp;nbsp;» de Strophios qui n’est pas personnellement impliqué par l’action, mais n’y surgit que comme sauveur), le résultat sur scène est passablement ridicule, et donne l’impression d’un épisode bâclé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je finis donc sur une note négative mon compte-rendu d’un spectacle qui, quoiqu’inégal, marque cependant plus par ses trouvailles originales que par ses imperfections et ratées.&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Bien mais peut mieux faire&amp;nbsp;» serait l’appréciation générale pour cette première pièce latine à la Comédie Française. A quand le mieux&amp;nbsp;?&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp;Il y a deux chœurs dans la pièce de Sénèque, un chœur de femmes mycéniennes, et un de femmes troyennes. Denis Marleau dédouble le premier chœur en un chœur masculin et un chœur féminin, qui apparaissent en alternance.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;Sénèque, Agamemnon, v. 890-896&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mais lui [Agamemnon], comme un sanglier hérissé dans les forêts profondes, même prisonnier des rets, cherche pourtant à s’en échapper et resserre ses liens en se débattant dans une vaine fureur, veut séparer les plis qui flottent de toutes parts et l’aveuglent et, tout entortillé, cherche son ennemi&amp;nbsp;» (trad. F. R. Chaumartin, Les Belles Lettres).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;b&gt;Sorayya&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-4718597522058591032?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/4718597522058591032/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/07/agamemnon-de-seneque-la-comedie.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4718597522058591032'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4718597522058591032'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/07/agamemnon-de-seneque-la-comedie.html' title='&quot;Agamemnon&quot; de Sénèque à la Comédie Française'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-5153587930175676607</id><published>2011-07-04T21:14:00.001+02:00</published><updated>2011-07-04T21:15:15.307+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thèse antithèse foutaises'/><title type='text'>Mea maxima culpa</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hein ? quoi ? comment ? ça fait presque deux mois que rien n'a été posté ici ? Attendez, laissez-moi vérifier la date... Ah oui, c'est vrai, désolée... Euh... que pourrais-je avancer pour ma défense...? La fin de l'année universitaire... Quinze jours en Italie début juin (bon point : j'ai ramené PLEIN de photos de Rome ! mes épaules cramées jusqu'à l'os auraient pu vous en dire quelque chose !)... Une reprise fébrile de ma thèse pour cause de Tacite au programme de l'agrèg' (&lt;i&gt;Annales&lt;/i&gt;, livres I et II ; hein ? quoi ? j'ai travaillé sur les &lt;i&gt;Histoires&lt;/i&gt; toute cette année ? une minute : je sors hurler à la mort dans le couloir et je reviens)... Bref, je n'ai pas exactement passé mon temps les doigts de pieds en éventails... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je m'excuse donc très très beaucoup et je vous promets que ce blog sera plus fourni l'an prochain ! Car l'an prochain, ce sera :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;ol style="text-align: justify;"&gt;&lt;li&gt;la Quête Désespérée de l'Article à Publier (j'ai envoyé une proposition pour un colloque intéressant, même si peu en rapport avec mon sujet, mais je n'ai toujours pas de réponse ; à mon avis, c'est râpé) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;le Retour de la Leçon sur la Ponctuation (et en double exemplaire, s'il vous plaît ! vu que, pour cause de remaniement obligé de l'ensemble des services, mon cours de latin est passé à mon Chef et que je me retrouve avec deux groupes d'expression écrite) ;&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;le Grillage de Cerveau pour essayer de tirer très vite quelque chose des &lt;i&gt;Annales&lt;/i&gt; dans le cadre de la Quête Désespérée ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la Question Existentielle de Savoir si Je Prépare ou non un Dossier pour l'Ecole Française de Rome (projet qui devrait déclancher un OUIIIII enthousiaste et inconditionnel, alors qu'en réalité l'idée de partir deux mois quand mon copain vient &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; s'installer à Paris me fait assez rire jaune - je suis une folle ingrate et universitairement suicidaire, je sais).&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et aussi : un nouveau colloque qui s'annonce, où je suis partie pour jouer les plantes vertes faiseuses de sandwichs et peuplé de gens qui ne bossent &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; sur mon sujet ! En bref : fun, fun, fun.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sur ce (ce fut bref, mais intense, je sais), j'y vais : j'ai un Othon à tuer et une des mes voisines est en train de passer un savon fort intéressant à son mec (ne jamais, jamais, jamais parler un peu fort à côté de la fenêtre : tout le monde en profite ! Remarquez, ça permet de se rendre compte que le voisin du dessous rame toujours comme une bête pour draguer son Américaine glousseuse en série - ce qui s'explique peut-être par le fait que son anglais n'a pas progressé d'un poil en un an) !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-5153587930175676607?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/5153587930175676607/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/07/mea-maxima-culpa.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5153587930175676607'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5153587930175676607'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/07/mea-maxima-culpa.html' title='Mea maxima culpa'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total><georss:featurename>Paris, France</georss:featurename><georss:point>48.856614 2.3522219000000177</georss:point><georss:box>48.813328 2.229360900000018 48.8999 2.4750829000000176</georss:box></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-6889022353991055608</id><published>2011-05-15T11:48:00.000+02:00</published><updated>2011-05-15T11:48:50.187+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Articlologie'/><title type='text'>Articologie 5 : "Yo, mon pote ! T'es cool !"</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cette semaine, n'écoutant que mon Courage et ma Détermination, je me suis colletée à mon pire cauchemar : les articles en allemand. Je crains que &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2009/10/soyez-multilingues-quy-disaient.html"&gt;mes démêlés&lt;/a&gt; avec cette chère langue de Goethe ne commencent à devenir à la fois épiques et légendaires, mais il se trouve qu'en lisant un article sur Othon, j'ai déniché un Nid de références germaniques, a priori intéressant, à propos de Galba.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Même si ciel m'est donc plus ou moins tombé sur la tête, il n'y a pas de pétard, quand il faut y aller, il faut y aller. J'y suis donc allée, plus comme une victime à l'abattoir que la fleur au fusil, accompagnée d'une Nouvelle Angoisse Existentielle : "Bon sang, pourvu qu'il y ait un dico allemand de libre et, si possible, pas en caractères gothiques" (car, oui, à l'ENS, on a encore des dictionnaires allemands en caractères gothiques, sur lesquels on pourrait inscrire, à la manière de messages publicitaires : "Migraine absolument ga-ran-tie au bout de vingt minutes !!!"). &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me suis donc installée dans un coin tranquille avec mes deux Volumes, j'ai pris une profonde inspiration et je me suis lancée... Vingt-cinq pages à lire, étant donné que ma moyenne est de trois pages à l'heure, je vous laisse calculer le temps que j'ai passé avec mon nouvel ami, un dénommé Büchner.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Eh bien figurez-vous que ledit Büchner aussi avait un ami. Et même que c'était celui en l'honneur duquel les articles du bouquin que je lisais avaient été rassemblés. Et, Büchner, quand il a un ami, il le dit et il n'y va pas avec le dos de la cuillère : « Aaaaah... Bidule ! Je me souviens, quand nous étions jeunes, nous dissertions sur la question d'anachronisme, sur laquelle Humbolt a dit (suivait un gros paragraphe sur Humbolt, sa vie, son oeuvre) ! Tu étais un grand fou, à l'époque, et moi, je brûlais d'avoir ta sagesse ! » &lt;i&gt;Ad libitum&lt;/i&gt; sur cinq pages, ce que j'ai moyennement apprécié, étant donné que j'y ai perdu presque deux heures à déchiffrer laborieusement un texte sans aucun rapport avec ce qui m'intéressait (sujet qui, au final, tenait dans les cinq dernières pages, digression sur Salluste aidant).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Conclusion : j'ai encore un article contenu dans un &lt;i&gt;Festschrift&lt;/i&gt; des années 60 à dépouiller en BN ; je me demande si une Préparation Psychologique Supplémentaire ne serait pas de rigueur...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://farm1.static.flickr.com/7/11103892_f57d05a21e.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="220" src="http://farm1.static.flickr.com/7/11103892_f57d05a21e.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-6889022353991055608?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/6889022353991055608/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/articologie-5-yo-mon-pote-tes-cool.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/6889022353991055608'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/6889022353991055608'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/articologie-5-yo-mon-pote-tes-cool.html' title='Articologie 5 : &quot;Yo, mon pote ! T&apos;es cool !&quot;'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm1.static.flickr.com/7/11103892_f57d05a21e_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-8388009580351290121</id><published>2011-05-08T11:04:00.002+02:00</published><updated>2011-05-15T11:20:59.001+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Du bon côté du bureau'/><title type='text'>Je suis mauvaise langue (mais j'avais des raisons de me méfier)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec le joli mois de mai, commence, dans ma fac, la valse des "formations doctorales". K'es acó ? Contrairement à ce que le nom pourrait faire croire, il ne s'agit pas de vous apprendre à faire votre thèse (enfin, pas totalement), mais de vous aider, vous doctorants, à faire cours.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avant, ce genre de formation était assuré par les CIES (Centres d'Initiation à l'Enseignement Supérieur) - ça l'est toujours dans certaines facs - qui, selon l'académie où ils se trouvaient, avaient plus ou moins bonne réputation, selon le degré de théorisation "Educ'nat'" que contenaient leurs cours : "Enseigner avec aisance grâce au théâtre", "Théorisation de l'apprenant", "Mathématiques et développement personnel", etc, etc. L'écho que j'en avais eu, c'était qu'il s'agissait de cours théoriques et farfelus, à mille lieues des problèmes concrets, jargonnants et, surtout, royalement chiants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://idata.over-blog.com/3/67/60/26/DIVERS.OURS.FRIMOUSSES/prof-ecoute.gif" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://idata.over-blog.com/3/67/60/26/DIVERS.OURS.FRIMOUSSES/prof-ecoute.gif" width="292" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai donc poussé un soupir de soulagement en apprenant que ma fac avait rompu son contrat avec eux, "parce que ça commençait à bien faire", et se chargeait directement de ça. Le problème, c'est que, le temps de mettre quelque chose en place, les premières séances ont eu lieu fin mars (donc après qu'on ait déjà passé &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/10/premiers-cours.html"&gt;l'Epreuve du Feu&lt;/a&gt;), avec quelques petits ratés ("Tous les première année doivent suivre les modules 1, 2 et 3", "Je suis désolée, le module 2 est complet ; je ne comprends pas, vous avez tous demandé la même session. - Peut-être parce qu'il n'y avait qu'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; session proposée pour ce module ?", "Hé, tu sais quoi ? Il y a tellement personne qui est allé au module 2 qu'on s'est retrouvé à 12 ! Tu aurais pu venir d'incruster !").&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Evidemment, j'ai suis allée à reculons ("Scrogneugneu de scrogneugneu !!! C'est quand mes cours sont sur le point de finir et que j'aurais besoin de temps pour aller à la BNF qu'on me colle des formations à la con qui me bouffent mon après-midi !!!") et, à la première séance, j'ai envisagé un instant de m'enfuir en courant lorsque j'ai vu, en entrant dans la salle "Eléments de docimologie" écrit au tableau ("Ah ? c'est pas ici le cours&amp;nbsp; de sociologie appliquée ? Mince, désolée, j'ai dû me tromper de salle !").&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais il faut reconnaître que ça a parfois du bon d'avoir un surmoi en béton armé, parce que ces cours sont plutôt bien et assez éloignés des horreurs absurdes que relatent certains collègues. Le prof de docimologie (= étude de la manière d'évaluer les élèves : différence entre évaluation sommative et formative, comment l'ordre de correction des copies influe sur la note donnée, les stéréotypes sur les étudiants, etc. J'ai trouvé ça intéressant, mais je vous rappelle que je trouve la linguistique et la grammaire intéressantes, donc je ne suis pas un modèle de santé mentale) est dynamique et se caractérise par un humour pince-sans-rire très "vétérante réaliste".&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.philippetastet.com/contenu/abonnes/Magic/images/prof-et-flic-a-la-fois.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.philippetastet.com/contenu/abonnes/Magic/images/prof-et-flic-a-la-fois.jpg" width="293" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quant au cours de dynamique de TD, malgré des débuts s'annonçant gentillets ("Oh mon Dieu, ça va être comme ça pendant douze heures...???"), comme on s'appuie souvent sur ce qu'on a vécu ("Bonjour, je m'appelle Lina... - Bonjouuuuuur, Lina. - Je... j'ai perdu la moitié d'un de mes groupes de TD au premier semestre... C'était même caricatural, tous les garçons se sont mis aux abonnés absents. On m'a dit "Ah, c'est normal, on a eu beaucoup d'abandon en L1 cette année", mais je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'il y a sans doute aussi eu un petit problème de gestion...") et que le groupe est super sympa ("Ouais, la reconnaissance des efforts, c'est valable partout ! Ma copine, elle me tanne pour que je fasse la vaisselle et, quand je la fais, elle ne me dit rien !!!"), ça va aussi. Juste, deux journées entières là-dessus, au lieu de trois après-midi, pour moi, c'est trop (&lt;i&gt;I want to break freeeeeee&lt;/i&gt;...!!!! Surtout maintenant que je suis Grande et que je n'angoisse plus quand je descends l'escalator pour aller en section recherche à la BN !).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bref, désolée, je pensais avoir matière à des messages très satiriques, de type "l'apprenant a impulsé un mouvement au référenciel bondissant, qui est entré en contact avec une surface transparente" (comprenez : "l'élève a cassé une vitre avec un ballon de basket"), mais c'est parti pour ne pas être le cas. Ceci dit, rassurez-vous, je vais en avoir pendant trois ans : avec ma veine habituelle, j'en récupèrerai bien un qui sera grâtiné (ne comptez quand même pas sur moi pour le faire exprès : je vous aime bien, mais mon dévouement à la Cause a des limites)...!&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://97.img.v4.skyrock.net/976/dinomaha/pics/1629919182_small.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="308" src="http://97.img.v4.skyrock.net/976/dinomaha/pics/1629919182_small.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-8388009580351290121?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/8388009580351290121/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/je-suis-mauvaise-langue-mais-javais-des.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8388009580351290121'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8388009580351290121'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/je-suis-mauvaise-langue-mais-javais-des.html' title='Je suis mauvaise langue (mais j&apos;avais des raisons de me méfier)'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-7232348029336924190</id><published>2011-05-02T21:17:00.004+02:00</published><updated>2011-05-02T21:23:25.044+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de recherche'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fusées volantes'/><title type='text'>Message personnel</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chère grougnasse qui as passé TOUT l'après-midi à corriger des copies en face de moi en section RECHERCHE à la BNF,&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;je ne sais pas avec quelle fréquence tu viens bosser en rez-de-jardin (à vrai dire, vu ce que tu y as fait cet après-midi, j'espère que tu passes rarement), mais, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, avec la fermeture/réorganisation d'un certain nombre de bibliothèques parisiennes, ce n'est pas tous les jours facile de trouver une place là-bas pour pouvoir consulter des documents qu'on ne trouve &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; à cet endroit.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour y réserver une place à la journée, une de celles que tu occupais aujourd'hui (je suis d'accord, le lundi, la BN n'est ouverte que l'après-midi, mais c'est la même chose), en ce moment, il faut s'y prendre au moins deux semaines à l'avance. Sinon, soit on a le cul bordé de nouilles (comme moi cet après-midi), soit on demande une "place après 16h" (comme moi demain, vu que c'était archi complet et que j'ai encore un article à finir et deux bouquins à éplucher), i.e. qu'on peut réserver les livres et que la banque d'accueil nous attribuera une place à notre arrivée.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et quand on galère avec ses trucs qu'on ne peut lire que là-bas, qu'en plus on n'a pas le temps qu'il faudrait, ce qui veut dire que l'affaire va traîner encore un bon moment alors qu'on a une masse d'autres choses à faire par ailleurs, on se dit : « Oui, c'est chiant, mais on est tous dans le même cas, on veut tous travailler et les premiers arrivés sont les premiers servis, la prochaine fois ce sera moi. »&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tu comprendras donc pourquoi, pendant six heures, j'ai eu envie de t'exploser la tronche sur ta table et de te foutre ton stylo rouge dans le cul (je n'aurais pas touché aux copies de tes étudiants : ils n'y sont pour rien, les malheureux, et ils méritent sans aucun doute une correction - sans vouloir faire de mauvais jeu de mot).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La section recherche de la BNF, c'est fait pour faire de la RECHERCHE et non un boulot dont tu peux très bien te charger CHEZ TOI, sans emmerder le monde au passage ! &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Merde ! Je m'excuse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://colucci.michel.free.fr/images/coluche_accueil.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://colucci.michel.free.fr/images/coluche_accueil.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-7232348029336924190?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/7232348029336924190/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/message-personnel.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7232348029336924190'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7232348029336924190'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/message-personnel.html' title='Message personnel'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-1495770491100302136</id><published>2011-05-01T21:12:00.000+02:00</published><updated>2011-05-01T21:12:43.028+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité à la Une'/><title type='text'>"Il est totalement manipulé par ses conseillers" : une thématique loin d'être nouvelle...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En ce jour de fête du travail, j'ai une confession à vous faire : je suis abonnée au &lt;i&gt;Canard enchaîné&lt;/i&gt; depuis dix ans maintenant. Je vous laisse en penser ce que vous voulez, de mon point de vue il contient un véritable travail journalistique d'investigation (qu'on retrouve souvent, mais des semaines après, dans les autres journaux) et il m'a souvent sauvé la mise en colle et DS de géo (souvenir épique d'une prestation orale frénétique sur le thème "Vieillir en France", au terme de laquelle le prof m'avait demandé si j'avais quelqu'un au Ministère).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je le lis donc assez attentivement, le matin, en comatant devant mon thé, et c'est sans doute à cause de mon habituel brouillard matinal que je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas tilter plus tôt en lisant, en page 2, des commentaires de politiques de type "Il (Sarkozy) est totalement sous l'influence de Guéant/Mignon/Carla/etc." Bon sang mais c'est bien sûr !!! J'ai déjà lu ça quelque part et même à plusieurs reprises !!! Petit survol des conseillers maléfiques (ou non) des empereurs julioclaudiens et autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Tibère et Séjan&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laissez-moi vous présenter Séjan : ce type est dépeint par Tacite et Suétone comme l'incarnation du gars visqueux, vous savez, celui ne vous regarde pas en face, qui vous assure qu'il fera telle chose, mais n'a en vue que son propre intérêt et ne le fera donc que si ça l'arrange ou pense déjà à comment vous gruger (dans le meilleur des cas). Il est montré comme l'âme damnée de Tibère, celle qui à la fois le manipule et encourage ses penchants les plus cruels ; il est le sbire sans foi ni loi, qui essaie même de s'introduire dans la famille impériale par le mariage et se trouve accusé d'avoir assassiné le fils de Claude (ce que réfute Suétone : il avait très certainement l'opportunité, mais de mobile, point, et ce n'est pas le genre à agir pour rien). Tout cela se termine mal, très mal : Tibère envoie une lettre au sénat demandant de mettre Séjan en accusation, ce que les sénateurs font avec joie ; au final, il est exécuté sans procès et, avec lui, un certain nombre de personnes, véritables complices ou victimes collatérales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Séjan n'est donc pas, dans l'historiographie latine, ce qu'on pourrait dire un chic type. Comme d'habitude dans ce genre de légende noire, il y a très certainement une part d'exagération, mais qui doit aussi reposer sur une certaine vérité : que Séjan ait été un tel "génie du Mal", c'est douteux, qu'il ait été un courtisan rusé et prêt à tout, ayant obtenu un pouvoir considérable lorsque, préfet du prétoire, i.e. à la tête d'une des plus redoutables garnisons de Rome, il y reste seul au moment de la retraite de Tibère à Capri (Tibère ne reviendra jamais à Rome, d'où la lettre envoyée au sénat pour causer la chute de son conseiller). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce personnage est donc pris entre deux feux, qui correspondent sans doute à deux traditions sur Tibère : l'une le charge de tous les crimes commis depuis son entrée en scène jusqu'à sa chute et le présente comme celui qui a poussé Tibère à donner libre court à sa cruauté, ce qu'il continuera à faire après sa mort ; l'autre met tout sur le dos de l'empereur et fait de Séjan un exécutant zélé. Vous me direz qu'aucune des deux n'est très favorable au type en question, mais les avoir à l'esprit permet de prendre un peu de distance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/53/Bust_Tiberius_Glyptothek_Munich_314.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/53/Bust_Tiberius_Glyptothek_Munich_314.jpg" width="210" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&amp;nbsp;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Buste de Tibère à 56 ans, Glyptothek de Munich, photo par Bibi Saint-Pol, source : Wikipedia Commons)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Claude, Pallas et Narcisse&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre empereur mal aimé par l'historiographie : Claude. Lui n'est pas présenté comme un grand méchant, de type Tibère ou Néron, mais comme un débile, choisi par blague, incapable de parler, de marcher correctement et, surtout, totalement sous la coupe de ses femmes et de ses affranchis Pallas et Narcisse. On retrouve le même thème pour Galba, l'empereur qui succède à Néron, avec Titus Vinius, Cornélius Laco et l'affranchi Icelus, cette dépendance totale étant mise sur le compte de l'âge, cette fois-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vérité, on sait aussi que Claude était un érudit (il était donc loin d'être idiot), qui a notamment oeuvré en faveur de l'intégration des provinciaux (en l'occurrence, les Gaulois : c'est le fameux discours gravé sur les tables claudiennes de Lyon, exposées au musée de Fourvière). Certes, il n'a pas été très chanceux dans ses choix matrimoniaux (citons ses deux dernières épouses : la très sulfureuse Messaline et Agrippine, sa nièce et la mère de Néron), mais cela ne signifie pas non plus qu'il n'avait absolument aucune autorité. Lesdites influences continueront d'ailleurs sous Néron, qui finira par s'en débarrasser (mère comprise).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/07/Claudius_%28M.A.N._Madrid%29_01.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/07/Claudius_%28M.A.N._Madrid%29_01.jpg" width="185" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&amp;nbsp;(Portrait de Claude, Museo Arqueologico Nacional de Madrid, photo par Luis García (Zaqarbal), source : Wikipedia Commons)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Néron et Tigellin&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Disons-le tout de suite, Tigellin n'est pas présenté comme le conseiller diabolique de Néron : pour la tradition historiographique antique, le dernier julioclaudien est suffisamment maléfique en lui-même pour qu'on ne présente pas ses crimes comme soufflés par un autre (même chose pour Catilina : il semblerait qu'une fois qu'un empereur atteint un certain degré de noirceur, on lui fait porter la pleine et entière responsabilité des crimes commis sous son règne). Un courant défavorable à Sénèque essaya bien de le discréditer, mais la légende noire de Néron a, en l'occurrence, été plus forte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci dit, Tigellin n'est pas non plus tout blanc et, pour vous donner un aperçu de comment peut être présenté un conseiller néfaste, la meilleure chose à faire est sans doute de citer le paragraphe où Tacite relate la décision d'Othon de lui donner l'ordre de se suicider :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Par inde exsultatio disparibus causis consecuta impetrato Tigellini exitio. Ofonius Tigellinus obscuris parentibus, foeda pueritia, impudica senecta, praefecturam uigilum et praetorii et alia praemia uirtutum, quia uelocius erat, uitiis adeptus, crudelitatem mox, deinde auaritiam, uirilia scelera, exercuit, corrupto ad omne facinus Nerone, quaedam ignaro ausus, ac postremo eiusdem desertor ac proditor ; unde non alium pertinacius ad poenam flagitauerunt, diuerso adfectu, quibus odium Neronis inerat et quibus desiderium. Apud Galbam Titi Vinii potentia defensus, praetextentis seruatam ab eo filiam. Haud dubie seruauerat, non clementia, quippe tot interfectis, sed effugium in futurum, quia pessimus quisque diffidentia praesentium mutationem pauens aduersus publicum odium priuatam gratiam praeparat ; unde nulla innocentiae cura, sed uices impunitatis. Eo infensior populus, addita ad uetus Tigellini odium recenti Titi Vinii inuidia, concurrere ex tota urbe in Palatium ac fora et, ubi plurima uolgi licentia, in circum ac theatra effusi seditionis uocibus strepere, donec Tigellinus, accepto apud Sinuessanas aquas supremae necessitatis nuntio, inter stupra concubinarum et oscula et deformes moras, sectis nouacula faucibus, infamem uitam foedauit etiam exitu sero et inhonesto.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Puis de semblables manifestations de joie suivirent pour des causes dissemblables, la mort de Tigellin ayant été obtenue. Ofonius Tigellin, né de parents obscurs, ayant eu une jeunesse horrible, une vieillesse impudique, obtint par ses vices, parce que c'était plus rapide, la préfecture des vigiles, celle du prétoire et d'autres récompenses destinées aux vertus et agit bientôt selon sa cruauté, ensuite selon son avarice, crimes viriles, ayant corrompu Néron en vue de tous les crimes, en ayant osé certains à son insu, et, pour finir, l'abandonnant et le trahissant. Pour cette raison, on ne réclama le supplice de personne avec plus de constance, mais avec des sentiments différents, les uns par haine de Néron, les autres par regret. Auprès de Galba, il avait été défendu par la puissance de Titus Vinius, qui avançait qu'il avait sauvé sa fille. Sans aucun doute, il l'avait sauvée, pas par clémence, puisqu'il avait tué tant de gens, mais comme échappatoire à l'avenir, car, les pires hommes, par méfiance, craignant un changement de leur situation actuelle, il s'était préparé contre la haine publique une grâce privée ; aucun souci, donc, de son innocence, mais un commerce d'impunité. Le peuple le haïssait d'autant plus, sa jalousie récente contre Titus Vinius s'ajoutant à son ancienne haine contre Tigellin ; il courut de toute la ville au Palatin et sur les forums et, répandu au cirque et dans les théâtres, où la foule a le plus de licence, il poussa des cris avec des slogans séditieux, jusqu'à ce que Tigellin reçoive aux eaux de Sinuessa son arrêt de mort et au milieu des débauches avec ses concubines, de leurs baisers et de honteux retards, se tranchant la gorge avec un rasoir, il souilla sa vie infâme même par une mort tardive et désohonorante." (Tac., &lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;. I 72.1-3)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/12/Nero_Glyptothek_Munich_321.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/12/Nero_Glyptothek_Munich_321.jpg" width="235" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&amp;nbsp;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Portrait de Néron, Glyptothek de Munich, photo par Bibi Saint-Pol, source : Wikipedia Commons)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le thème du conseiller à l'influence néfaste est donc vieux comme le monde et renvoie à deux problématiques tout aussi actuelles : on en use soit pour "excuser" la personne influencée ("ce n'est pas vraiment la faute de Sarkozy, c'est Guéant qui le pousse à chasser de plus en plus sur les terres de l'extrême-droite !"), soit pour la discréditer encore plus ("il est incapable de prendre une décision, ce sont ses conseillers qui font tout !", ce que ne disent surtout pas les partisans de Sarkozy, dont on se doute qu'il serait fort peu ravi qu'on le sous-entende). Bref, &lt;i&gt;nihil noui sub sole&lt;/i&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-1495770491100302136?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/1495770491100302136/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/il-est-totalement-manipule-par-ses.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/1495770491100302136'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/1495770491100302136'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/05/il-est-totalement-manipule-par-ses.html' title='&quot;Il est totalement manipulé par ses conseillers&quot; : une thématique loin d&apos;être nouvelle...'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-1626150565351276135</id><published>2011-04-13T00:05:00.000+02:00</published><updated>2011-04-13T00:05:31.492+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Quelques bouquins'/><title type='text'>"Omero, Iliade" d'Alessandro Baricco</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Contrairement aux apparences, &lt;i&gt;Omero, Iliade&lt;/i&gt; n'est ni un livre sur l'épopée d'Homère, ni une "nouvelle version" de la guerre de Troie. C'est une réécriture au sens propre et, surtout, au sens antique du terme (pas de "C'était mal fait, alors j'ai corrigé tout ça", donc), qui pose deux questions : celle de la valeur des textes antiques à notre époque, celle de la façon de les présenter au public (qui se pose notamment à propos des pièces de théâtre : deux exemples&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/electre-au-theatre-du-lierre.html"&gt; ici&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/04/les-oiseaux-daristophane-la-comedie.html"&gt;ici&lt;/a&gt;).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'idée de départ de Baricco était de lire en public l'intégralité de l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; lors de divers festivals, mais il se heurta assez vite à l'obstacle de la longueur de l'oeuvre, qui requiérerait une quarantaine d'heures de lecture, devant un public nettement moins patient que celui de l'Antiquité (je vous rappelle que, dans l'Antiquité, quand on allait au théâtre, on y passait la journée, ce qui est difficilement exigeable de nos jours ; en témoigne, notamment, la difficulté à monter les pièces de Claudel).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9f/Alessandro_Baricco.jpg/220px-Alessandro_Baricco.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9f/Alessandro_Baricco.jpg/220px-Alessandro_Baricco.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Alessandro Baricco, photo prise le 31 octobre 2010 par Niccolò Caranti (Jaqen) ; source : Wikipedia Common)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il décide dès lors d'en faire une adaptation, qui à la fois conserve autant que possible le texte original, mais introduise aussi un certain nombre de modifications qu'il jugeait nécessaires :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) il a enlevé toutes les apparitions et interventions des dieux : il considère en effet que, outre que ces scènes sont "les plus étrangères à la sensibilité moderne", elles brisent assez fâcheusement le cours de la narration et affirme qu'il les aurait conservées s'il avait été convaincu qu'elles étaient nécessaires ; par ailleurs, sa vision de l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; est celle d'un monde dont l'homme est l'artisan ultime, car c'est lui qui, finalement, prend ses propres décisions et non les dieux qui l'obligent à faire ceci ou cela ; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) il a utilisé la traduction italienne de Maria Grazia Ciani, mais en y enlevant tout ce qu'elle pouvait conserver d'archaïsme et en essayant de lui redonner un rythme poétique ; il est aussi particulièrement attentif aux accents que portaient les noms en grec ancien, les considérant comme tout aussi important que leur prononciation, ce qui l'amène à les signaler graphiquement quand ils ne sont pas sur la pénultième (ex. : Anfòtero, Tlepòlemo, Èchio ; je ne sais pas si ces accents ont été conservés dans la traduction française, mais ils devraient l'être, étant donné qu'ils découlent d'une réelle volonté de l'auteur) ; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) il a choisi de passer d'une narration à la troisième personne à une narration à la première personne, en prenant comme centre de la focalisation, en général, des personnages plutôt secondaires (Chryséis, Thersite, Patrocle au moment de l'incendie des bateaux achéens), mais pas toujours (le dernier chant est raconté du point de vue de Priam, avec, d'ailleurs, de brusques retours à la troisième personne qui me font soupçonner une volonté de représenter un esprit littéralement scindé en deux par la douleur) ; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4) il a fait quelques ajouts, mais mineurs (en général, ce sont de brèves notations psychologiques) et signalés, dans le texte, par des italiques ; le plus évident est le dernier, qui est le récit de la chute de Troie par l'aède Démodocos, qu'il transfère de l'&lt;i&gt;Odyssée&lt;/i&gt;, ayant jugé assez frustrant pour ses spectateurs de ne pas avoir la fin de la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'entends déjà les homérisants hurler : « Quoi ? mais c'est un scandale ! les dieux sont une dimension tout à fait essentielle de l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; ! Et pourquoi avoir changé le point de vue ! la figure du narrateur est, elle aussi, absolument fondamentale ! » Et, certes, ils ont raison. Mais il convient de bien se souvenir qu'à aucun moment Baricco n'a la prétention de "réécrire" Homère, sous le prétexte absurde et crétin "C'est poussiéreux tout ça, on va le mettre au goût du jour !" : son livre s'intitule &lt;i&gt;Omero, Iliade&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Homère, l'Iliade&lt;/i&gt;) et non &lt;i&gt;L'Iliade&lt;/i&gt; tout court. En ayant cela en tête, sa position sur les dieux devient logique : c'est sa vision du texte et il le dit clairement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reste la question du changement de point de vue et des remaniements narratifs qu'il suppose. J'ai personnellement trouvé cette variation très intéressante, ne serait-ce que parce qu'elle donnait la parole à des personnages auxquels on ne prête en général jamais attention (qui s'est un jour demandé comment Chryséis avait bien pu vivre tout ce qui se passe au début du livre ?). Par ailleurs, il m'a paru que cela accentuait encore le côté "récit rétrospectif", qui apparaît dans les tous premiers vers de l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt;, mais qu'on oublie assez vite par la suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, étant donné que les ajouts psychologisants sont vraiment mineurs et bien que je ne connaisse pas absolument par coeur toute l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; (c'est Mal, je sais), il m'a semblé que le texte de Baricco était assez fidèle, même lexicalement, à celui d'Homère. Vu l'organisation de l'enseignement public en Italie, il y a de fortes chances pour qu'il soit passé par le &lt;i&gt;liceo classico&lt;/i&gt;, i.e. par une filière (longtemps archi majoritaire et aujourd'hui encore assez prestigieuse - quel (bientôt ex -, si ce n'est pas déjà le cas) pays de cocagne...!) où le latin et le grec sont obligatoires jusqu'à l'équivalent italien du bac et, même si ses restes de grec ancien ne lui permettaient très certainement pas de lire Homère dans le texte (puisqu'il a travaillé sur traduction), il a manifestement eu de nombreux échanges avec Maria Grazia Ciani, ce qui explique peut-être sa relative fidélité au texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.italica.rai.it/immagini/libri/baricco_iliade/iliade.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://www.italica.rai.it/immagini/libri/baricco_iliade/iliade.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le mieux est encore de vous en fournir un exemple. Voici donc le début des deux oeuvres. Je crains que ce ne soit vraiment trop long de vous donner le texte original, puis la traduction, comme je fais d'habitude, parce qu'il me paraît plus intéressant de citer &lt;i&gt;in extenso&lt;/i&gt;. Par conséquent, une fois n'est pas coutume, vous n'aurez que la version française, mais je vous recommande bien sûr très très chaudement de lire les originales, si vous avez la chance de pouvoir le faire. La traduction d'Homère est celle de Paul Mazon, parfois un peu modifiée par mes soins (oui, je sais, ce soir, je suis une sacrée faignasse) ; celle de Baricco est la mienne, étant donné que j'ai acheté le texte directement en italien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;HOMÈRE&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Chante, déesse, la colère d'Achille, fils de Pélée, colère funeste qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta chez Hadès de nombreuses âmes fières de héros, tandis que de ces héros même elle faisait la proie de tous les chiens et oiseaux - ainsi s'accomplissait la volonté de Zeus. Pars du jour où une querelle tout d'abord divisa le fils d'Atrée, protecteur de son peuple, et le divin Achille. Qui des dieux les mit donc aux prises en telle querelle et bataille ? le fils de Létô et de Zeus. C'est lui qui, courroucé contre le roi, fit par toute l'armée croître une maladie cruelle, dont les hommes mouraient, parce que le fils d'Atrée avait fait affront à Chrysès, son prêtre. Celui-ci était venu aux nefs rapides des Achéens pour racheter sa fille, portant une immense rançon, tenant en main, sur son bâton d'or, les bandelette de l'archer Apollon, et il suppliait tous les Achéens, mais surtout les deux fils d'Atrée, bon rangeurs de guerriers : « Atrides et vous aussi, Achéens aux belles jambières, puissent les dieux, habitants de l'Olympe, vous donner de prendre la ville de Priam, et de rentrer chez vous sans problème ! Mais à moi puissiez-vous aussi rendre ma fille ! Recevez cette rançon, par égard pour le fils de Zeus, l'archer Apollon. » Alors tous les autres Achéens dirent en choeur qu'ils étaient d'accord pour respecter le prêtre et recevoir la splendide rançon ; mais cela ne plut pas à Agamemnon, le fils d'Atrée. Brutalement, il le congédie et ordonne avec rudesse : « Prends garde, vieillard, que je ne te rencontre encore près des nefs creuses, que tu y traînes aujourd'hui ou y retournes demain, de peur que ton bâton et les attributs du dieu ne te servent de rien. Ta fille, moi, je ne la relâcherai pas ; la vieillesse l'atteindra auparavant dans ma maison, à Argos, loin de sa patrie, allant et venant devant son métier à tisser et partageant mon lit. Maintenant, va et ne m'irrite plus, afin de t'en aller sans dommage. »&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;BARICCO&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Tout commença un jour de violence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela faisait neuf ans que les Achéens assiégeaient Troie : souvent ils avaient besoin de vivres, d'animaux ou de femmes et alors ils laissaient le siège et allaient se procurer ce qu'ils voulaient en saccageant les villes voisines. Ce jour-là, ce fut le tour de Thèbes, ma ville. Ils y prirent tout et l'emportèrent dans leurs navires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les femmes qu'ils enlevèrent, il y avait moi. J'étais belle : quand, à leur campement, les princes achéens se partagèrent le butin, Agamemnon me vit et me voulut pour lui. Il était le roi des rois et le chef de tous les Achéens : il m'emporta dans sa tente et dans son lit. Il avait une femme, dans sa patrie, elle s'appelait Clytemnestre. Lui, il l'aimait. Ce jour-là, il me vit et il me voulut pour lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quelques jours après, arriva au campement mon père. Il s'appelait Chrysès, il était prêtre d'Apollon. Il était vieux. Il apporta des dons splendides et demanda aux Achéens, en échange, de me libérer. Je l'ai dit : c'était un vieillard et il était prêtre d'Apollon : tous les princes achéens, après l'avoir vu et écouté, se déclarèrent d'accord pour accepter la rançon et honorer la noble personne qui était venue les supplier. Un seul, parmi eux, ne se laissa pas charmer : Agamemnon. Il se leva brutalement et se précipita sur mon père en lui disant : « Disparais, vieillard, et ne te fais plus jamais voir ici. Moi je ne libèrerai pas ta fille : elle vieillira à Argos, dans ma maison, loin de sa patrie, en travaillant devant son métier à tisser et en partageant son lit avec moi. Maintenant, va-t-en, si tu veux sauver ta vie. »&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;On voit bien ici comment Baricco a procédé : j'ai respecté la typogaphie, ce qui veut dire qu'il n'a pas signalé le début comme un ajout en italiques, mais le fait est qu'en lisant les discours entre chefs achéens qui suivent cette scène chez Homère, on peut trouver des éléments justifiant ce développement initial, en particulier une déclaration d'Agamemnon affirmant qu'il préfère Chryséis à sa femme même. Pour le reste, le texte est respecté presque à la lettre, le déroulement de l'action étant seulement légèrement accéléré (&lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; les réactions des princes achéens aux supplications de Chrysès). Enfin, on voit bien aussi comment il a travaillé sur les rythmes, en introduisant lui-même des répétitions qui donnent un tour à la fois poétique et légèrement archaïque à son texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnellement, vous vous en doutez, j'ai bien aimé ce livre L'important est, à mon avis, de ne pas le lire en faisant constamment la comparaison avec Homère. Le résultat de la démarche de Baricco en est vraiment distinct, si bien qu'il s'agit d'une oeuvre pleinement originale, bien loin d'une simple adaptation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De là à voir dans cette démarche une solution aux problèmes de mise en scène, il n'y a qu'un pas, qu'à mon avis il ne faut pas franchir sans bien réfléchir avant : le genre de&amp;nbsp; départ n'est en effet pas le même (on n'écrit pas de la même manière pour être lu que pour être représenté) et la situation d'arrivée, elle aussi, est sensiblement différente. Certes, ce texte était fait pour être lu en public (Baricco ne précise pas par qui dans sa préface ; [mode latiniste on :] au passage : quel retour aux &lt;i&gt;recitationes&lt;/i&gt; romaines ! quel jeu magnifique sur l'&lt;i&gt;imitatio&lt;/i&gt; ! [/fin de la seconde latiniste]), mais, là encore, lire et représenter n'est pas la même chose. Il y a peut-être là une voie médiane pour la question de l'accès aux oeuvres antiques dans la société actuelle, mais, ce qu'il faut surtout en retenir, c'est ce qu'il est encore possible de &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt;, de montrer&amp;nbsp; et d'apprendre avec ses oeuvres antiques - et avec les oeuvres non contemporaines d'une manière générale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.esseclive.com/partage/articles/actualite-media/Je_lis_princesse-de-cleves.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://www.esseclive.com/partage/articles/actualite-media/Je_lis_princesse-de-cleves.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-1626150565351276135?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/1626150565351276135/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/omero-iliade-dalessandro-baricco.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/1626150565351276135'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/1626150565351276135'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/omero-iliade-dalessandro-baricco.html' title='&quot;Omero, Iliade&quot; d&apos;Alessandro Baricco'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-7040857049891649253</id><published>2011-04-12T19:51:00.004+02:00</published><updated>2011-04-15T00:08:56.084+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité sur scène'/><title type='text'>Les Bacchantes aux Dionysies</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.demodocos.paris-sorbonne.fr/images/stories/affiche_dionysies_web.jpg"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 331px; height: 497px;" src="http://www.demodocos.paris-sorbonne.fr/images/stories/affiche_dionysies_web.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les &lt;a href="http://www.demodocos.paris-sorbonne.fr/"&gt;Dionysies&lt;/a&gt;, festival printanier de théâtre, de poésie et de déclamation antiques, se sont déroulées cette année du 25 mars au 2 avril, au Réfectoire des Cordeliers, dans le 6ème arrondissement. Le programme était particulièrement dense (deux à trois représentations chaque soir) et varié, englobant aussi bien des mises en scène dramatisées d’épisodes épiques (Ulysse chez Circé), des lectures de poèmes et d’œuvres historiques (&lt;i&gt;Hymne à Déméter&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; Géorgiques&lt;/i&gt; de Virgile, extraits de Thucydide), des déclamations oratoires (&lt;i&gt;Troisième Philippique&lt;/i&gt; de Cicéron), que des pièces de théâtre (deux versions, une afghane et une abyssinienne de l’&lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt; de Sophocle, l’&lt;i&gt;Orestie&lt;/i&gt; d’Eschyle, et les &lt;i&gt;Bacchantes &lt;/i&gt;d’Euripide). Ayant déjà vu l’an dernier l’&lt;i&gt;Antigone &lt;/i&gt;bactrienne, je me suis limitée cette année aux &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt;, représenté par la troupe « Allez Bacchantes » formée d’étudiants de l’ENS et de diverses universités parisiennes, et à l’&lt;i&gt;Orestie&lt;/i&gt;  de la célèbre compagnie Démodocos, pilier des Dionysies, dirigée depuis sa création en 1995 par Philippe Brunet, professeur de littérature grecque à l’Université de Rouen, et spécialiste de métrique. Comme le temps m’est un peu compté, je me contenterai de rendre honneur aux nouveaux venus sur la scène dionysiaque, et ne parlerai que des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le projet de mise en scène des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt; a vu le jour l’an dernier à l’ENS, sous l’égide d’une ancienne élève, actuellement chef de la troupe, Laure Petit. A l’origine, il s’agissait de se confronter, par un travail de groupe, aux multiples difficultés que le chœur antique ne manque jamais de poser au metteur en scène contemporain : problème de la gestion d’une parole collective dans une société moderne dominée par les valeurs individualistes, problème de la recréation d’une performance chantée et dansée, dont la chorégraphie et la « partition » ont disparu, dans un registre qui puisse nous « parler » aujourd’hui, problème de la transposition de la dimension politique et rituelle de la tragédie grecque portée par le chœur dans un contexte culturel désormais laïcisé. D’où un travail en deux volets, l’un théorique, l’autre pratique. Le volet théorique, orienté vers l’étude et la discussion de mises en scènes contemporaines, parfois en présence des metteurs en scènes et traducteurs, était en quelque sorte conçu comme l’antichambre réflexive de son pendant pratique, où s’élaborait, à titre expérimental, une mise en scène de l’entrée du chœur, la parodos, des Bacchantes d’Euripide. Le projet a débouché en juin dernier sur une représentation en plein air à l’ENS, et devant le succès remporté, a été étendu en 2010-2011 à la mise en scène de la pièce dans son intégralité. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.ens.fr/IMG/image/actus/2010/Affiches-Bacchantes-juin-.png"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 424px; height: 300px;" src="http://www.ens.fr/IMG/image/actus/2010/Affiches-Bacchantes-juin-.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Affiche de la &lt;a href="http://www.ens.fr/spip.php?article612"&gt;version 2010 des &lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.ens.fr/spip.php?article612"&gt;Bacchantes&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; à l'ENS.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’intérêt principal des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt; proposées aux Dionysies réside donc dans la prééminence accordée au chœur, véritable matrice du projet, et facteur d’unité esthétique et signifiant de la représentation. Dans cette mesure, le choix des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt; n’est sans doute pas un hasard, puisque dans cette pièce, le chœur joue un rôle clef et porte à leur paroxysme les traits caractéristiques du chœur grec tragique, qu’il renouvelle en même temps profondément. Le chant et la danse, plus peut-être que pour les autres chœurs tragiques grecs, sont le &lt;i&gt;modus agendi&lt;/i&gt; des bacchantes. Par la musique, par le corps, s’exprime le délire bachique, cette &lt;i&gt;mania&lt;/i&gt; qui, à l’instar de l’ivresse, autre manifestation dionysiaque, est porteuse de bonheur, d’oubli des maux associés à la condition humaine, mais aussi d’une violence latente terrible, qui à tout moment peut se retourner contre les ennemis du dieu. Bien plus, le délire bachique se fait lui-même culte de Dionysos, offrande musicale et chorégraphique au dieu des chœurs et du théâtre, du vin, du printemps et de la régénération de la nature, un dieu étrange et étranger, un dieu-acteur qui, sous un déguisement humain, vient se faire reconnaître à Thèbes, ville de sa mère, comme dieu né de Zeus.&lt;br /&gt;Paradigme quasi métathéâtral du chœur grec chanteur et danseur, le chœur des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt; n’en est pas moins profondément exotique et singulier : chœur de femmes Lydiennes (d’Asie mineure), et donc barbares, officiantes d’un culte nouveau non dépourvu de rites inquiétants (le &lt;i&gt;sparagmos&lt;/i&gt;, par exemple, mise en pièces rituelle d’un animal vivant) sur fond de folie incontrôlable, les bacchantes sont bien différentes des chœurs tragiques plus traditionnellement constitués de groupes appartenant à la communauté civique, mères, vieillards ou jeunes filles, voix du bon sens et de la sagesse du peuple.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Haut en couleur, le chœur des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt; est donc une source de créativité inépuisable pour le metteur en scène, avec toutefois le risque d’un exotisme folklorique poussé à l’excès, et donc kitsch, et au niveau du jeu, d’une hystérie qui peut sombrer dans le ridicule. Pour éviter le premier risque, la troupe « Allez Bacchantes » a opté pour un costume assez simple et dépouillé, des robes à tissu réversible, couleur nature (brun-beige) sur la face extérieure, et rouge-mauve sur la face intérieure, afin d’évoquer le double aspect, à la fois paisible, en harmonie avec une nature pacifiée, mais aussi potentiellement violent et sanguinaire de la bacchante. Les deux pans qui forment la robe, court devant, long derrière, peuvent être alternativement noués et dénoués, permettant toutes sortes de jeux avec le tissu, et dévoilant tour à tour les deux faces colorées. Le costume est complété par des cheveux lâchés en désordre, et un maquillage assez prononcé, visages blanchis et yeux cernés de mauve. La chorégraphie, accompagnée par deux percussionnistes présents sur scène, s’inspire quant à elle des expérimentations menées l’an dernier sur la &lt;i&gt;parodos&lt;/i&gt;, mais avec un groupe presque entièrement recomposé, qui a dû retrouver une harmonie d’ensemble et réévaluer la place de la &lt;i&gt;parodos&lt;/i&gt;, désormais insérée dans un drame complet, et donc nécessairement réduite.&lt;br /&gt;Disons-le tout de suite, ce nécessaire travail de transformation et de réadaptation n’est pas encore totalement achevé (mais il s’agit, rappelons-le, d’un &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt;). Par rapport à la prestation de l’an dernier, le chœur a un peu perdu en dynamisme, en énergie trépidante, bondissante, et haletante. Le groupe a encore quelque peine à trouver son rythme, et à gérer les transitions entre les différentes phases de chaque chant choral. Mais la créativité est bien là : succession de phases lentes et rapides, agitées et apaisées, mobiles et statiques empêchent le spectateur de s’habituer à un type de jeu, de se laisser bercer par la monotonie, et d’oublier que les manifestations de la folie bachique sont imprévisibles. La parole, de même, circule à travers le groupe, et est portée tour à tour par le chœur au complet, par une moitié chorale, par des duos, des solos etc. Les réussites, évidemment, sont encore inégales. Je suis pour ma part davantage convaincue par les mouvements de groupe amples, déployés sur l’ensemble de l’espace de jeu (de plein pied avec le public, assez vaste en largeur comme en profondeur), à la fois plus proches des courses et bonds dans la montagne évoqués par le texte d’Euripide, et plus saisissants visuellement. Je retiens en particulier l’entrée en scène de la coryphée, immédiatement suivie par les autres choreutes, qui traversent en bondissant le plateau en ligne diagonale, en se frappant les cuisses des mains. Certains moments statiques, où le groupe frappe en cadence des mains ou du pied contre le sol, établissant un rapport quasi magique avec la terre,  et provoquant la montée d’une tension, d’une attente angoissantes, fonctionnent aussi plutôt bien.&lt;br /&gt;Les passages à connotation extatique en revanche, où le groupe se délite, où chaque membre du chœur  exprime individuellement le délire dionysiaque sur un mode qui lui est propre, m’ont semblé moins aboutis. Peut-être parce qu’ils doivent surmonter la double difficulté du maintien d’un jeu collectif et de l’émergence d’énergies individuelles bien caractérisées (et sur ce point, je souligne la très belle prestation de la coryphée, qui doit ses gracieux mouvements de bras à une longue pratique de la danse indienne) ; peut-être aussi parce que le choix de la transe comme manifestation du délire dionysiaque exige la maîtrise de techniques corporelles complexes, comme le montre très bien la mise en scène grecque des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt; par Terzopoulos, qui a sans doute servi en partie de modèle à la troupe. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Du côté des acteurs, les choses vont plutôt bien. Dionysos, le dieu androgyne aux longs cheveux bouclés, est joué par une actrice (Laure Petit). S’il ne s’agissait pas à la base d’un choix délibéré, mais d’une nécessité imposée par les circonstances, le résultat n’en a pas souffert. Revêtu d’une longue tunique orientale bleu clair, portant à la main le thyrse, long bâton surmonté d’une touffe de lierre, ce Dionysos féminin ne perd à aucun moment son large sourire figé, ce sourire bien peu tragique souligné à mainte reprise par le texte, qui dénonce sous l’apparence humaine la divinité imperturbable et invulnérable. Cadmos, grand-père maternel de Dionysos, et Tirésias, le fameux devin, couple de vieillards chenus qui se sont laissés gagner aux mystères du nouveau dieu, forment un couple bien accordé, aux accents quasi comiques, lorsqu’ils sautillent sénilement en cadence, en se soutenant mutuellement et s’appuyant sur leurs thyrses, pour se livrer aux fureurs bachiques qui leur ôtent le poids des ans. Face au clan dionysiaque, authentique (Dionysos et son chœur), ou parodiquement dégradé (Cadmos et Tirésias), Penthée, le tyran, cousin et implacable adversaire de Dionysos qu’il refuse de reconnaître comme un dieu, homme rationnel, résolument moderne, apparaît en costume contemporain. Son jeu bien dominé exprime avec efficacité le sentiment de supériorité, la démesure tyrannique, les pulsions colériques d’un roi incapable de se maîtriser, mais aussi son irrésistible curiosité envers les mystères dionysiaques. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La représentation s’étant arrêtée au moment de l’entrée de Penthée dans le palais où Dionysos doit le déguiser en femme pour lui permettre d’assister aux rites des bacchantes thébaines (au premier rang desquelles sa mère Agavé et ses tantes, que Dionysos a frappées de folie), je ne peux qu’attendre avec impatience la scène de la folie de Penthée, ainsi que la terrible scène finale où Agavé, encore en proie au délire, surgit en portant à la main la tête de Penthée, qu’elle a elle-même inconsciemment tué… A ceux qui partageraient cette curiosité, et qui désireraient découvrir un spectacle, qui en dépit des quelques réserves que j’ai pu formuler, est très prometteur et ambitieux, je donne rendez-vous à l’ENS, les 16 et 17 juin prochains (date à confirmer), pour la version intégrale des &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;b&gt;Sorayya &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-7040857049891649253?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/7040857049891649253/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/les-bacchantes-aux-dionysies.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7040857049891649253'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7040857049891649253'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/les-bacchantes-aux-dionysies.html' title='Les Bacchantes aux Dionysies'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-7156090717309995069</id><published>2011-04-07T23:29:00.000+02:00</published><updated>2011-04-07T23:29:24.956+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Quelques bouquins'/><title type='text'>"Gomorra" de Roberto Saviano</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Contrairement aux apparences, ce n'est pas pour faire de la pub à mon autre blog que je poste ce message, mais juste parce que j'ai fait une note sur &lt;i&gt;Gomorra&lt;/i&gt; de Roberto Saviano et que les problématiques d'élaboration posées par ce livre sont plus ou moins les mêmes que pour les historiens antiques : quel ordre de déroulement de son récit ? caractère autoptique ou non de la narration (ce qui est autoptique, c'est ce que vous avez vu de vos propres yeux) ? quelle authenticité des discours, des scènes, des personnages ? etc.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai finalement décidé de ne pas beaucoup développer cet aspect dans ma note, parce qu'il m'a semblé que cela demanderait trop d'explications bibliographiques préliminaires et que cela n'avait finalement pas vraiment sa place à cet endroit (d'où sa publication ailleurs). Mais le parallèle, à mon avis, peut être fait sans aucun doute : les questions d'élaboration que pose &lt;i&gt;Gomorra&lt;/i&gt; sont les mêmes que celles que posent Plutarque, Tacite et les autres. D'où le lien que je mets &lt;a href="http://blog-ennuyeux.blogspot.com/2011/04/gomorra-de-roberto-saviano.html"&gt;ici&lt;/a&gt;, pour ceux qui seraient intéressés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour me faire pardonner, en &lt;i&gt;teasing&lt;/i&gt;, très bientôt ici, une note sur &lt;i&gt;Omero, Iliade&lt;/i&gt; d'Alessandro Baricco. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-7156090717309995069?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/7156090717309995069/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/gomorra-de-roberto-saviano.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7156090717309995069'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7156090717309995069'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/gomorra-de-roberto-saviano.html' title='&quot;Gomorra&quot; de Roberto Saviano'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-4260717040813496410</id><published>2011-04-05T13:52:00.009+02:00</published><updated>2011-04-05T15:43:50.377+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ancient Geek'/><title type='text'>"I'm a G(r)eek" : Horrible Histories</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La BBC est géniale, énième leçon. Non contente de livrer régulièrement des fictions d'une grande qualité, la chaîne britannique ne cesse de produire et de diffuser de fort bons documentaires, mais aussi des programmes éducatifs pour la jeunesse dont l'humour et la vivacité n'ont rien à envier aux sketches des Monty Python.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ainsi que la chaîne de télévision BBC One a diffusé en 2009-2010, dans le cadre de ses programmes "CBBC" (Children's BBC, les programmes pour enfants), une adaptation de la série de livres &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Horrible Histories&lt;/span&gt;, créée en 1993, qui présente diverses périodes historiques aux enfants dans des livres humoristiques. Ceux-ci, comme leur nom l'indique, donnent volontiers dans l'horrible et le gore : bref, une sorte d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alcibiade Didascaux&lt;/span&gt; davantage orienté humour noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'adaptation télévisuelle a connu pour le moment deux saisons d'une grosse dizaine d'épisodes chacune, présentant, sous forme de courts sketches et de chansons, toutes sortes de périodes historiques, dont l'Antiquité, naturellement. Les sketches et les chansons sont bourrés d'humour et mettent volontiers en avant les aspects les plus bizarres des civilisations et des périodes abordées, mais accomplissent néanmoins un joli travail pédagogique, qui permet à un large public d'aborder des questions historiques habituellement réservées aux seuls antiquisants. Seul problème, de notre côté de la Manche : une bonne maîtrise de l'anglais est nécessaire pour apprécier les paroles. Mais ce n'est qu'un alibi culturel supplémentaire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ainsi qu'une amie m'a fait découvrir la chanson "Brainy Greeks" (qui, après enquête, appartient à l'épisode 12 de la saison 1). Elle est chantée, excusez du peu, par Aristote et Archimède en personne. En voici la première partie :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe title="YouTube video player" src="http://www.youtube.com/embed/BoUL4xyxzbA" allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la seconde partie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe title="YouTube video player" src="http://www.youtube.com/embed/HzVcxJiUZBo" allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une amusante évocation des inventions grecques, mais aussi une belle parodie de la notion de "miracle grec", qui tend à faire croire que la Grèce antique est sortie de nulle part toute armée comme Athéna du crâne de Zeus, et que les Grecs ont tout inventé par eux-mêmes. Méfiance : le miracle grec, c'est surtout la Grèce telle que les anciens Grecs aimaient à se la représenter eux-mêmes (et à la donner à voir aux autres, même après des millénaires)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quittons l'univers des philosophes et des ingénieurs pour nous tourner vers les guerriers par excellence, les Spartiates. Si le film &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; vous avait déçu par ses quelques libertés prises avec l'histoire, gageons que le Spartan High School Musical (saison 2, épisode 3) saura vous contenter...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe title="YouTube video player" src="http://www.youtube.com/embed/SivoIX6Blco" allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Là je regrette l'absence de sous-titres, parce que ça reste assez coton de suivre tout le détail des paroles, mais, pour ceux qui n'y comprendraient (ou n'y connaîtraient) rien, la chanson donne en gros toutes sortes d'éléments véridiques à propos de l'éducation aristocratique spartiate, de l'eugénisme à la carrière militaire en passant par la fameuse cryptie, le "rite de passage" au cours duquel les jeunes gens vivaient hors de la ville et devaient agir en hors-la-loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les Romains, alors ? Dans l'épisode 4 de la saison 1, le "Roman Report" de Bob Hale résume leur histoire en un temps record : 2 minutes et 54 secondes...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe title="YouTube video player" src="http://www.youtube.com/embed/2kRwJJwxGZE" allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et comme l'histoire événementielle ne fait pas tout, laissez-moi finir avec l'exemple de la religion romaine, abordée dans "Roman Gods Direct" (saison 1, épisode 9)...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe title="YouTube video player" src="http://www.youtube.com/embed/iHYfizhDPlI" allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" width="640"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour plus de renseignements sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Horrible Histories&lt;/span&gt;, le plus simple est encore de visiter &lt;a href="http://www.bbc.co.uk/cbbc/horriblehistories/"&gt;le site de la série&lt;/a&gt; de la BBC dont proviennent ces extraits, et &lt;a href="http://horrible-histories.co.uk/"&gt;le site de la série de livres&lt;/a&gt; dont la BBC a adapté le principe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-4260717040813496410?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/4260717040813496410/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/im-greek-horrible-histories.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4260717040813496410'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4260717040813496410'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/04/im-greek-horrible-histories.html' title='&quot;I&apos;m a G(r)eek&quot; : Horrible Histories'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/BoUL4xyxzbA/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-8928088151157093148</id><published>2011-03-20T14:42:00.009+01:00</published><updated>2011-03-20T20:06:25.272+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité à la Une'/><title type='text'>Odyssey Dawn</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'intervention militaire en Libye, entamée hier 19 mars par les forces françaises, britanniques et (surtout) américaines, porte plusieurs noms. Comme le précise &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Odyssey_Dawn"&gt;un article de la Wikipédia anglophone&lt;/a&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;thank ye, fellow Wikipedians&lt;/span&gt;), l'opération a été baptisée "Opération Harmattan" côté français, "Operation Ellamy" côté britannique, "Operation MOBILE" côté canadien, et "Operation Odyssey Dawn" (traduit par "Aube de l'Odyssée"), côté américain. Ces divers noms, surtout "Harmattan" et "Aube de l'Odyssée", circulent déjà beaucoup sur Internet. Le nom d'Odyssey Dawn revient très fréquemment, ce qui peut s'expliquer par le fait que, malgré la mise en avant du rôle de la France, &lt;a href="http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/intervention-en-libye-la-france-est-placee-sous-commandement-americain-20-03-2011-1308887_53.php"&gt;ce sont les Américains qui tiennent les commandes (article dans "Le Point")&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes d'accord : les noms des opérations militaires, ce n'est pas vraiment le plus important pour le moment. On pourrait aisément lister des dizaines d'enjeux stratégiques, politiques, diplomatiques, économiques et idéologiques beaucoup plus cruciaux. Dans un contexte pareil, s'arrêter sur la question des noms peut paraître futile en comparaison de l'actualité brûlante des événements qu'ils désignent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais enfin, tout de même. Pourquoi &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssey Dawn&lt;/span&gt; ?&lt;br /&gt;Plus précisément, et en toute mauvaise humeur : pourquoi me faire ça &lt;span style="font-style: italic;"&gt;à moi&lt;/span&gt; ?&lt;br /&gt;Pourquoi récupérer le nom de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, un des chefs-d'&lt;span style=""&gt;œuvres de la poésie antique, et l'un de mes préférés, en plus, pour venir en affubler une opération qui, certes, est supposée venir en aide à un peuple tyrannisé par un dictateur depuis des années, mais qui reste tout de même de nature militaire, c'est-à-dire qui relève par essence, du moins pour moi, du "sale boulot", bien éloigné des odyssées quelles qu'elles soient ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Assez de naïveté feinte : nous avons bien entendu affaire à de la rhétorique militaire. Et il est intéressant de voir les choix effectués par les différentes armées pour nommer leurs opérations.&lt;br /&gt;Il se trouve que la plupart, au moins dans le cas présent, sont beaucoup moins fleuris. J'ignore si "Opération MOBILE", le nom canadien, est un acronyme quelconque (ce n'est pas sûr), et je n'ai pas la moindre idée de l'origine du nom "Ellamy" choisi par les Britanniques. En France, l'opération "Harmattan" tire son nom d'un vent d'Afrique qui, jusque là, avait surtout donné son nom à une maison d'édition (désolé, réflexe de littéraire), et qui, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Harmattan"&gt;à lire Wikipédia&lt;/a&gt;, souffle du Sahara vers le golfe de Guinée ; le Sahara s'étendant entre autres en Libye, le nom n'est pas complètement sans rapport avec le sujet. Bon. On pourrait facilement ironiser sur la logique présidant à ce choix, qui assimile la venue d'avions militaires à une sorte de doux phénomène météorologique (il est vrai qu'un nom plus costaud, comme "tornade" ou "tsunami", aurait été du plus mauvais goût par les temps qui courent...). Mais enfin, ça reste à peu près soft.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Vous avez aimé l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; ? Ça n'a rien à voir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;"Odyssey Dawn", par contre, c'est d'un kitsch absolu. D'où peut bien venir un tel sobriquet ? Pas du nom d'un modèle d'avion ou de char américain, du moins pas que je sache (merci Wikipédia, encore ; désolé, je n'ai pas de meilleure référence sur le sujet à portée de la main). Et certainement pas d'un possible rapport avec l'intrigue de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; d'Homère. Autant on aurait pu comprendre une référence à l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt;, autant l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, cela paraît stupide. Car au cas où vous ne le sauriez pas, l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; n'est pas une épopée guerrière. C'est d'abord une épopée de la survie : Ulysse et ses marins doivent, pour rentrer chez eux à Ithaque, affronter des êtres si monstrueux ou si puissants qu'il est impossible de les vaincre par la force (d'où les fameuses ruses d'Ulysse, contre le Cyclope par exemple). L'épopée se conclut certes par un combat au cours duquel Ulysse massacre les prétendants qui courtisaient son épouse Pénélope, mais il s'agit d'un règlement de compte privé, certainement pas d'une guerre, et tout cela est bien loin de l'actualité politique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;On chercherait avec tout aussi peu de succès un quelconque rapport entre les réalités historiques évoquées par l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; et la région d'Afrique où se trouve l'actuelle Libye. Non que l'Afrique n'ait pas sa place dans la littérature et plus généralement la mythologie grecques : au contraire, on pourrait en parler longuement et citer de nombreux (et beaux) épisodes à ce sujet. Mais dans le cas de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, je sèche. Tout au plus pourrait-on penser aux tentatives, remontant à l'Antiquité et longtemps reprises par les modernes,&lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt; pour faire correspondre des lieux réels aux différentes étapes merveilleuses du voyage d'Ulysse. L'endroit plus proche, dans cette optique, serait le pays des Lotophages, qui était parfois identifié avec l'actuelle Tripolitaine et parfois avec le sud de l'actuelle Tunisie (je vous épargne les multiples tentatives antiques et modernes pour identifier le fameux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lotos&lt;/span&gt;, le fruit qui provoque l'oubli, avec toutes sortes de plantes réelles). Non seulement de telles identifications sont très contestables sur le plan des études mythologiques, et doivent être prises avec distance, mais, quand bien même ce serait bien dans cet élément qu'il faudrait situer l'allusion, le nom n'en paraîtrait pas moins absurde. Je ne pense pas que les pilotes de l'armée de l'air américaine soient partis chez Kadhafi pour manger des fleurs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Un nom d'opération militaire aux connotations épiques et pacifiques&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Alors, pourquoi "Odyssey Dawn" ? Encore un coup, j'ai joué au naïf en tentant de trouver une allusion littéraire précise dans le nom d'une opération militaire. Il est à peu près certain que ce n'est pas à cela que nous avons affaire ici, mais à une référence beaucoup plus vague, et cependant tout aussi réfléchie : une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;connotation&lt;/span&gt;. Il y a tout lieu de penser que, dans l'esprit de la ou des personnes qui ont décidé de ce nom, il s'agissait de présenter l'opération sous un jour acceptable, voire positif, à la fois aux militaires mêmes qui allaient être chargés de la réaliser, aux Américains qui en seraient les témoins, et accessoirement au reste du monde. Bref, ce nom fait pleinement partie de la stratégie américaine, de sa communication à grande échelle (sinon, il n'aurait pas circulé si vite et si largement).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Et les connotations que ce nom a été chargé de porter sont parfaitement bien choisies. D'abord parce qu'au delà de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, ce nom met en place une référence générique : une référence à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;l'épopée&lt;/span&gt;, un genre littéraire qui se caractérise par le fait qu'il présente un univers aux réalités nobles, embellies et grandies par rapport à la réalité que nous avons sous les yeux. Voilà une excellente première raison pour se référer à une telle &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;œuvre : présenter l'opération militaire sous un jour noble, exaltant, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;exciting&lt;/span&gt;, pour employer un mot anglais courant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Quant au choix de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; plutôt que de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt;, il est en réalité beaucoup moins stupide qu'il n'en a l'air. Pour qui a un peu étudié la postérité des deux épopées d'Homère et leur devenir dans l'imaginaire collectif (en particulier occidental), il est frappant de constater que, d'un côté, l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt;, qui pour le coup est à l'origine une épopée pleinement guerrière, est devenue puis restée une référence littéraire majeure lorsque l'on souhaite penser la guerre, notamment sous l'angle de sa gestion politique et idéologique... tandis que &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;l'&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;, en revanche, porte l'image d'un univers pacifique&lt;/span&gt;. Ulysse est devenu au fil du temps la figure du voyageur par excellence, l'homme qui part à la découverte du monde et des peuples étrangers, le voyageur humaniste avant l'heure qui n'a pas peur de se frotter à l'autre, cet autre dût-il se révéler inhumain et hostile, comme le Cyclope ou les Lestrygons.&lt;/span&gt; Le voyage est certes périlleux, mais le voyageur n'est jamais l'agresseur et le voyage n'est pas une conquête, mais une exploration.&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;L'épopée est si bien passée dans la langue que le nom "odyssée" est devenu un nom commun pour désigner un voyage. Un nom commun, certes, mais encore chargé de toutes sortes de connotations positives héritées à la fois du genre de l'épopée et du contenu de la mythologie : une odyssée n'est pas un banal trajet, mais un "voyage rempli d'aventures extraordinaires" (pour citer la définition du Grand Robert).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Peu importe ici qu'il faille traduire "Odyssey Dawn" par "Aube de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;", en référence à celle d'Homère, ou par "Aube d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;une&lt;/span&gt; odyssée", avec emploi du nom commun (l'expression anglaise ne permet pas de faire la différence entre les deux emplois). Le résultat en termes de connotations est le même : &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;une opération militaire se voit présentée au public sous un nom volontairement choisi pour ses connotations positives et pacifiques&lt;/span&gt;. Le tout avec une référence au moins potentielle à l'une des &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;œuvres poétiques qui forment les fondements de la culture occidentale, donc une référence qui peut être très largement comprise (que l'on ait lu l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée &lt;/span&gt;ou non) : utile lorsque ladite opération doit prendre en charge sur le plan logistique les interventions de nombreux pays coalisés.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Bref, en termes de choix de communication (autrement dit, de rhétorique militaire) et de maniement des symboles, l'armée américaine s'y connaît visiblement très bien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Du bon usage des héritages culturels&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;"Quelle est donc cette &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Iliade &lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;qu'on nous fait prendre pour une &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; ?" serez-vous tentés de vous exclamer à la lecture de ce message. Mais c'est encore, à mon avis, une mauvaise façon de poser la question. &lt;/span&gt;Le fait est qu'en entendant pour la première fois mentionner le mot "Odyssée" à propos d'une opération militaire, je me suis senti on ne peut plus mal à l'aise.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Pour comprendre pourquoi, il faut se souvenir - et garder salutairement à l'esprit - que les &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;œuvres littéraires antiques, de même d'ailleurs que les événements historiques antiques, sont aujourd'hui encore porteurs d'un lourd passif idéologique. Ce sont des références chargées d'histoire ; tant qu'on les manie dans un esprit pacifique, elles sont simplement chargées de culture, d'une culture passionnante ; mais lorsqu'on les manie dans un but agressif, elles peuvent facilement devenir chargées d'histoire comme un revolver est chargé.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Il faut savoir que la guerre de Troie, cet affrontement qui, chez Homère, oppose des Achéens et des Troyens qui parlent la même langue, partagent la même culture et révèrent les mêmes dieux, a été récupérée par les Grecs, à partir des guerres médiques qui les ont opposés aux Perses, et repensée en termes d'affrontement entre Europe et Asie, Grecs contre barbares, présentés comme radicalement différents et destinés à s'opposer. Il faut se souvenir des forts enjeux nationalistes dont est encore aujourd'hui chargée la référence à l'antique en Grèce, en Turquie et en Macédoine. Il faut se rappeler que de nos jours, un péplum peut servir à critiquer implicitement la politique hégémonique de George W. Bush (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Troie&lt;/span&gt; de Wolfgang Petersen - critique assez gentillette, je vous l'accorde), à véhiculer des convictions assez nauséabondes (le comic &lt;span style="font-style: italic;"&gt;300&lt;/span&gt; de Frank Miller, auteur dont les positions sur le rôle de l'Amérique dans le monde et sur le choc des civilisations sont sans équivoque), ou à réfléchir sur le fanatisme religieux quel qu'il soit (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Agora&lt;/span&gt; d'Alejandro Amenábar&lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Bref, une référence à l'Antiquité n'est pas toujours motivée par un pur besoin de s'instruire ou d'instruire les autres : c'est aussi un instrument  puissant pour véhiculer des idéologies, voire réécrire l'Histoire, surtout quand ceux qui écoutent ne se sont pas donnés la peine de l'apprendre ou n'ont pas l'idée d'aller vérifier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;C'est pourquoi, quel que soit le bien-fondé des opérations militaires actuelles, je ne peux m'empêcher de regarder avec inquiétude le déploiement d'une telle rhétorique militaire. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Une opération militaire n'est pas une odyssée, ni une épopée, et elle n'a rien d'exaltant. C'est une... opération militaire.&lt;/span&gt; Certes, il y a lieu d'espérer qu'une telle rhétorique reste sans effet sur une bonne partie de son public... mais peut-on en être sûr ? Elle opère au niveau des connotations, de l'implicite, de la séduction graduelle. Et tout le monde n'est pas également armé pour la désamorcer comme il faut (si je peux me permettre ces métaphores).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;Tant qu'à faire de donner dans l'idéologique, pourquoi ne pas avoir baptisé l'opération "Liberté en Libye" ou quelque chose du genre ? Aurait-ce été trop explicite ? Aurait-ce été trop fade ? Quoi qu'il en soit, je saurai gré aux militaires d'éviter de vendre de l'épopée aux foules lorsqu'il n'arrivera jamais que des faits, de simples faits, avec des destructions et des morts. Ceux qui n'ont jamais étudié les épopées s'y tromperont peut-être ; mais nous, antiquisants, non.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-8928088151157093148?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/8928088151157093148/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/odyssey-dawn.html#comment-form' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8928088151157093148'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8928088151157093148'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/odyssey-dawn.html' title='Odyssey Dawn'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-7401250975900228833</id><published>2011-03-12T19:11:00.003+01:00</published><updated>2011-03-19T18:12:26.966+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité sur scène'/><title type='text'>"Electre" au Théâtre du Lierre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Electre&lt;/i&gt;, d’après Sophocle (Vème s. avt JC) et Hofmannsthal (1904)&lt;br /&gt;Mise en scène de Pascal Larue&lt;br /&gt;Traduction et adaptation&amp;nbsp;: Eleonora Rossi&lt;br /&gt;Création 2009 au théâtre de Chaoué (Allones) par la compagnie Théâtre de l’Enfumeraie&lt;br /&gt;Au Théâtre du Lierre, Paris XIIIème, du 2 au 6 mars 2011 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’&lt;i&gt;Electre&lt;/i&gt; présentée par Pascal Larue est de ces mises en scène qui refusent de rapprocher l’univers tragique grec du public actuel en le transposant dans le monde contemporain, et privilégient au contraire le maintien d’un écart où se lit l’étrangeté d’un genre ancien doté de ses codes singuliers et d’une dimension sacrée. Bien en phase avec la ligne artistique du Théâtre du Lierre qui reçoit la troupe de l’Enfumeraie, et en accord avec les notes de mise en scène de Hofmannsthal qui refusait lui aussi toute adaptation moderne comme toute reconstitution à l’antique, P. Larue a choisi de faire évoluer ses personnages dans un décor japonisant. Les trois murs de scène sont ainsi longés par trois pontons, tandis qu’au fond se dresse le palais-pagode des rois de Mycènes dont la façade semi-transparente diffuse, plus ou moins intensément au cours de la pièce, cette lumière «&amp;nbsp;rouge comme le sang&amp;nbsp;» qui était l’un des éléments structurants de la mise en scène envisagée par l’auteur autrichien. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Si l’adaptation proposée est sans doute plus fidèle à la pièce d’Hofmannsthal qu’à celle de Sophocle (dont disparaissent en particulier le prologue, le fameux récit de la pseudo-mort d’Oreste aux jeux pythiques, et la ruse déployée autour de la fausse urne funéraire supposée contenir les cendres du héros), elle conserve cependant le chœur, pilier du genre tragique grec. Grâce à un véritable travail chorégraphique et vocal, la mise en scène est ainsi en mesure de restituer pleinement la dimension collective, à la fois sociale et rituelle de la tragédie grecque, ainsi que de la rendre à sa dimension de spectacle total. C’est d’ailleurs sur l’entrée du chœur en une procession rituelle qui répète les funérailles d’Agamemnon, ce moment fondateur où le temps s’est arrêté, que s’ouvre la pièce. Revêtus de longues robes colorées (japonisantes également), et de demi-masques, les choreutes déposent en chantant, dans une jarre-tombeau, le masque funéraire du roi, inspiré du fameux masque d’Agamemnon de Mycènes, puis se livrent à une danse sacrée accompagnée de chants proférés dans une langue étrange (le japonais&amp;nbsp;?), et rythmés par la musique d’un violoncelle joué sur scène. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Lorsque le chant choral s’interrompt, c’est la mélopée d’Electre qui lui succède, des paroles terribles répétées en boucle sur l’air innocent d’une comptine enfantine&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;mon papa est mort, il est raide mort&amp;nbsp;/ y’en a plus que deux qui tueront leur mère&amp;nbsp;/ y’en a plus que deux qui sont vigoureux&amp;nbsp;». Electre, dans sa tunique courte d’Artémis chasseresse, avec son regard hagard et ses traits sauvages, est à la fois l’éternelle vierge de Sophocle figée à l’âge de jeune fille, dans le temps du deuil et l’attente de la revanche, et la névrosée post freudienne de Hofmannsthal, morte-vivante mue par son obsession vengeresse,&amp;nbsp; une pulsion de mort destructrice et auto-destructrice. Comme le chœur, son allié naturel, Electre danse (c’est là aussi un trait emprunté à Hofmannsthal), mais d’une danse endiablée, de possédée. Performance quasi-magique qui invoque le surgissement de la vengeance, envoûtante et terrifiante prestation, la danse d’Electre, à la fin, se fait célébration de la vengeance accomplie, gestuelle de plus en plus désarticulée et spasmodique, agonie dansée à laquelle l’héroïne, vidée des forces vitales qui ne faisaient qu’un avec sa haine désormais assouvie, succombe. Danse de la mort, la danse d’Electre est astucieusement contrebalancée, dans cette mise en scène, par une danse de Chrysothémis, sa sœur, qui incarne au contraire la pulsion de vie et les forces de l’érôs. Gracieuses évolutions, que celles de Chrysothémis, toutes en petits pas mesurés et en mouvements ondulants des bras&amp;nbsp;: traduction chorégraphique de l’harmonie classique grecque que le long péplos immaculé de jeune fille incarne également face à la démesure tragique et inhumaine de sa sœur. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;A ce premier ensemble constitué par Electre, Chrysothémis et le chœur,&amp;nbsp; s’oppose un second, formé par Clytemnestre et ses femmes. L’une des plus grandes réussites de cette mise en scène est en effet sans doute d’avoir récupéré le groupe des servantes hostiles à Electre introduit par Hofmannsthal dans la première scène de sa pièce, pour en faire une sorte de chœur secondaire, contrepoint du chœur tragique de Sophocle allié à l’héroïne. Le «&amp;nbsp;chœur&amp;nbsp;» des servantes (d’ailleurs joué, sans les masques, par les mêmes actrices qui composaient le chœur principal) ne chante pas, ne danse pas&amp;nbsp;: il raille, médit, et glousse. Bien plus –et c’est là qu’intervient le génie du metteur en scène-, ce second chœur, littéralement, fait corps avec Clytemnestre. Lorsque les portes du palais s’ouvrent pour laisser apparaître, juchée sur son trône, la reine, figée, raidie dans la gaine de sa robe noire incrustée de pierres magiques et de talismans, celle-ci se trouve entourée de ses servantes qui l’assistent dans chacun de ses mouvements. Peu à peu, leurs bras l’enserrent, leurs bouches se mettent à accompagner les paroles de la reine, jusqu’à la métamorphoser en une sorte de monstre féminin, de déesse hindoue à la fois terrifiante et grotesque. Une fois portée par ses servantes dans l’espace de jeu central où elle fait face à sa fille, Clytemnestre redevient la névrotique-hystérique d’Hofmannsthal, semi-paralytique terrorisée par ses angoisses nocturnes et sa mauvaise conscience, appuyée sur son sceptre paré de grigris- un personnage dont les intonations haut perchées et artificielles, ici, font un être passablement ridicule, auquel le public ne ménage pas ses éclats de rire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Le personnage d’Oreste, dont le retour cristallise l’angoisse ou l’espérance des autres personnages, n’a pas non plus été négligé par l’inventivité créatrice de cette mise en scène. Le héros, qui n’apparaît, comme chez Hofmannsthal, que pour une brève scène de reconnaissance avec sa sœur avant le meurtre, est représenté sous la forme d’une marionnette humaine masquée, mue par les baguettes de «&amp;nbsp;marionnettistes&amp;nbsp;» qui l’entourent. Ses gestes, mécaniques et stylisés, sont accompagnés de la voix d’une actrice, agenouillée au fond de la scène, qui récite son rôle. Ce recours à l’art traditionnel des marionnettes asiatiques, en harmonie avec la scénographie de la pièce, permet de rendre très astucieusement le caractère «&amp;nbsp;à part&amp;nbsp;» du personnage d’Oreste. Un personnage mu par le dieu Apollon chez Sophocle, par une volonté indéfectible chez Hofmannsthal, un personnage sans passions à mille lieues des souffrances et rancœurs de sa sœur, une simple force agissante qui n’entre en scène que pour remplir sa mission. Un personnage quasi épique qui surgit pour accomplir une vengeance qui ne fait pas problème, un meurtre «&amp;nbsp;sans restes&amp;nbsp;» (Florence Dupont) qui ne laisse derrière lui ni remords ni règlement judiciaire. Or, c’est justement sur ce point que l’adaptation proposée par P. Larue et E. Rossi, peut, dans son dénouement, porter à controverse. A l’habile tissage des textes de Sophocle et Hofmannsthal, cette nouvelle adaptation ajoute en effet, à la toute fin, une conclusion inspirée des Euménides d’Eschyle, et prononcée (toujours à travers la voix de l’actrice qui le double) par Oreste. Certes, une telle conclusion ajoute une dimension étiologique et judiciaire à l’histoire d’un meurtre qui, chez le poète grec comme chez le dramaturge autrichien était close sur elle-même, la vengeance, dans les deux cas, étant à elle-même sa propre fin. Avant d’en conclure trop vite au contresens, il faut cependant tenir compte du fait qu’un tel dénouement est tout à fait cohérent avec la logique interne de la mise en scène, et en particulier avec sa représentation d’Oreste comme héros surgi de la tradition, ordonnateur, et, en un certain sens, civilisateur. Au moment où Electre, représentante de la force des passions féminines incontrôlables, git sous les yeux du public,&amp;nbsp; désormais hors-jeu, s’établit un ordre nouveau, patriarcal, stable et rationnel.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Au sortir de cette représentation&amp;nbsp; remarquable par&amp;nbsp; l’ingénieuse combinaison qu’il a su faire de deux textes, de deux lectures du mythe, de deux univers culturels, de deux esthétiques théâtrales distants de plus de 23 siècles, ainsi que par une créativité scénique incroyablement féconde, une inquiétude vient cependant ternir le plaisir du spectacle. Le Théâtre du Lierre, dont la compagnie, dirigée par Farid Paya (également directeur du théâtre) concentre ses recherches depuis des années sur le théâtre antique, va fermer ses portes début juillet, et aucune solution à ce jour n’a été proposée pour le reloger. Espérons que sa troupe, ainsi que les compagnies, comme celle de l’Enfumeraie, que Le Lierre avait coutume d’accueillir, retrouveront bien vite un nouvel espace d’expression pour continuer à proposer un théâtre antique exigeant et inventif, tel qu’il fait souvent cruellement défaut sur les grandes scènes parisiennes...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;Sorayya &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-7401250975900228833?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/7401250975900228833/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/electre-au-theatre-du-lierre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7401250975900228833'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7401250975900228833'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/electre-au-theatre-du-lierre.html' title='&quot;Electre&quot; au Théâtre du Lierre'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-8986572627888874915</id><published>2011-03-12T19:04:00.003+01:00</published><updated>2011-03-12T22:40:05.725+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité sur scène'/><title type='text'>Nouvelle rubrique !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oyez, oyez, braves gens ! J'ai encore réussi à débaucher une collègue ! Les articles sur les pièces de théâtre ayant l'air d'intéresser pas mal de gens, après Eunostos le mythologue, spécialiste des articles fouillés et originaux, voici Sorayya, LA spécialiste de théâtre antique !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle va très régulièrement au théâtre et me transmettra ses articles lorsqu'elle aura le temps (c'est comme pour nous : thèse oblige) et en essayant de le faire suffisamment tôt pour que vous ayez les infos avant que les représentations ne soient finies.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ceci dit, ce blog est aussi un espace de partage, alors vous avez vu ces pièces, vous voulez aller les voir, vous les avez vues dans une autre mise en scène, dites-nous ce que vous en pensez en commentaire ! &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Son premier message est &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/electre-au-theatre-du-lierre.html"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-8986572627888874915?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/8986572627888874915/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/nouvelle-rubrique.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8986572627888874915'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8986572627888874915'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/nouvelle-rubrique.html' title='Nouvelle rubrique !'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-4885441171249230688</id><published>2011-03-10T21:03:00.001+01:00</published><updated>2011-03-10T21:04:01.982+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Du bon côté du bureau'/><title type='text'>Cours de l'extrême</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après un cours abrutie par la fièvre et une crève carabinée, notre héroïne de l'extrême décida de profiter du relatif décloisement de ses fosses nasales pour honorer une promesse et passer la soirée à Montmartre, dans le but de ruiner le beau temps revenu (vous avez vu les nuages aujourd'hui ? c'est moi. De rien, ne me remerciez pas).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oui, mais, ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est qu'elle serait quasiment aphone le lendemain, jour où elle devait faire cours. Catastrophe. Elle l'avait bien cherché, mais c'était une catastrophe quand même.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/74/GIPE25_-_Eclair_%28by%29.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/74/GIPE25_-_Eclair_%28by%29.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Eclair pendant un orage à Besançon le 8 juin 2008 ; photo par Gilles Pretet ; source : Wikipedia Commons)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après une matinée de silence absolu (ce qui est difficile : c'est dingue tous les commentaires que je peux faire en lisant du latin), je me suis retrouvée avec une voix d'ado en train de muer. Je vous laisse imaginer la tête de mes étudiants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il a donc fallu que je faisse un cours de grammaire latine plus ou moins en langage des signes. Ce qui a donné ça :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;\o/&amp;nbsp; =&amp;gt; « Bonjour ! »&lt;br /&gt;o//&amp;nbsp; =&amp;gt; « Aujourd'hui, nous allons travailler sur Tibulle et les sorcières !»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;/o\&amp;nbsp; =&amp;gt; « Mais, tout de suite, interro sur le cours précédent ! »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;lt; o &amp;gt; =&amp;gt; (sifflement ; un quart d'heure de repos pour ma voix) &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;\o/&amp;nbsp; \\o&amp;nbsp; o// =&amp;gt; (ceci est un développement sur la morphologie du futur et l'importance des voyelles finales pour déterminer le temps d'un verbe)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;/o\&amp;nbsp; \o&amp;nbsp; o/ o&amp;gt;&amp;nbsp; &lt;o&gt; (ceci est un développement sur l'ordre et la défense)&lt;/o&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;(o) \o/ (o) o// \\o &lt;o o=""&gt; \o/ =&amp;gt; (ceci est un développement sur les tournures de type "nec... quisquam")&lt;/o&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce fut sportif, donc.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Depuis, j'ai toujours une voix d'ado en pleine mue (ou de grosse fumeuse, ce qui est ironique, pour quelqu'un qui n'a jamais fumé une cigarette), à présent entrecoupée de quintes de toux terribles, mais, au moins, j'ai fait cours. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-4885441171249230688?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/4885441171249230688/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/cours-de-lextreme.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4885441171249230688'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4885441171249230688'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/cours-de-lextreme.html' title='Cours de l&apos;extrême'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-5299642608803949728</id><published>2011-03-08T20:17:00.002+01:00</published><updated>2011-03-09T11:52:56.127+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité à la Une'/><title type='text'>Néron a-t-il vraiment mis le feu à Rome ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec ce qui se passe en ce moment en Libye et ailleurs (mais surtout en Libye), je sens venir gros comme une maison les comparaisons entre Khadafi et l'ami Néron (nan, c'est pas vraiment mon ami, mais, disons que depuis deux ans s'est instaurée une sorte de familiarité entre nous ; je continue à penser d'ailleurs que ce serait un excellent nom de chat, mais ma mère a mis son véto pour le nouveau, alors que "Freud" les enthousiasmait tous ; bref : je suis une incomprise). Il me semble même avoir déjà lu des allusions je ne sais plus trop où ; dommage que Bayrou soit extrêmement silencieux en ce moment (à moins que tout le monde ne se foute royalement de ce qu'il a à dire),&amp;nbsp; sinon, c'est sûr, &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2009/10/bayrou-et-lempire-romain-gnnneeeee.html"&gt;on n'y aurait pas coupé&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pourquoi un parallèle avec Néron ? Ben, parce que c'est le gars qui a foutu le feu à la Ville, bien sûr, et qui en a profité pour chanter devant les flammes la chute et le sac de Troie (version encore pire : il aurait fait mettre le feu &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; chanter la chute de Troie - ah, ces artistes ! qu'est-ce qu'ils ne feraient pas pour trouver l'inspiration !) !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oui, mais a-t-il vraiment mis le feu à Rome ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Suétone, nuancé comme à son habitude, répond : « Sir, yes, sir ! C'est lui qui a fait le coup ! »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Nam quasi offensus deformitate ueterum aedificorum et angustiis flexurisque uicorum, incendit urbem tam palam, ut plerique consulares cubicularios eius cum stuppa taedaque in praediis suis deprehensos non attingerint et quaedam horrea circa domum Auream, quorum spatium maxime desiderabat, bellicis machinis labefacta atque inflammata sint, quod saxeo muro constructa erant. (...) Hoc incendium e turre Maecenatiana prospectans laetusque "flammae", ut aiebat, "pulchritudine", Halosin Ilii in illo suo scaenico habitu decantauit.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"En effet (Néron vient de souhaiter qu'une grande catastrophe se produise de son vivant), sous prétexte qu'il était offensé par la laideur des vieux édifices et l'étroitesse et la sinuosité des rues, il fit mettre le feu à la ville si ouvertement que beaucoup d'anciens consuls ne touchèrent pas à ses valets de chambre, qu'ils avaient pris dans leurs propriétés avec de l'étoupe et des torches, et que certains greniers à blé aux alentours de la Maison dorée, dont il convoitait extrêmement le terrain, furent détruits et incendiés avec des machines de guerre, parce qu'ils avaient été construits avec des murs en pierres. (...) Comme il contemplait cet incendie depuis la tour de Mécène et qu'il était en joie, comme il disait, "à cause de la beauté des flammes", il se mit à chanter la Prise de Troie dans son propre costume de scène." (Suétone, &lt;i&gt;Vie de Néron&lt;/i&gt; 38.3 et 6)&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comme vous pouvez le voir, on a toute la scène : le dingue qui décide que l'architecture de la ville ne lui plaît pas et qu'il faut donc remédier à tout ça, les sbires pleins d'ardeur (s'attaquer à des greniers à grain avec des machines de guerre, même si leurs murs sont en pierres, il faut le faire !) et absolument sans complexes, les sénateurs n'osant rien faire par peur que cela ne leur retombe salement sur le museau et préférant donc perdre leur maison plutôt que la vie et, surtout, surtout, surtout, la fameuse scène de la déclamation devant les flammes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/EiRn7r52FKA?rel=0" title="YouTube video player" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rhââââââââ...! Je ne me lasse pas de ce film !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, tout serait formidable dans le pire des mondes (je vous rappelle que &lt;i&gt;formidabilis&lt;/i&gt;, en latin, signifie "redoutable",&amp;nbsp; &lt;i&gt;formido&lt;/i&gt; signifiant la peur), si mon Vieux Grincheux Préféré, j'ai nommé : Tacite (non, Suétone n'a pas encore de surnom ; en revanche, si ça vous intéresse, depuis mon master 1, Pline le Jeune est, pour moi, définitivement "la Punaise" : essayez de lire son &lt;i&gt;Panégyrique de Trajan&lt;/i&gt; et vous comprendrez) n'élevait pas une voix quelque peu discordante. Car Tacite, même s'il n'est pas particulièrement favorable à Néron (litote), est quand même nettement moins affirmatif.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Sequitur clades, forte an dolo principis incertum - nam utrumque auctores prodidere -, sed&amp;nbsp; omnibus quae huic Vrbi per uiolentiam ignium acciderunt grauior atque atrocior. (...) Nec quisquam defendere audebat, crebris multorum minis restinguere  prohibentium, et quia alii palam faces iaciebant atque esse sibi  auctorem uociferabantur, siue ut raptus licentius exercerent, seu iussu. (...) Quae, quamquam popularia, in inritum cadebant, quia peruerserat rumor, ipso tempore flagrantis Vrbis, inisse eum domesticam scaenam et cecinisse Troianum excidium, praesentia mala uetustis cladibus adsimulantem.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ensuite eut lieu une catastrophe, arrivée par hasard ou à cause de la fourberie du prince, on ne le sait pas - car des auteurs ont transmis les deux versions -, mais qui fut plus grave et plus atroce que toutes celles qui arrivèrent à cette ville à cause de la violence des incendies. (...). Et personne n'osait combattre le feu, à cause des nombreuses menaces de ceux qui interdisaient de l'éteindre et parce que d'autres jetaient ouvertement des torches et hurlaient qu'ils avaient des répondants, soit pour se livrer au pillage avec plus de licence, soit parce qu'ils avaient des ordres. (...) Ces mesures (prises par Néron pour remédier aux dommages causés), bien que visant le peuple, manquèrent leur effet, car s'était répandue la rumeur que, au moment même où la Ville était la proie des flammes, il s'était rendu dans son théâtre privé et avait chanté la ruine de Troie, comparant les maux présents aux catastrophes d'autrefois." (Tacite, &lt;i&gt;Annales&lt;/i&gt; XV 38.1 et 7, puis 39.3)&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Si vous avez lu &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2009/12/cadeau-de-noel-avant-et-apres-lheure-la.html"&gt;mon petit topo sur la mort de Germanicus&lt;/a&gt;, vous savez combien j'adoooore les marques de modalisation de type "on dit que", "on raconte que", "il paraît que" : c'est mon dada. Là, avec Tacite, je suis ravie : d'abord, il annonce qu'on a deux versions pour la responsabilité de l'incendie (le hasard ou cette saleté de Néron), puis continue de prendre des gants avec les fameux sbires (après tout, ils disent ce qu'ils veulent, ça ne signifie pas nécessairement ni qu'ils sont au service de Néron, ni qu'ils ont effectivement reçu l'ordre de tout brûler), enfin relègue la fameuse scène de la déclamation effarante dans la catégorie "rumeur", rumeur qui, contrairement à Suétone, ne l'intéresse pas en tant que telle, mais en raison de ses effets (c'est sûr, ce n'est pas évident de convaincre son peuple qu'on n'y est pour rien, si lui est convaincu qu'en plus vous en avez profité pour bien vous poiler ; mieux vaut trouver un bouc émissaire, c'est plus efficace : ah bah tiens, justement, on a les chrétiens sous la main !).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evidemment, c'est la version de Suétone que tout le monde a retenue, d'abord parce que Tacite a totalement disparu pendant le Moyen-Age (on ne le redécouvre qu'au XVème siècle), ensuite parce qu'elle est quand même beaucoup plus &lt;i&gt;fun&lt;/i&gt; (autre possibilité : les scénaristes hollywoodiens et autres sont infoutus de lire du latin un peu retors : regardez la série "Rome", c'est du copier-coller mal fait de Suétone) : c'est vrai quoi, ces gens sérieux, ils sont barbants, à prendre des pincettes comme ça...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et finalement, quelle est l'opinion des historiens modernes ? Il est assez peu probable que Néron ait vraiment mis le feu à Rome, d'autant qu'il n'en avait pas besoin : les conditions de sécurité et d'hygiène y étaient tellement déplorables et la surpopulation et l'étroitesse des rues telles qu'elle flambait toute seule très régulièrement sans avoir besoin qu'on l'aide, hélas. Par contre, ce qui est probable, c'est que, précisément afin d'en profiter pour mettre en peu d'ordre dans tout cela, il ne se soit pas beaucoup dépêché de la faire éteindre. Et comme il avait des conceptions architecturales assez nouvelles (ce qui est toujours assez risqué quand on dirige un peuple archi conservateur : &lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; ce qui est arrivé à Akhénaton après sa mort), le refus public des nouvelles constructions s'est changé en "il l'a fait exprès pour pouvoir reconstruire". Quand au coup de la déclamation, ce genre de perfidies largement diffusées étaient très courantes dans l'Antiquité (on fait acte d'opposition comme on peut, qu'est-ce que vous voulez).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2009/10/bayrou-et-lempire-romain-gnnneeeee.html"&gt;François&lt;/a&gt;, tu veux ajouter quelque chose ?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-5299642608803949728?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/5299642608803949728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/neron-t-il-vraiment-mis-le-feu-rome.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5299642608803949728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5299642608803949728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/neron-t-il-vraiment-mis-le-feu-rome.html' title='Néron a-t-il vraiment mis le feu à Rome ?'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/EiRn7r52FKA/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-3451059560229487273</id><published>2011-03-05T19:58:00.000+01:00</published><updated>2011-03-05T19:58:51.806+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;univers universitaire'/><title type='text'>Le bonus du week-end</title><content type='html'>Ça fait environ une demi-heure que je suis en train de me poiler sur ça : &lt;a href="http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?pages/Dictionnaire-du-jeune-chercheur-en-sciences-humaines"&gt;Dictionnaire du jeune chercheur en sciences humaines&lt;/a&gt;. Savourez-le et bon week-end !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-3451059560229487273?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/3451059560229487273/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/le-bonus-du-week-end.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/3451059560229487273'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/3451059560229487273'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/le-bonus-du-week-end.html' title='Le bonus du week-end'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-7033524109778321653</id><published>2011-03-05T19:17:00.003+01:00</published><updated>2011-03-05T19:33:53.686+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Oulm Connection'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Horreur et frémissements'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;univers universitaire'/><title type='text'>Petite chronologie de mon samedi</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;7h30 : Se lever comme un jour de semaine le samedi matin, ça pue du boudin.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9h : Bordel, à force de comater, je vais être en retard !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9h24 : C'est la moment de faire mon best temps &lt;i&gt;ever&lt;/i&gt; pour la remontée Censier-Daubenton-Rue d'Ulm.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9h27 : Nom d'un kangourou, on dirait que je vais y arriver !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9h29 : Yes ! je suis en train d'y... Oh my God ! mon ancien directeur ! gloups ! Espérons qu'il ne m'en veut plus... De toute façon, je ne pourrai pas le fuir toute ma carrière, il faudra bien faire quelque chose un jour.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9h30 : arrivée pile pour le début du colloque.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9h45 : arrivée de mon ancien directeur (de l'intérêt de prendre directement l'escalier au lieu d'attendre l'ascenseur). Bonjour de chaque côté, aussi manifestement respectueux que possible et un peu gêné de ma part, un peu pincé de l'autre côté... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;11h : pause. Je descends parler avec mon directeur actuel, vu qu'il m'a demandé de venir pour aider à mettre en place le repas de midi. Mon ancien directeur traverse l'allée de sièges dans ma direction. Doute : est-ce qu'il vient me parler ? De toute façon, je suis déjà descendue trop bas. J'espère qu'il ne venait pas me voir pour prendre des nouvelles, sinon je vais passer pour la méprisante et la malpolie de service... Il faut absolument que j'essaie de me rattraper à midi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;11h15 : je m'éclipse avec la femme de mon directeur actuel afin d'aller acheter de la nourriture en plus pour le repas : Chef lui avait dit de commander pour une vingtaine de personnes, on est nettement plus proches de la trentaine.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;11h30 : il faut qu'elle soit de retour à 12:30 pour le traiteur. Je propose d'aller au Franprix qui est à dix minutes de là, rue Monge.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;11h45 : bordel, j'avais oublié que c'était dix minutes pour quelqu'un à la marche de croisière de dingue comme moi...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;12h20 : ça s'est fini par elle partant devant et moi suivant avec les bouteilles (n'y voyez aucune allusion : à ce moment-là, on n'avait même pas encore de tire-bouchon !).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;12h25 : inspection du département. Zut ! il y a un colloque toute la journée dans la salle qu'on comptait utiliser ! Tant pis, on s'installera dans le hall.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;12h32 : la femme de mon directeur est allée attendre le traiteur devant la porte. Je vois arriver un homme portant des cartons. Dix secondes d'hésitation. « Vous êtes là pour le colloque ? - Oui, mais je crains que ce ne soit pas pour le même... Nous comptions manger ici. - Mince ! nous aussi ! Vous êtes combien ? - Une trentaine. - Bon, on est moins nombreux, on va manger dehors : il fait froid, mais beau et la cour est abritée du vent. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;12h40 : le traiteur n'est toujours là.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;12h50 : après coup de fil, il s'avère que le traiteur est en fait passé à 11h et a tout largué à la loge.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;12h52 : récupération des victuailles. Heureusement que les colloques prennent toujours d'incroyables retards...!&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;13h30 : bon, qu'est-ils font ? En plus, ça embaume la nourriture, maintenant, et mon estomac crie famine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;13h45 : les participants de l'autre colloque reviennent dans leur salle. On aurait presque pu leur laisser la place et alterner, finalement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;14h : avec 1h30 de retard, voici les nôtres. Mon ancien directeur n'est pas là.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;14h30 : ils retournent travailler. Il n'y a plus rien à manger, je n'ai pas eu le temps d'avaler un morceau et j'ai fini en leur faisant des sandwichs au pâté. Je profite qu'ils s'en aillent pour m'en faire un rapidement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;14h45 : après avoir fini de tout ranger, la femme de mon directeur propose qu'on se fasse un sandwich au pâté, maintenant qu'on peut manger. J'accepte. On goûte le vin rouge, que j'ai choisi au pif (nom d'un bled du Midi pas loin de chez moi). Bilan : il est franchement dégueulasse ; voilà donc pourquoi ils se sont tous jetés sur le blanc... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;15h : la femme de mon directeur propose de finir le pâté. Je ne suis un peu bleurp, mais j'accepte, histoire que ça leur fasse un truc lourd de moins à remporter. Chef, qui erre à la recherche d'une photocopieuse parce que quelqu'un n'a pas eu le temps de préparer ses exempliers, nous prête main forte.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;15h30 : de retour dans l'amphi. Cette fois, je suis tout à fait bleurp. Mon ancien directeur n'est pas revenu : j'ai donc bel et bien raté une occasion d'essayer de normaliser les choses.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;16h15 : la digestion s'ajoute au manque de sommeil : j'ai de plus en plus de mal à suivre ce que dit l'intervenant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;17h : pause. Merci mon Dieu, c'est le moment de rappeler à mes neurones qu'il n'est &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; 23h.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;17h30 : reprise pour le sprint final. Je m'échappe et marche dans le froid jusqu'à Austerlitz, histoire de faire passer mes trois sandwichs au pâté.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;18h15 : rentrée chez moi. Thé. Joie. Livre III des &lt;i&gt;Histoires&lt;/i&gt; de Tacite toujours pas fini : ce ne sera pas pour aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et vous, vous avez fait quoi de votre samedi...? &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-7033524109778321653?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/7033524109778321653/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/petite-chronologie-de-mon-samedi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7033524109778321653'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7033524109778321653'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/petite-chronologie-de-mon-samedi.html' title='Petite chronologie de mon samedi'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-886135467527175509</id><published>2011-03-02T17:29:00.000+01:00</published><updated>2011-03-02T17:29:21.459+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Du bon côté du bureau'/><title type='text'>Don't worry, be happy !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je dois reconnaître que les étudiants m'épatent souvent, surtout depuis que je n'en fais (presque) plus partie (la question préliminaire étant : en ai-je vraiment fait (pleinement) partie ?). &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aujourd'hui, fin de cours. Je lève le camp rapidement pour que ma collègue et son groupe puissent s'installer dans la salle (c'est quand on se retrouve à poireauter de très longues minutes dans le couloir parce que la collègue du cours précédent prend son temps, alors qu'on est soi-même très &lt;i&gt;short&lt;/i&gt; niveau &lt;i&gt;timing&lt;/i&gt; (oui, je sais, plutôt que de mettre des mots anglais en italiques, je ferais mieux d'utiliser des mots français), qu'on comprend toute l'importance du fait de finir à l'heure - ça et, quand on a été étudiant, quand on est tombé sur un prof qui débordait plus ou moins systématiquement d'une demi-heure), réponds rapidement dans le couloir à la question d'une étudiante et vois, tout au fond, une fille que j'avais au premier semestre s'avancer nonchalamment. Arrivée à mon niveau, elle me salue et me demande si je peux lui remplir l'attestation d'assiduité pour sa bourse ; aucun problème : je dégaine mon stylo.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« C'est votre camarade, qui vous a dit que je fais cours ici à cette heure-là ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, non. C'est juste que j'essaie de retrouver mes profs du premier semestre et là, vous voyez, je suis en retard, alors, comme je vous vois dans le couloir, j'en profite. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n'ai pas très bien vu la relation entre le fait d'être en retard et celui d'en profiter pour me chopper dans le couloir, mais chapeau : à sa place, j'aurais été dans les Affres de la Date-Limite (qui, pour autant que je sache, est déjà dépassée depuis belle lurette), bien loin de sa tranquillité sereine.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Finalement, je devrais peut-être me calmer pour le retard de ma thèse, qui, somme toute, n'a pour le moment qu'un peu plus d'un semestre d' "existence"...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://farm3.static.flickr.com/2004/2276029274_b5b6b20762.jpg?v=0" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://farm3.static.flickr.com/2004/2276029274_b5b6b20762.jpg?v=0" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(photo prise à Dallas, Reunion District, par jczart ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-886135467527175509?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/886135467527175509/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/dont-worry-be-happy.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/886135467527175509'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/886135467527175509'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/03/dont-worry-be-happy.html' title='Don&apos;t worry, be happy !'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-8454803920734445183</id><published>2011-02-15T21:32:00.002+01:00</published><updated>2011-03-05T19:11:42.433+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Articlologie'/><title type='text'>Oui, on sait, tu l'aimes, ton Othon, mais quand même !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Plus je creuse sur les empereurs romains et plus je suis étonnée par certains articles sur lesquels je tombe. Vous avez aimé &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/05/antiquite-et-psychanalyse-sauvage-en.html"&gt;la psychanalyse sauvage de Tibère&lt;/a&gt; ? vous allez adorer le gars qui se fait le défenseur naïf et acharné d'Othon !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Laissez-moi vous présenter ledit Othon : en 68, Néron se suicide ; arrive au pouvoir Galba. Mais Galba est vieux et, surtout, on se rend assez vite compte qu'il est tout à fait à côté de la plaque : après avoir promis des sous aux soldats pour les avoir de son côté, il refuse de payer et leur parle comme si la république n'était pas finie depuis presque un siècle. Bref : c'est une catastrophe.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Arrive Othon : c'est un ancien camarade de débauche de Néron, tombé ensuite en disgrâce et envoyé comme gouverneur en Lusitanie (l'actuel Portugal), à cause d'une histoire avec Poppée, la maîtresse de l'empereur. Il était en effet marié avec elle, soit vrai mariage, soit mariage de complaisance, et Néron l'a soupçonné d'"être devenu l'amant de sa femme". D'où un exil caché sous une légation, qui n'avait trompé personne, mais qui s'est soldée par un excellent gouvernement de la province en question.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Othon, lui, comprend que Galba est &lt;i&gt;has been&lt;/i&gt;, que les prétoriens (entre autres) râlent de plus en plus fort et qu'il va bien falloir que le nouvel empereur choisisse un héritier, pour essayer de calmer tout cela. Mais Galba, mal comprenant jusqu'au bout, choisit quelqu'un d'autre et ça finit mal : pour faire bref, Othon se fait proclamer empereur par les prétoriens et Galba est assassiné, dans des circonstances assez atroces, sur le forum.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà donc Othon empereur. Les réactions sont diverses : certains, en particulier le peuple, sont ravis, parce qu'ils adoraient Néron (oui, oui, Néron était loin d'être détesté de tous !) et qu'ils voient son descendant dans le nouveau &lt;i&gt;princeps&lt;/i&gt; ; les autres craignent qu'il ne revienne à ses vices de jeunesse et sont nettement moins enthousiastes, sans oser le montrer trop ouvertement, toutefois, la manière dont Galba a été tué ayant suffisamment marqué les esprits.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pendant ce temps-là, les légions de Germanie, qui, au moment de la mort de Néron, étaient en train de mater une révolte gauloise, mécontentes de voir les empereurs se faire sans leur avis, reconnaissent comme le leur Vitellius, leur général (avec lequel la tradition historiographique n'est pas tendre non plus : grosso modo, elle présente comme préférant s'empiffrer dans les banquets que faire des choses utiles à l'Empire).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les négociations ayant échoué, tout le monde se prépare à la guerre. Les armées de Vitellius entrent en Italie, rencontrent celles d'Othon, qui perdent ; à la surprise générale, Othon décide de ne pas faire couler plus de sang romain et se suicide. Je dis bien "à la surprise générale", car, avec toute sa réputation de vices, de comportement efféminé, etc., personne ne s'attendait à une telle prise de responsabilité.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7a/Oth001.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7a/Oth001.jpg" width="260" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Buste d'Othon ; source : Wikipedia Commons)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Maintenant que vous connaissez un peu mon homme, voyons un peu ce qu'en dit le Cher Collègue Pris de Passion et s'en prend violemment à Tacite. Je vous résume ses arguments et je vous donne mes réponses étonnées, donc, bien sûr, c'est partial (et partiel). Mais pas tant que ça quand même.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Cher Collègue :&lt;/b&gt; Othon ne peut pas être mauvais ! Il ne peut pas être mauvais ! La preuve, quand il était jeune, il a été prêt à tout pour défendre sa bien-aimée contre les Griffes du Vice !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Bibi :&lt;/b&gt; Vous faites allusion à l'anecdote de Suétone, où on voit Néron bloqué à la porte d'Othon, qui refuse de lui rendre celle qu'il lui a "prêtée" ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;CC :&lt;/b&gt; Oui ! parfaitement ! Quelle grandeur d'âme ! quel courage !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;B : &lt;/b&gt;Vous êtes au courant qu'on ne la trouve que chez Suétone, qu'il adore ce genre de petite histoire, quitte à les "arranger" un peu, et que, chez Tacite, c'est Poppée elle-même qui machine pour faire envoyer son "mari" en Lusitanie ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;CC : &lt;/b&gt;Quelle grandeur ! quel courage ! quel romantisme !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;B : &lt;/b&gt;Oui, bon, on va passer au reste. Othon distribuait de l'argent aux soldats bien avant que Galba choisisse d'adopter quelqu'un d'autre...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;CC : &lt;/b&gt;Mais oui, mais c'était innocent ! Il voulait passer par les liens du sang, pas par le sang tout court ! Et ce salaud de Tacite dit qu'il pensait déjà à l'assassinat !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;B : &lt;/b&gt;C'est vrai qu'il écrit "par espoir d'adoption ou pour préparer une action" ; je sais bien que &lt;i&gt;facinus&lt;/i&gt;, en latin, est souvent interprété comme "mauvaise action", mais son sens, c'est "action" tout court.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;CC : &lt;/b&gt;Et regardez Plutarque ! Il dit qu'Othon était déjà considéré par tout le monde comme le successeur de Galba !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;B : &lt;/b&gt;Oui, mais Plutarque cherche des figures d'hommes d'Etat qui correspondent à son idéal philosophique et, si Tacite a tendance à noircir les choses, lui a aussi tendance à les arranger. Et puis, comment expliquez-vous que Galba en ait choisi un autre, si tout le monde voulait que ce soit Othon ? Il était &lt;i&gt;has been&lt;/i&gt;, mais quand même !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;CC : &lt;/b&gt;Et le récit du père de Suétone assurant qu'il pâlissait affreusement à la seule évocation du sang !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;B : &lt;/b&gt;Attendez, là, je vous arrête. Tout le monde sait 1) que le père de Suétone était particulièrement en admiration devant Othon et 2) qu'il a prétendu être là lors du suicide d'Othon alors que c'était matériellement impossible. Donc, comme source solide, il y a mieux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;CC : &lt;/b&gt;Salaud de Tacite ! Où est ton honnêteté intellectuelle ? Il est allé jusqu'à raconter que les gens craignaient qu'Othon retombe dans ses vices! C'est faux ! C'est archi faux !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;B : &lt;/b&gt;Qu'est-ce qui vous permet de dire cela ? Parce que, logiquement, si je me mets à leur place, je serais un brin inquiète de voir arriver au pouvoir un gars qui a suivi Néron dans toutes ses débauches et accepté d'assez bonne grâce que le peuple l'appelle ainsi.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;CC : &lt;/b&gt;Moi, je vous dis, il aurait mieux fait de choisir la tradition positive ! C'était elle, la vraie !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;B :&lt;/b&gt; Et, comme elle est positive, bien sûr, ce n'est pas la peine de la questionner comme l'autre...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-8454803920734445183?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/8454803920734445183/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/02/oui-on-sait-tu-laimes-ton-othon-mais.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8454803920734445183'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8454803920734445183'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/02/oui-on-sait-tu-laimes-ton-othon-mais.html' title='Oui, on sait, tu l&apos;aimes, ton Othon, mais quand même !'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-8970133384876179151</id><published>2011-01-30T10:30:00.002+01:00</published><updated>2011-01-30T10:30:00.379+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Du bon côté du bureau'/><title type='text'>Corrections, piège à cons !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A présent que j'ai déclaré que j'allais écrire ce post maintes fois annoncé, autant de fois repoussé, je suis bien obligée de m'y coller. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeunes étudiants qui passez par ici, je vous en prie, ne vous indignez pas ! Les cons dont je parle ne sont absolument pas vous. Certes, certains devoirs permettent sans doute éventuellement d'évaluer le degré de connerie des personnes qui les sont rédigés (expression à nouveau ambiguë, car elle peut désigner tout autant le concepteur du devoir que celui qui est obligé de le faire - et, pour ce qui est de la détection de la connerie, ça marche dans les deux sens), mais je me dois de clamer avec sincérité sur tous les toits que je n'en ai jamais rencontré.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bref, je parle ici de ma propre connerie et non de celle des autres, quels qu'ils soient.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne sais plus si j'ai déjà déploré ici mon absence de futisme (= caractéristique de celui qui est futé - oui, je viens de l'inventer : et alors ?!). Il faut dire que je l'ai déjà tellement fait partout ailleurs qu'il me semble que le monde entier est au courant du niveau très bas de mon potentiel fufut'.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Laissez-moi vous présenter l'équation : quand vous êtes en thèse, vous avez besoin de temps pour bosser votre thèse. Oui, mais voilà : vous avez aussi des cours à assurer et donc à préparer. C'est là où, si vous être fufut', vous rusez et vous trouvez un moyen de dépenser le minimum de temps dans l'affaire, sans pour autant que vous vous retrouviez avec un cours nul à chier.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sauf que voilà : ruser, je ne sais pas. Donc je commence par foncer dans le mur et, une fois que je me suis fait mal, je me dis : "euh, oui, bon, attendez, on va voir si on ne peut pas faire autrement, ok ?" Et, donc, pour mon cours de littérature, je me suis astreinte à faire, à chaque fois, chez moi, un véritable commentaire composé pour &lt;i&gt;ensuite&lt;/i&gt; le faire faire en cours à mes étudiants. C'est beau. C'est pédagogique. Et j'ose espérer que ça les a un minimum intéressés, vu qu'ils n'ont presque pas séché (six défaillants, sur une classe de quarante et en fin de journée, ce n'est pas si mal, surtout comparé à mon autre cours : post là-dessus à venir). Ceci dit, ça m'a bouffé un temps fou et, quand, en discutant avec un copain, j'ai appris que lui faisait passer les siens en explication de texte devant tout le monde, j'ai pensé : "ah oui, c'est futé ! une reprise d'explication, c'est moins long à préparer qu'un commentaire composé ! j'aurais dû y penser, par Jupiter !".&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://farm4.static.flickr.com/3515/3192488394_39d4a877a9_o.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://farm4.static.flickr.com/3515/3192488394_39d4a877a9_o.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;("L'écrivain", photo par Gilles Chiroleu ; source : FlickR) &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour le devoir à rendre, c'est pareil. Je leur ai donné un commentaire composé à faire chez eux. C'était une bonne idée (si, si, je le pense toujours) et ils avaient presque deux mois pour le faire (j'ai donc été humaine ; ceci dit, deux mois, c'était s'ils avaient ouvert grand leurs oreilles au premier cours : je ne vous raconte pas les regards écarquillés quand j'ai annoncé "Et je vous rappelle que vous devez me rendre votre commentaire dans deux semaines !" ; je l'ai pourtant répété à chaque fois que des nouveaux arrivaient dans mon cours, soit au début des quatre premières séances...). Sauf que :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;1)&lt;/b&gt; j'ai appris que, quand on menace "attention, si vous ne me les rendez pas le jour dit, je vous mets zéro !", c'est comme pour les gamins, il faut être intimement décidé à le faire. Sinon, quand, le jour J, il vous manque dix copies, vous vous retrouvez comme un couillon. Mention spéciale à l'étudiante qui est venue me voir pour me demander "Madame, un commentaire composé, c'est bien un résumé ?", dont les yeux se sont remplis de larmes quand j'ai répondu "Ben, non, un commentaire composé, c'est un commentaire composé et un résumé, c'est un résumé", à qui j'ai donné deux jours de délai et qui ne m'a quand même rien rendu (mais rendez-moi un truc, bordel ! même deux lignes ! Sinon, je suis vraiment &lt;i&gt;obligée&lt;/i&gt; de vous mettre zéro !), tout en me regardant fixement pendant toute la correction.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;2)&lt;/b&gt; c'est chouette, pédagogique et tout et tout, mais ça fait ensuite une sacré pile de copies à corriger. Et, comme vous vous en doutez, étant donné que je ne corrige pas à l'arrache, ça m'a pris pas mal de temps. Pédagogie : sans doute 1, mais efficacité pour ma thèse : sans aucun doute 0.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors je vous laisse imaginer ma rage lorsque je me suis rendue compte que deux d'entre eux avaient pompé leur introduction sur internet ! Le premier n'a pas été très malin, il a utilisé un adjectif dans son sens étymologique &lt;i&gt;très&lt;/i&gt; rare : c'était trop beau pour être vrai, surtout vu le reste de la copie, et mon ami Google a confirmé mes soupçons. J'ai écumé, je lui ai collé 3, après avoir hésité à lui mettre 0. De toute façon, son commentaire valait 6. Oui, mais, voilà, la deuxième copie qui m'a fait le coup, elle valait 13 et, comme pour la première, elle n'avait pompé que l'introduction (j'ai d'ailleurs, dans les deux cas, écrit très crétinement, au début, dans la marge "très bonne introduction ! dommage que vous n'introduisiez pas l'extrait à commenter !"). J'ai fulminé à nouveau, écumé, tapé du pied, hurlé mon Ire sur Twitter, puis, une fois calmée, je me suis sentie mal, je me suis dit que ce n'était tout de même pas juste et je leur ai mis leur véritable note, en leur collant une rouste écrite à grand coup de stylo rouge. Au moment de la correction en cours, quand j'ai lancé "Ne JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS (copier quoi que ce soit sur internet)", j'ai eu droit à trois incroyables secondes de silence total et attentif, les premières et les dernières de tout le semestre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai aussi appris également (eh oui, les corrections, c'est pédagogique pour le prof aussi) qu'il n'était pas évident de continuer sa correction l'air de rien quand un élève s'insurge de la note de sa copine, absente ce jour-là, qui avait manifestement lu le texte &lt;i&gt;très&lt;/i&gt; en diagonale et fait un contre-sens absurde et incompréhensible, ce qui lui avait valu 6. J'avais le choix entre m'arrêter, lui dire de se calmer et de m'adresser sa copine si elle avait des questions sur son devoir et risquer que ça tourne en esclandre public ou faire comme si de rien n'était. J'ai finalement laissé sa voisine le calmer, ce qu'elle a fait en cinq minutes ("Ecoute, tu ne vas pas recommencer ! Calme-toi !"), mais il y a eu un moment où je me suis retrouvée sèche en plein milieu d'une phrase : "Euh, attendez... qu'est-ce que j'étais en train de dire...?".&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai donc l'impression d'avoir été une prof consciencieuse, mais pas très futée et, pour finir, j'en profite pour remercier &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2009/10/my-heroes.html"&gt;mon prof de paléo&lt;/a&gt; : à côté de certaines écritures, la bénéventine et la wisigothe, c'est du pipi de chat !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-8970133384876179151?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/8970133384876179151/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/01/corrections-piege-cons.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8970133384876179151'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8970133384876179151'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/01/corrections-piege-cons.html' title='Corrections, piège à cons !'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-78744721983739132</id><published>2011-01-29T17:54:00.006+01:00</published><updated>2011-01-29T19:58:26.912+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Oulm Connection'/><title type='text'>Conférence (ou pas) censurée (ou pas) : qu'en penser (ou pas) ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bonne année 2011 ! Oui, il est tard pour le dire, mais ce début d'année est une période très prenante, autant pour Lina que pour moi, visiblement. Entre la thèse, la recherche, les cours, les partiels, les activités annexes et la Vie Autre, il n'est pas simple de prendre du temps pour tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout de même, voilà que depuis la mi-janvier on parle soudain beaucoup de l'ENS dans les médias. Vous savez sûrement déjà pourquoi : l'annulation par la Directrice de l'Ecole, Monique Canto-Sperber, d'une conférence de Stéphane Hessel. Annulation saluée par le CRIF (et par d'anciens normaliens), conspuée par beaucoup d'autres (dont d'autres anciens normaliens), évoquée tantôt comme un acte de "courage", tantôt comme une "censure" dangereuse prouvant que l'ENS serait sous influence. C'est le genre de débat qui enfle très vite, charriant des accusations violentes de part et d'autre, et se trouve repris un peu partout. Tout y était pour que le débat enfle et dérape : le sujet sensible (le conflit israélo-palestinien), un enjeu grave (l'accusation de censure), les personnalités hautement médiatisées, la Grande École, les élites potentiellement corrompues, les théories du complot, enfin, tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me crois obligé de parler de ce sujet, parce que, dans un contexte pareil, et avec un échauffage de nerfs aussi impropre à la réflexion posée, on serait capable de voir dans le silence de ce blog (tenu pour le moment par deux anciens normaliens) une sorte de silence coupable, ou complice, ou Zeus sait quoi encore. C'est un peu comme &lt;a href="http://hodoi.fltr.ucl.ac.be/concordances/plutarque_uita_solon/lecture/20.htm"&gt;cette loi de Solon&lt;/a&gt; qui prévoyait de frapper d'infamie tout citoyen qui ne prendrait pas part dans une guerre civile (&lt;span style="font-size:85%;"&gt;oui, j'instrumentalise l'actualité pour caser des éléments de cours, j'assume&lt;/span&gt;). C'est le genre de débat, encore une fois, où la répétition de l'événement prend tellement le pas sur la réflexion qu'on finit par obéir à des logiques aberrantes où il faut absolument être pour ou contre quelque chose, dans un camp ou dans l'autre, bref, être du côté des gentils (conférencier censuré ou directrice calomniée) et définir les autres comme les méchants (lobbyistes cherchant à changer l'ENS en tribune politique pro-palestinienne, ou bien censure de la Direction acquise au CRIF).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, la conférence de Stéphane Hessel a-t-elle été censurée, ou pas ?  Était-ce une conférence sur la liberté d'expression ou un meeting pro-palestinien biaisé d'avance, ou pas ? Canto-Sperber a-t-elle agi sous influence, ou pas ? Que faut-il en penser, ou pas ? La oupalgite, comme dirait &lt;a href="http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782021028959"&gt;Frédéric Pommier&lt;/a&gt;, menace. Alors, comment diable s'y retrouver dans cette histoire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh bien... je n'en ai pas la moindre idée. J'ai lu les propos des uns et des autres, et je n'ai pas moyen de savoir ce qui s'est vraiment passé. Le fait d'avoir été scolarisé à Ulm ne me donne aucune lumière particulière sur la question. J'en conclus (de façon peut-être un peu prétentieuse) que, si je n'ai aucun moyen de trancher une question pareille, alors que je connais bien cette école et que je vais encore très souvent y travailler, il n'y a peut-être pas de moyen magique de savoir instantanément ce qui s'est passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de se faire un avis, donc, le plus sage semble être de rappeler simplement les éléments du débat avec quelques liens :&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/soutenons-stephane-hessel-et-les-pacifistes-de-la-campagne-bds/article/080111/solidarit"&gt;Le 8 janvier : article sur Mediapart annonçant la conférence/débat "Solidarité avec Hessel" à l'ENS, pour le 18 janvier&lt;/a&gt; (on peut y voir l'affiche de la conférence)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&amp;amp;aid=23242&amp;amp;returnto=accueil/main&amp;amp;artyd=70"&gt;Le 13 janvier : l'article sur le site du CRIF mentionnant l'annulation de la conférence&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.france-palestine.org/article16476.html"&gt;Le 15 janvier, réaction sur le site du Collectif Palestine : "La Direction de l'ENS censure Stéphane Hessel à la demande du CRIF !"&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.ens.fr/spip.php?article853"&gt;Le 20 janvier, sur le site de l'ENS, communiqué de la Direction expliquant l'annulation de la conférence&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/01012314984-ce-que-nous-voulions-dire-a-normale-sup"&gt;Le 21 janvier, tribune de Benoist Hurel et Patrick Henriot dans le journal &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt; : "Ce que nous voulions dire à Normale Sup"&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/01012314985-m-hessel-est-obsede-par-israel"&gt;Le même jour, dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt;, réponse de Richard Prasquier (président du CRIF) : "M. Hessel est obsédé par Israël"&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1146593,0.html"&gt;Le 25 janvier, tribune de Régis Debray et Stéphane Hessel dans le journal &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; contre la censure à l'ENS &lt;/a&gt;(seule la brève de première page semble disponible sur le site du Monde)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/27/pourquoi-j-ai-annule-un-meeting-propalestinien_1471386_3232.html"&gt;Le 27 janvier, point de vue de Monique Canto-Sperber dans&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Le Monde&lt;/span&gt;  (daté du 28): "Pourquoi j'ai annulé un meeting propalestinien"&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Il n'y a sans doute pas lieu de crier si vite à la censure, même s'il n'est pas mauvais de se poser la question. Ce qui me paraîtrait déplacé, en revanche, ce serait de tomber à bras raccourcis sur l'ENS en général, et sur Monique Canto-Sperber en particulier, en les présumant coupables, sans prendre le temps de lire les arguments des uns et des autres. Je n'ai aucune tendresse particulière pour la politique actuelle de l'Ecole, et l'attitude de Mme Canto-Sperber sur d'autres questions n'a pas été sans défauts, mais ce n'est pas une raison pour aller si loin et si vite en besogne.&lt;br /&gt;Car il faut convenir que, sur ce sujet précis, les arguments de la Direction et de Mme Canto-Sperber concernant la sécurité ne sont pas &lt;span style="font-style: italic;"&gt;complètement&lt;/span&gt; absurdes. Comme tous les élèves de l'Ecole, j'ai vu passer dans ma boîte de réception, au cours de ma scolarité, des milliers de courriels annonçant des conférences, débats, colloques, journées, projections, etc. et autant d'autres envoyés par les multiples séminaires, cours, clubs, associations, revues, etc. présents à l'Ecole. Or, il m'est arrivé d'en voir passer qui avaient trait à des conférences-débats portant sur le conflit israélo-palestinien, et j'avais été frappé par la grande violence de leur style, qui ne donnait pas vraiment envie de s'intéresser aux conférences en question (il y avait même des mails rédigés entièrement en majuscules, ce dont tout bon internaute saura que ça ne sert à rien, à part rendre la lecture désagréable). Je ne sais plus si ces mails émanaient du Collectif Palestine ENS ou bien d'une entité quelconque du bord opposé (je ne les ai malheureusement pas conservés : on en voit passer des dizaines, comme j'ai dit, et même les archivistes amateurs les plus acharnés comme moi ne conservent pas tout).&lt;br /&gt;De plus, je me souviens qu'une précédente conférence sur le sujet, il y a quelque temps, avait donné lieu à des insultes de membres du public envers les intervenants, ce qui avait entraîné des réactions écrites passionnées des uns et des autres (cela devait être dans le BOcal, feuille d'actualité de l'Ecole). Parler de risques pour la sécurité à propos d'une conférence-débat sur le sujet n'est donc pas une simple excuse malhabile pour dissimuler une censure :  replacé dans le contexte plus général des conférences sur la question déjà organisées à l'ENS, c'est un véritable problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'y a pas eu de pressions exercées sur l'ENS. Je n'ai, de mon côté, aucun moyen de trancher. Ce qui me paraît regrettable, indépendamment de la question immédiate de l'annulation de la conférence, c'est que les intervenants, tant d'un bord que de l'autre, semblent incapables, depuis si longtemps, de débattre en des termes un tant soit peu posés, sans enfler si démesurément les termes du débat. En agissant ainsi, ils ont toutes les chances de faire fuir leur public potentiel au lieu de l'intéresser aux problèmes dont ils veulent parler.&lt;br /&gt;Je m'étonne aussi que d'anciens normaliens prennent si vite des positions  si radicales envers une ENS qui a beaucoup changé depuis la fin de leur  scolarité... et dont ils sauraient justement, s'ils y avaient été  scolarisés plus récemment, qu'on n'y pratique pas couramment la censure,  et que tout n'y est pas tout noir, même si tout n'y est pas tout blanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas de moyen de trancher, donc, mais des liens vers les propos des partis en présence et vers quelques articles sur la question, afin que chacun se forge son propre avis, posément, en prenant un minimum de distance envers les réactions et contre-réactions brûlantes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-78744721983739132?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/78744721983739132/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/01/conference-ou-pas-censuree-ou-pas-quen.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/78744721983739132'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/78744721983739132'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2011/01/conference-ou-pas-censuree-ou-pas-quen.html' title='Conférence (ou pas) censurée (ou pas) : qu&apos;en penser (ou pas) ?'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-7069912870253831246</id><published>2010-12-28T13:16:00.020+01:00</published><updated>2010-12-28T23:38:11.130+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ancient Geek'/><title type='text'>Chroniques de l'Antiquité galactique</title><content type='html'>Lorsque, vers le milieu du VIe siècle de notre ère, l'historien goth Jordanès écrivit en latin les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Getica&lt;/span&gt;, c'est-à-dire l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Histoire des Goths&lt;/span&gt;, il ne se doutait sans doute pas que son livre servirait de point de départ à une bande dessinée de science-fiction publiée dans les années 2000.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et pourtant, c'est bien une entité de ce genre qu'une amie m'a fait découvrir il y a quelques années, en pleine prépa : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Fléau des dieux&lt;/span&gt;, de Valérie Mangin (au scénario) et Aleksa Gajic (au dessin), paru chez Soleil entre 2000 et 2006. L'histoire en deux mots ? L'affrontement entre l'empire romain et les Huns menés par Attila...  dans un futur lointain, avec vaisseaux spatiaux et voyages intersidéraux en pagaille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRoiKVo-PMI/AAAAAAAAAD0/aB-tOQoXTi0/s1600/carte%2Bde%2Bl%2527Orbis%2Bgalactique.gif"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 256px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRoiKVo-PMI/AAAAAAAAAD0/aB-tOQoXTi0/s400/carte%2Bde%2Bl%2527Orbis%2Bgalactique.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5555790651317959874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;Carte de l'Orbis galactique. Source : &lt;a href="http://www.mangin.tv/chroniques/fleau.-carte_galactique.html"&gt;site des &lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a href="http://www.mangin.tv/chroniques/fleau.-carte_galactique.html"&gt;&lt;span&gt;Chroniques de l'Antiquité galactique&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La fin de l'empire romain : quid, quid ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La fin de l'empire romain est une période que l'on connaît souvent assez mal, même quand on est étudiant en lettres classiques (et même quand on est en prépa). Il faut dire qu'elle a le défaut prévisible d'arriver... à la fin, et que l'on a tendance à mettre davantage l'accent sur les périodes les plus fastes, comme la fin de la République ou les débuts de l'Empire, bref, les premiers et deuxièmes siècles autour de Jésus-Christ, ceux de Cicéron et des "douze Césars".&lt;br /&gt;Quand on fait les choses sérieusement, on étudie bien sûr aussi les époques les plus anciennes : la fondation de Rome (Romulus, Rémus et leur louve), la royauté et la façon dont elle est abolie (après le viol de la chaste Lucrèce par l'infâme Sextus Tarquin, fils du roi Tarquin le Superbe) ou encore les multiples conquêtes par lesquelles Rome étend peu à peu sa puissance. Et quand on veut de belles batailles, il y a toujours, par exemple, les guerres puniques, qui opposent à Rome la redoutable Carthage (on retient surtout les deux premières, au IIIe s. av. J.C.).&lt;br /&gt;Bref, on ne manque déjà pas de travail, alors apprendre en plus comment tout cela se termine... on range donc les derniers siècles de Rome dans la catégorie pratique mais assez floue de "l'Antiquité tardive", façon polie et un peu méprisante de désigner tout ce qui se passe une fois que tout ce qu'il y avait d'intéressant à faire s'est déjà passé. Et pourtant, la fin de l'Antiquité est une période passionnante, dans tous les domaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème, c'est que c'est un grand bazar (et "bazar" est un euphémisme).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRojPiYGZ8I/AAAAAAAAAD8/detSdKOPLQA/s1600/Caracalla%2Bsur%2Bune%2Bintaille%2Ben%2Bam%25C3%25A9thyste%252C%2B212apJC%252C%2BSteChapelleParis.JPG"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 292px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRojPiYGZ8I/AAAAAAAAAD8/detSdKOPLQA/s400/Caracalla%2Bsur%2Bune%2Bintaille%2Ben%2Bam%25C3%25A9thyste%252C%2B212apJC%252C%2BSteChapelleParis.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5555791840147826626" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;D'abord, les images d'Épinal nous montrent une Rome affaiblie et décadente pillée par les barbares, mais tout cela est beaucoup plus compliqué. Au fil des siècles, l'empire romain est devenu immense,  et il a englobé et assimilé une multitude de populations.&lt;br /&gt;En 212, l'empereur Caracalla accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire qui n'étaient pas encore citoyens : il met fin ainsi aux multiples différences de statut (notamment en termes de fiscalité et de service militaire) qui existaient jusqu'à présent dans les diverses provinces. C'est d'ailleurs la grande force de Rome par rapport aux cités grecques que d'avoir donné aux étrangers la possibilité de s'intégrer pleinement à l'empire ; les Grecs, de leur côté, n'accordaient en général la citoyenneté qu'au compte-goutte.&lt;br /&gt;Bref, il faut garder à l'esprit que l'opposition "Romains vs. barbares" est loin d'être aussi tranchée : en réalité, beaucoup de "barbares" étaient devenus romains, et réciproquement la culture romaine a été tout sauf hermétique aux multiples influences des cultures locales des provinces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Image : Intaille en améthyste représentant Caracalla, 212 ap. J.C., Sainte Chapelle, Paris. Source : &lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Intaille_en_am%C3%A9thyste.JPG?uselang=fr"&gt;Wikimédia Commons&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette idée reçue pourfendue, voyons un peu les événements. Il faut savoir que l'empire romain, en partie à cause de son immensité, finit par se diviser. L'empereur Dioclétien est le premier à en avoir l'idée avec le système de la tétrarchie, institué en 285 : il répartit l'empire à quatre de ses subordonnés, deux&lt;span style="font-style: italic;"&gt; augustes &lt;/span&gt;eux-mêmes assistés par deux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;césars&lt;/span&gt;, dans l'espoir de faciliter la défense des frontières. Malheureusement cela ne fonctionne pas bien et la succession de Dioclétien est particulièrement troublée, puisque ses anciens adjoints se disputent l'empire. L'unité du pouvoir revient à partir de Constantin et dure jusqu'au règne de Théodose (qui fait définitivement du christianisme la religion officielle de l'empire). Mais à la mort de Théodose en 395, l'empire se divise définitivement en deux : l'empire romain d'Occident et l'empire romain d'Orient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on parle de la fin de l'empire romain, il s'agit de l'empire romain d'Occident, dont on date généralement la disparition à 476, année où le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule, est déposé par Odoacre, un Germain qui commandait la garde impériale. Cette date est d'ailleurs utilisée pour marquer la fin de l'Antiquité et le début du Moyen Âge. L'empire romain d'Orient, lui, est encore puissant (la preuve : Odoacre, juste après s'être fait proclamer roi, fait allégeance à l'empereur d'Orient), et il dure beaucoup plus longtemps, puisqu'il devient  ensuite l'empire byzantin, lequel ne disparaît qu'à la chute de Constantinople, conquise par les Ottomans en 1453. Cette seconde date est d'ailleurs utilisée pour marquer la fin du... Moyen Âge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Fléau des dieux &lt;/span&gt;: de l'empire romain à l'Orbis galactique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous avez lu jusqu'ici, vous devez attendre avec impatience les vaisseaux spatiaux.  Une minute : ça arrive !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRops30sd_I/AAAAAAAAAEk/U5H0mNWIre0/s1600/FDD_int_t1t6.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 266px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRops30sd_I/AAAAAAAAAEk/U5H0mNWIre0/s400/FDD_int_t1t6.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5555798941190879218" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Venons-en à l'épisode de l'histoire de Rome dont s'inspire plus précisément&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Le Fléau des dieux&lt;/span&gt;.  On connaît bien le chef hun Attila, surnommé "le Fléau de Dieu", par la tradition chrétienne, par opposition à la "cité de Dieu" par excellence qu'était devenue Rome. On connaît moins le grand adversaire d'Attila, Flavius Aetius, généralissime des légions de l'empereur d'alors, Valentinien III. C'est pourtant Aetius qui remporte l'une des dernières grandes victoires militaires romaines en repoussant Attila en 451 lors de la bataille dite des Champs Catalauniques, qui a lieu en Gaule, quelque part dans les environs de Troyes. Les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Getica&lt;/span&gt; de Jordanès, dont je parlais en commençant, sont l'une de nos sources à ce sujet. Cette bataille, qui a donné lieu au XIXe siècle à toutes sortes d'exagérations sur le thème "civilisation vs. barbarie", est moins connue de nos jours. Dans l'histoire antique, Attila meurt deux ans après, en 453, non sans avoir fait trembler Rome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Image : Couverture de l'intégrale du &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Fléau des dieux&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;, par Aleksa Gajic. Source : &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.mangin.tv/chroniques/fleau.html"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;site des C.A.G.&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Fléau des dieux&lt;/span&gt;, l'histoire se déroule dans un empire romain futuriste, l'Orbis galactique, dont la puissance s'étend sur toute la galaxie (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;orbis&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;orbis terrarum&lt;/span&gt;, "disque de la terre", désigne en latin le monde). Les principaux éléments de l'histoire antique sont transposés à plus grande échelle : la plupart des villes de l'empire, comme Ravenne (où Valentinien III a établi sa capitale), Sirmium (ville natale d'Aetius) ou  bien sûr Rome, deviennent des planètes. Rome n'est autre que la Terre, et les sept collines sont sept... &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lunes&lt;/span&gt; intégrées à la Terre, où elles forment de gigantesques continents surélevés. Cela vous donne une idée de l'échelle démesurée de l'histoire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bande dessinée prend bien évidemment des libertés avec l'histoire antique. Ainsi les Romains ne sont pas chrétiens, mais honorent toujours les dieux païens, et Aetius devient une femme, Flavia Aetia. Mais l'histoire est loin de se résumer à une simple transposition en&lt;span style="font-style: italic;"&gt; space opera&lt;/span&gt; des batailles d'Attila. D'abord parce qu'Aetia se découvre l'incarnation d'une déesse de la guerre hun, Kerka (fictive, pour autant que je le sache : le véritable panthéon hun n'a pas l'air très bien connu). Ensuite parce qu'Attila et Flavia Aetia finissent par découvrir un ouvrage extrêmement ancien qui n'est autre que... les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Getica&lt;/span&gt; de Jordanès. Dès lors, ils prennent conscience qu'il a existé un autre empire romain des milliers d'années plus tôt, et que leur propre destin semble condamné à rejouer celui de l'Attila et de l'Aetius antique. Les deux ennemis sont alors amenés à s'allier, et à découvrir qu'ils ne sont que des pions dans une intrigue bien plus vaste où d'autres forces sont à l'œuvre. Depuis des siècles, l'Orbis galactique s'est changé en une société figée, où toute force d'innovation technologique est interdite et où rien ne semble plus devoir bouger, mais les choses sont sur le point de changer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.mangin.tv/chroniques/fleaumaking.pages_t2/page_1.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 800px; height: 1120px;" src="http://www.mangin.tv/chroniques/fleaumaking.pages_t2/page_1.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Première page du tome 2 du &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Fléau des dieux&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. Source : &lt;a href="http://www.mangin.tv/chroniques/fleaumaking.pages_t2.html"&gt;site des C.A.G.&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas en dire beaucoup plus sans gâcher le plaisir de la lecture. Mais cette BD est à mon avis une grande réussite.&lt;br /&gt;Elle la doit en bonne partie à au scénario de Valérie Mangin, original et impeccablement construit. Original, parce que si le thème de la transposition de l'Antiquité en science-fiction n'est pas nouveau (il est probable que la scénariste a grandi au moment où passait à la télévision &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ulysse 31,&lt;/span&gt; la série animée franco-japonaise de Jean Chalopin, qui transpose les voyages d'Ulysse au XXXIe siècle), il a surtout été exploité dans le domaine de la mythologie grecque, mais moins, à ma connaissance, pour l'histoire romaine, et pas de façon aussi élaborée. Un scénario impeccablement construit, surtout, car les rebondissements s'enchaînent de tome en tome au fil d'une intrigue dont les tenants et les aboutissants apparaissent peu à peu, gagnant progressivement en ampleur. On sent que l'ensemble a été préparé entièrement à l'avance, et la cohérence de l'histoire sur les six tomes apparaît très clairement une fois la lecture terminée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'aspect proprement graphique n'a rien à envier en qualité au scénario. Les illustrations d'Aleksa Gajic plongent tout de suite le lecteur dans l'univers sombre et majestueux de l'Orbis galactique, dont les costumes et l'architecture mêlent inspiration antique et éléments futuristes, et l'alliance entre le dessin réaliste et les couleurs aquarellées donne un très beau résultat. Gajic maîtrise visiblement sans difficulté les ambiances de couleurs, les lumières et les contrastes, et la "mise en cases" du récit donne régulièrement lieu à d'impressionnants plans larges qui donnent à voir la démesure de cet univers, sans pour autant nuire à la progression de l'intrigue ou laisser une impression de vide à la fin d'un tome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas vraiment de réserves à formuler ; disons simplement qu'il faut aimer la science-fiction un peu sombre et ne pas avoir peur de suivre une horde de Huns assoiffés de sang. Il faut aussi faire confiance à l'histoire, dont les enjeux et les personnages évoluent beaucoup au fil des tomes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Les autres séries : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Dernier Troyen&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Guerre des dieux&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Antiquité est une source d'inspiration à peu près intarissable, et le concept de l'Orbis galactique était trop beau pour qu'on le cantonne à une seule série. Valérie Mangin en a donc créées d'autres dans le même univers, l'ensemble des séries formant un cycle baptisé "Chroniques de l'Antiquité galactique". Ces séries se déroulent avant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Fléau des dieux&lt;/span&gt;, qui se place à la fin de la chronologie fictive : elles en forment donc des préquelles, qui racontent les origines de l'Orbis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRoogRCcFzI/AAAAAAAAAEc/d6MZcWPFvdg/s1600/DT_t1.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 286px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRoogRCcFzI/AAAAAAAAAEc/d6MZcWPFvdg/s400/DT_t1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5555797625109485362" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Dernier Troyen&lt;/span&gt;, scénarisé par Valérie Mangin et dessiné par Thierry Démarez, et paru entre 2004 et 2008, raconte le périple d'Énée, prince de Troie et survivant de la guerre après la prise de la ville par les Achéens, pour mener les rescapés troyens jusqu'à un autre pays (une autre planète) où ils pourront fonder une nouvelle Troie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Image : couverture du premier tome du &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Dernier Troyen&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. Source : &lt;a href="http://www.mangin.tv/chroniques/troyen.html"&gt;site des C.A.G.&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mangin s'inspire ici non plus de l'histoire, mais d'un mythe romain, celui de l'origine troyenne de Rome. Un mythe politique et littéraire, puisqu'il a été forgé par les Romains pour rehausser le prestige de leur cité, et plus particulièrement par le premier empereur, Auguste (au Ier s. av. J.C., donc), lequel trouva le poète idéal en la personne de Virgile, qui relate l'épopée d'Énée dans l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Énéide&lt;/span&gt;. Après la chute de Troie, Énée erre sur les mers et finit par s'installer en Italie, où ses descendants lointains, Romulus et Rémus, fondent Rome. L'épopée de Virgile sert la propagande impériale de bien des façons, et notamment en dressant un portrait flatteur d'Énée. En effet, Auguste, petit-neveu et fils adoptif de Jules César, appartenait comme lui à la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;gens Iulia&lt;/span&gt;, une vieille famille romaine qui avait toujours affirmé descendre d'Iule, le fils d'Énée, plus couramment appelé Ascagne. Au cours de ses aventures, Énée, descendu aux Enfers, se fait d'ailleurs prédire la gloire future de Rome et les hauts faits d'Auguste...&lt;br /&gt;Ce biais politique n'empêche pas l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Énéide&lt;/span&gt; d'être un chef-d'œuvre de la poésie latine et une source d'enchantement pour tous les amateurs de mythologie, ainsi que l'une des meilleures continuations de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt; et de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; d'Homère, dont Valérie Mangin s'inspire également ici. De fait, Énée, au cours de son périple, rencontre par exemple les Lotophages, épisode qui ne figure pas dans l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Énéide&lt;/span&gt; de Virgile, mais s'inspire directement de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas parler plus en détail de cette série, donc je n'ai lu que les deux premiers tomes il y a longtemps. Je me souviens d'avoir été moins emballé que par &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Fléau des dieux&lt;/span&gt;. D'une part parce que le dessin de Démarez, et notamment ses couleurs, me plaisaient moins (mais il est vrai qu'il est difficile d'arriver après Gajic). D'autre part parce que le scénario me paraissait moins maîtrisé et avait l'air de partir un peu dans tous les sens... mais il faudrait voir à quoi ressemble la suite, maintenant que toute la série est parue. Accessoirement, je suis toujours plus chatouilleux en matière d'adaptations de mythes grecs, donc je ne suis pas vraiment neutre en la matière !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier tome d'une troisième série, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Guerre des dieux&lt;/span&gt;, toujours scénarisée par Mangin et dessinée cette fois par Dean Yazghi, est paru en février 2010. Cette fois, nous sommes en plein domaine grec, puisque l'intrigue se déroule pendant le siège de Troie et a pour personnage principal Ulysse : la série se déroule dans la "première" Antiquité, longtemps avant la fondation de l'Empire romain galactique. Je n'ai pas du tout lu cette série pour le moment : je me contente donc d'en signaler l'existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Paléographie futuroscopique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRoqPhO0DDI/AAAAAAAAAEs/EEz8gt8YLHY/s1600/tom5_library.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 5px auto; text-align: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 270px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRoqPhO0DDI/AAAAAAAAAEs/EEz8gt8YLHY/s400/tom5_library.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5555799536421833778" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dans l'ensemble, même si l'on peut craindre une surexploitation du filon qui nuirait à la qualité des BD (comme c'est le cas d'autres séries chez Soleil, par exemple &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lanfeust de Troy&lt;/span&gt;),  le principe de cette série reste éminemment sympathique, d'autant que les auteurs ne perdent pas une occasion d'évoquer leur travail sur la documentation antique. Le &lt;a href="http://www.mangin.tv/chroniques/"&gt;site de la série&lt;/a&gt; est à cet égard bien fait : il parle non seulement de l'univers de la série, mais aussi de ses sources d'inspiration, en détaillant quels éléments ont été repris ou adaptés. Valérie Mangin inclut aussi dans certains tomes des annexes expliquant les rapports entre ses sources antiques et l'univers qu'elle élabore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Image : bibliothèque dans l'univers des &lt;/span&gt;Chroniques de l'Antiquité galactique&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. Source : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.mangin.tv/chroniques/fleau.html"&gt;site des C.A.G.&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais au fait, quel a été le parcours de la scénariste ? Comme elle l'indique &lt;a href="http://www.mangin.tv/who.Mangin__Val%C3%A9rie.html"&gt;sur son site&lt;/a&gt;, elle est passée par les classes préparatoires avant de passer le concours de &lt;a href="http://www.enc.sorbonne.fr/"&gt;l'École des Chartes&lt;/a&gt; et d'y obtenir, moyennant une thèse des Chartes, un diplôme d'archiviste paléographe. Elle s'est ensuite orientée vers le scénario de bande dessinée, un choix que d'autres chartistes avaient fait avant elle, par exemple Franck Giroud, scénariste du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Décalogue&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;L'École des Chartes, c'est l'école par excellence pour les historiens du Moyen Âge, puisqu'on y apprend la paléographie, c'est-à-dire l'étude des manuscrits médiévaux ; elle prépare aussi aux concours du patrimoine, qui permettent de travailler dans les bibliothèques, les musées ou les archives nationales (domaines peu connus du grand public, mais extrêmement intéressants). Mais cette école est aussi LE repaire des meilleurs latinistes, puisque l'une des épreuves du concours d'entrée est une version de latin sans dictionnaire, ce qui suffirait à faire hurler d'horreur la plupart des gens mais n'a rien d'infaisable (et ça oblige à maîtriser son vocabulaire : utile quand vous devez lire des pages de latin écrites en petit dans une écriture bizarre).&lt;br /&gt;Moralité ? S'intéresser à l'Antiquité et aux manuscrits médiévaux n'a jamais empêché d'aimer la science-fiction ou de finir scénariste de BD. Pas si stériles que ça, les langues mortes...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-7069912870253831246?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/7069912870253831246/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/chroniques-de-lantiquite-galactique.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7069912870253831246'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/7069912870253831246'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/chroniques-de-lantiquite-galactique.html' title='Chroniques de l&apos;Antiquité galactique'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TRoiKVo-PMI/AAAAAAAAAD0/aB-tOQoXTi0/s72-c/carte%2Bde%2Bl%2527Orbis%2Bgalactique.gif' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-5872212125870059053</id><published>2010-12-20T12:58:00.011+01:00</published><updated>2010-12-20T23:11:46.266+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité à la Une'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Oulm Connection'/><title type='text'>Jacqueline de Romilly (1913-2010)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;"&lt;strong&gt;Cet article ou cette section traite d’une personne morte récemment &lt;small&gt;(18 décembre 2010)&lt;/small&gt;.&lt;/strong&gt; (...) Le texte peut changer fréquemment, n’est peut-être pas à jour et peut manquer de recul."&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces phrases figurent sur le bandeau d'avertissement qui ouvre, dans son état actuel, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacqueline_de_Romilly"&gt;l'article "Jacqueline de Romilly" de la Wikipédia francophone&lt;/a&gt;. La précaution n'est pas inutile lorsqu'on aborde ce genre de sujet. On est au travail, ou en vacances, ou quelque part entre les deux ; l'événement survient, la nouvelle se répand, on l'apprend, on est triste, comme toujours quand disparaît un grand chercheur ou une grande chercheuse qui a marqué vos études ; on se rappelle toutes sortes de choses et on en espère d'autres, et on ressent le besoin de dire un mot, sans pour autant, de prime abord, avoir quoi que ce soit de très nouveau à raconter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://q.liberation.fr/photo/id/225383/r/03/02/w/459/m/1292840862"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 459px; height: 306px;" src="http://q.liberation.fr/photo/id/225383/r/03/02/w/459/m/1292840862" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jacqueline de Romilly dans son appartement en 2003.&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.liberation.fr/culture/01012309017-jacqueline-de-romilly-profil-grec"&gt;Libération&lt;/a&gt;. © AFP Alexandre Fernandes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et après tout, pourquoi parler tout de suite ? Jacqueline de Romilly est morte : l'événement n'avait rien d'imprévisible, la situation est amenée à se prolonger, nous pouvons prendre le temps de la réflexion. La précipitation est mauvaise conseillère, aussi bien lorsqu'on corrige une version à la dernière minute avant de la rendre que dans d'autres contextes plus routiniers.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D'ailleurs, dans l'univers universitaire, il y a toujours moyen de se raccrocher à l'écrit pour se rassurer. On dit qu'un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle, mais un vieillard publié qui meurt, c'est une bibliothèque qui reste : voilà de quoi se consoler un peu. En apprenant la nouvelle, j'étais partagé entre une culpabilité toute khâgneuse de ne pas avoir assez lu les ouvrages de Romilly, de ne pas connaître assez bien ses travaux pour prétendre en parler, et un réconfort de lecteur à l'idée de pouvoir découvrir tôt ou tard (mais plutôt tôt que tard, la thèse ne va pas se faire toute seule) ceux de ses livres que je n'ai pas encore lus, et de relire ceux que j'avais lus il y a déjà longtemps. C'est un peu comme ces gigantesques projets éditoriaux que l'on croise dans les bibliothèques lorsqu'on commence à recourir aux sommes érudites pour les besoins d'un mémoire de master, par exemple la troisième édition de la &lt;i&gt;Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft&lt;/i&gt; de Pauly, mise en chantier par Wissowa en 1890 et terminée en 1978 (84 volumes : quand on vous dit d'apprendre l'allemand...) : le travail est si énorme qu'il dépasse la durée d'une vie humaine. La plupart des projets de recherche ne sont pas si terrifiants, mais, de manière générale, il reste que la recherche précède de très loin la naissance du chercheur et se prolongera bien après son décès. Et après tout, nous nous intéressons à des gens nés et disparus il y a des milliers d'années...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ_M5CkUy5I/AAAAAAAAADQ/Z_h9wo63BAo/s1600/384px-Pauly-Wissowa_3_retouched.jpg"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 205px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ_M5CkUy5I/AAAAAAAAADQ/Z_h9wo63BAo/s320/384px-Pauly-Wissowa_3_retouched.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5552882145884949394" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Il y a là de quoi se sentir tout petit, mais aussi, en somme, content : que des gens puissent naître, vivre et mourir en un lieu donné, à une époque donnée, et que d'autres gens, ailleurs, beaucoup plus tard, continuent à tenir compte d'eux, à s'intéresser à ce que furent leurs efforts pour penser la condition humaine, élaborer une société, affronter tous les problèmes qui se posaient et dans une certaine mesure se posent encore, et, à travers cette démarche d'historiens et d'anthropologues, nourrir leur propre réflexion, des milliers d'années dans l'avenir.&lt;br /&gt;Les mots d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;humanités&lt;/span&gt; et d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;humanisme&lt;/span&gt; ont beaucoup été employés dans les articles parus à l'occasion de ce décès (et c'est une bonne chose, car on n'en parle pas assez). De fait, loin de réduire l'étude du grec et de l'Antiquité en général à la question (déjà importante) de la transmission d'une maîtrise de la langue, il faut penser à ce que la démarche des antiquisants a d'humaniste au sens fort, tout comme les sciences auxquelles ils ont recours sont des sciences humaines : il s'agit avant tout de ce pont jeté par-dessus les siècles et les kilomètres, et grâce à quoi des humains disparates, dont les vies n'ont à première vue rien de commun, parviennent à s'intéresser les uns aux autres et se reconnaître comme partageant une même condition, observée et construite de toutes sortes de façons selon les lieux, les époques et les cultures. Être antiquisant, c'est voyager dans le temps et l'espace, à la rencontre de peuples qui parfois semblent faussement familiers, qui s'avèrent très vite radicalement étranges, et pourtant ni plus ni moins humains, ni plus ni moins primitifs ou civilisés que nous-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Photo : un exemplaire de la &lt;/span&gt;Realencyclopädie&lt;span style="font-style: italic;"&gt; dans une bibliothèque de l'Université de Göttingen. Source : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pauly-Wissowa_3_retouched.jpg"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;"Pour moi, j'estimerais suffisant qu'à ces hommes dont la valeur s'est traduite en actes, on rendît également hommage par des actes, comme vous voyez qu'on le fait aujourd'hui dans les mesures officielles prises ici pour leur sépulture" &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;(Thucycide, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Histoire de la guerre du Péloponnèse&lt;/span&gt;, II, 35, oraison funèbre de Périclès aux morts de l'année. Traduction : J. de Romilly)&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pourquoi parler tout de suite, donc ? D'abord pour donner de la voix et faire entendre un autre point de vue que celui des fossoyeurs, dont la courtoisie ne saurait faire oublier les convictions véritables. Dans &lt;a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques-de-presse/2010/decembre/hommage-a-jacqueline-de-romilly.10270.html"&gt;l'hommage rendu par l'Élysée à Jacqueline de Romilly&lt;/a&gt;, c'est la Présidence de la République, l'institution étatique (qui là encore, heureusement, existe dans le "temps long", au-delà des limites de tel ou tel quinquennat) qui s'exprime, comme elle ne pouvait que le faire en pareille occasion, et avec la dignité qui convient. Mais on peine à reconnaître dans ce communiqué la voix de l'actuel Président, tout comme on peine à faire concorder ce discours avec la politique menée par ses gouvernements successifs.&lt;br /&gt;L'opposition entre paroles et actes est un procédé courant de la rhétorique grecque classique : mobilisons-le donc à notre tour, et, après cette pluie d'hommages mérités adressée à une ardente militante pour la sauvegarde des enseignements littéraires, réclamons, jusqu'à obtenir satisfaction, réclamons encore et toujours des actes. Combien de temps encore faudra-t-il justifier l'existence de l'enseignement du latin et du grec dès le secondaire ? Combien de temps faudra-t-il affirmer le droit des élèves à étudier ce qui les intéresse, et défendre ce droit en face du pseudo-utilitarisme qui prétend occuper le débat en attirant le soupçon sur "l'utilité" de ces matières, pour mieux dissimuler les présupposés on ne peut plus contestables de la "stratégie" politique sous-jacente ? Cette politique a beau jeu de mettre les coupes budgétaires et les fermetures de postes au service d'une idéologie prétendant préparer les élèves au marché du travail, mais elle les prive en réalité de l'ouverture d'esprit et de l'esprit critique qui leur est indispensable pour s'orienter dans le monde, aussi bien comme "actifs" que comme citoyens.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Rappelons-le encore une fois : il ne s'agit pas d'affirmer l'importance du latin et du grec comme une sorte de supplément d'âme qui jouerait le rôle de la cerise (humaniste) sur le gâteau des enseignements de base du secondaire, conçus comme les seuls réellement "utiles". Restreindre le débat à la question de l'utilité du latin et du grec revient à orienter d'emblée le regard en leur défaveur. Jugés à cette aune, ni l'histoire, ni le français, ni même les mathématiques ne seraient plus utiles (et aussi bien on ne s'est pas privé de remettre en question l'enseignement de l'histoire dans le secondaire). Il ne s'agit pas non plus de tomber dans l'excès inverse et de prétendre que tout le monde devrait apprendre le latin et le grec. Laissons la parole à Jacqueline de Romilly, justement, dans &lt;a href="http://www.liberation.fr/portrait/0101497677-grecque-ancienne"&gt;un article publié par Libération en août 2004&lt;/a&gt; : «Élitiste, non. Ce que je souhaite, au contraire, c'est que tous les  élèves qui le désirent puissent étudier le grec ancien. Et non l'imposer  à tous.»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce qui compte, c'est de ne pas fermer ces portes aux élèves sous prétexte que "cela ne leur servirait à rien". Ne voit-on pas le profond mépris qui transparaît dans une telle conception de l'enseignement ? Ne voit-on pas que les gens qui dédaignent le latin et le grec en prétendant que ce sont des matières "de privilégiés", des matières "élitistes", et prennent cela comme prétexte pour réclamer la fermeture de ces enseignements, ces gens sont justement ceux qui cherchent à faire de ces matières des matières élitistes, et à les réserver à quelques privilégiés, en faisant en sorte que le plus grand nombre, persuadé de leur inutilité, s'en désintéresse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Photo : professeur et élève avec tablette. Cylix de Douris, Berlin, Altes Museum, F 2285.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ_Pd8qH_aI/AAAAAAAAADY/Ge9bLy4olbU/s1600/Berlin%2BF%2B2285%252C%2Bface%2BA%252C%2BProfesseur%2Bet%2B%25C3%25A9l%25C3%25A8ve%2Bavec%2Btablette.jpg"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 320px; height: 212px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ_Pd8qH_aI/AAAAAAAAADY/Ge9bLy4olbU/s320/Berlin%2BF%2B2285%252C%2Bface%2BA%252C%2BProfesseur%2Bet%2B%25C3%25A9l%25C3%25A8ve%2Bavec%2Btablette.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5552884978977078690" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Quant à la nécessité de commencer l'apprentissage des langues anciennes dès le lycée, j'en suis persuadé. S'il est possible d'acquérir vite un excellent niveau en latin et en grec en les ayant découverts à l'université, cela suppose un travail plus difficile ; et rien, à mon sens, ne peut remplacer l'expérience que confère à l'élève la fréquentation prolongée des textes permise par la pratique de la version et de l'étude de textes en classe dès le collège ou le lycée. On y traduit des morceaux fameux des littératures antiques, et on y reçoit toutes sortes d'aperçus, dont les plus alléchants fournissent autant de pistes de lectures, et dont chacun vient constituer une culture précieuse pour la suite des études.&lt;br /&gt;Je pourrais rappeler aussi l'intérêt immédiat que présentent la maîtrise de ces langues et la connaissance de ces textes pour des matières telles que le français, l'histoire, la philosophie (et même, si l'on se donnait la peine, les mathématiques et la physique), mais j'aime trop les prétéritions pour le faire. Je termine donc sur ce sujet, en rappelant que ce n'est pas parce qu'un des plus visibles remparts des langues anciennes vient de disparaître que ces langues n'ont pas d'autres défenseurs, de tous sexes et de tous âges, dont beaucoup même sont jeunes, et, j'en ai peur, aussi vigoureux que déterminés.&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;"Le Secrétaire perpétuel         et les membres de l'Académie française         ont la tristesse de faire part de la disparition de leur confrère &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=679" target="_blank"&gt;M&lt;sup&gt;me&lt;/sup&gt; Jacqueline de Romilly&lt;/a&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;..."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;(&lt;a href="http://academie-francaise.fr/actualites/index.html"&gt;Actualité du 20 décembre&lt;/a&gt; sur le site de l'Académie française)&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Qui était Jacqueline de Romilly et quelle précieuse contribution elle laisse aux études grecques, les journaux en parlent abondamment, et &lt;a href="http://academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=679"&gt;sa page&lt;/a&gt; sur le site de l'Académie française peut vous l'indiquer aussi. Elle a été d'abord une étudiante brillante, dont le parcours impressionne (rassurez-vous : on peut exceller dans ce domaine sans être premier, ou première, partout) mais reflète aussi l'évolution de l'Éducation nationale et des institutions culturelles : "La vie de Jacqueline de Romilly (...) est une sorte de palmarès des victoires de la femme dans le monde culturel de la seconde moitié du XXe siècle", résume aujourd'hui Jean d'Ormesson dans un article du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Figaro&lt;/span&gt;. Au point qu'un autre article du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Figaro&lt;/span&gt; du même jour lui décerne même,  chose qu'elle aurait sans doute peu appréciée, un titre qu'elle n'a pas, celui de première femme admise au concours de l'ENS Ulm, information qui, d'après ma documentation, est fausse, la première admise au concours d'Ulm ayant intégré l'école dès 1910 (Jean-François Sirinelli (dir.), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ecole normale supérieure. Le livre du bicentenaire&lt;/span&gt;, PUF, 1994, p. 106, note 2), tandis que Jacqueline de Romilly, née trois ans après, y est entrée en 1933.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une période pionnière malgré tout, à une époque où l'ENS restait essentiellement un univers masculin, et bien longtemps avant la fusion entre l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres et l'ENS Ulm en 1985. Et un parcours, soit dit en passant, entièrement fondé sur les possibilités offertes par l'Éducation nationale, du collège Molière au Collège de France et à l'Académie. Avant de pousser des soupirs devant cette figure de bonne élève si brillante qu'elle peut en paraître écrasante, il n'est pas mauvais de se rappeler que c'est "aussi" le rôle de l'enseignement public que de former d'excellents chercheurs, dans tous les domaines.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le parcours de Jacqueline de Romilly est aussi représentatif de celui des filles - et des femmes - en général dans l'enseignement supérieur : après en avoir été longtemps exclues, elles y surpassent à présent les garçons en termes de résultats, et sont majoritaires dans les filières littéraires.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On s'étonnera donc un peu de voir l'Académie française, qui propose pourtant toutes sortes de choses, qualifier Jacqueline de Romilly de "confrère". Même sans être un fanatique de la féminisation grammaticale à tout crin, semblable réassignation sexuelle à titre posthume paraît un peu forte. Ces serpents l'auraient-ils confondue avec Tirésias ? Ou bien ont-ils renoncé à écrire "consœur" faute de savoir taper un "œ" en HTML (&amp;amp; #339 ; sans les espaces) ? Si "consœur" ne leur allait pas, manquaient-ils de vocabulaire ou de goût de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;variatio&lt;/span&gt; au point de ne rien trouver d'autre que "confrère" ? Je ne puis me résoudre à le croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;"...une lumière puisée aux sources d'une très haute civilisation - la civilisation grecque" &lt;/span&gt;(&lt;a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques-de-presse/2010/decembre/hommage-a-jacqueline-de-romilly.10270.html"&gt;communiqué de l'Élysée&lt;/a&gt; en hommage à Jacqueline de Romilly)&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Jacqueline de Romilly a surtout travaillé sur la Grèce classique (celle des Ve et IVe siècles avant notre ère) et sur la littérature de cette époque. Elle avait consacré sa thèse à Thucydide et a donné une traduction limpide et rigoureuse de son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Histoire de la guerre du Péloponnèse&lt;/span&gt; à la Collection des Universités de France (ainsi qu'une édition en traduction seule, accompagnée d'un "dictionnaire Thucydide", chez Robert Laffont).  Pour qui a déjà eu affaire à Thucydide en version, et tout particulièrement aux discours dans Thucydide, dont le style est redoutablement retors, c'est déjà en soi un titre de gloire. Mais en dehors de ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ktèma eis aei &lt;/span&gt;(ce "trésor pour toujours", pour reprendre l'expression de Thucydide à propos de son œuvre en I, 22), elle a publié de nombreux livres sur la Grèce classique, des études littéraires et historiques, ainsi que des livres adressés à un public plus large, où elle défend l'enseignement des lettres et des langues anciennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Photo : Buste de Thucydide, Royal Ontario Museum. Source : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Thucydides-bust-cutout_ROM.jpg?uselang=fr"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ_S86NJAjI/AAAAAAAAADg/imnbY31obEk/s1600/345px-Thucydides-bust-cutout_RoyalOntarioMuseum.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 5px auto 10px; cursor: pointer; width: 184px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ_S86NJAjI/AAAAAAAAADg/imnbY31obEk/s320/345px-Thucydides-bust-cutout_RoyalOntarioMuseum.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5552888809429467698" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;S'il est de coutume de passer sous silence les défauts du mort pour mieux faire son éloge, je ne le ferai pas ici, ne serait-ce que parce que ses mérites contrebalancent sans difficulté les défauts en question. Si l'on peut reprocher quelque chose à la démarche de Jacqueline de Romilly (je le dis parce que je suis loin d'être le seul), c'est d'avoir incarné une vision de la Grèce ancienne encore très marquée par le mythe du "miracle grec", cette conception qui réduit la Grèce antique à l'Athènes démocratique du Ve siècle, et qui la fait surgir tout armée comme Athéna du crâne de Zeus, en la parant de toutes les grandeurs.&lt;br /&gt;Si séduisant que soit ce mirage, les historiens ont dû s'en déprendre. La Grèce était loin de se réduire à Athènes, même si les Athéniens n'y auraient pas vu d'objection. Thucydide, malgré toute sa rigueur, n'était "pas un collègue", comme l'a rappelé l'historienne Nicole Loraux. Et la civilisation grecque dans son ensemble ne peut plus s'étudier indépendamment du reste du monde antique, et notamment du Proche-Orient ancien. C'est que cette Grèce ancienne, dont l'Histoire a fait l'un des piliers de ce qu'on appelle, au choix, la culture européenne ou occidentale,  était terriblement orientale. Et de nos jours, choisir de parler de la Grèce avec ou sans parler du Proche-Orient ancien ne peut plus être un choix innocent.&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas, bien sûr, d'accuser Jacqueline de Romilly de quoi que ce soit : entre de multiples autres raisons possibles, elle avait choisi de se spécialiser dans l'étude de quelques sujets et d'une période bien délimitée, et il n'est pas question de remettre en cause la qualité de son travail (ce serait gonflé !). Il s'agit davantage pour moi  de prendre prétexte de ce sujet pour attirer l'attention sur une question d'image et d'idées reçues. La Grèce ne doit plus, pour le grand public, être une sorte de miracle marmoréen né au Ve siècle avant J.-C. avec l'éblouissement d'un éclair dans un ciel vide. Et si je reconnais volontiers, moi aussi, mon admiration pour cette "civilisation" (depuis les dangereuses théories de Huntington, il ne faudrait plus utiliser ce mot sans guillemets), je ne peux admettre de la lire encensée comme "très haute" sans me demander "et les autres, alors, ils étaient moins hauts ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne voyez là aucun excès dans le coupage de cheveux en quatre. Ce qui est en jeu ici l'était déjà au XIXe siècle, au moment où l'étude des mythes s'est constituée en discipline scientifique. Comme Marcel Detienne l'a expliqué dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Invention de la mythologie&lt;/span&gt;, les premiers mythologues avaient alors beaucoup de mal à admettre que les Grecs aient pu croire à des fables - les mythes - aussi absurdes que celles que les premiers anthropologues découvraient alors un peu partout dans le monde chez les peuples sans écriture, et même, pour reprendre l'expression de Max Müller, "attribuer à leurs dieux des choses qui feraient frissonner le plus sauvage des Peaux-Rouges". En ces temps où des sciences humaines aussi essentielles que l'anthropologie et la linguistique en étaient encore à leurs débuts, il a fallu beaucoup d'efforts d'ouverture d'esprit avant qu'on ne reconnaisse que les Grecs n'étaient pas supérieurs aux "primitifs", que les primitifs n'étaient pas inférieurs aux autres, et que d'ailleurs les Occidentaux n'étaient pas particulièrement futés par rapport au reste des humains.&lt;br /&gt;Le même Marcel Detienne rappelle aussi, au début d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Apollon le couteau à la main&lt;/span&gt;, que ce dieu, qu'on dépeint volontiers tout de raison et de philosophie, et où l'on résume toute la grandeur de l'Antiquité avec un grand A, est aussi le dieu qui préside aux sacrifices sanglants, le "garçon boucher" qui œuvre dans les cuisines, voire le dieu violent et criminel qui fait pleuvoir la peste sur les Achéens au début de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt; (mais je n'en ferai pas trop sur ce dernier point, de peur de réactiver l'autre image fausse des dieux païens, celle que nous avons héritée du christianisme et qui les résume à plaisir à leur aspect "trop humain" pour mieux les changer en tyrans libidineux).&lt;br /&gt;Bref, on ne rappellera jamais trop à quel point il faut se méfier de la fausse familiarité de l'Antiquité, qu'elle soit grecque, romaine ou gréco-romaine. C'est dans cette fausse familiarité que nichent les idées reçues. Et si Jacqueline de Romilly elle-même savait très bien ce qu'elle faisait en cantonnant une bonne partie de ses recherches à l'Athènes classique, l'image qui reste de son travail et qui circule en ce moment même auprès du grand public à travers hommages, articles et reportages ne doit pas résumer la Grèce ancienne à l'approche qu'en avait la défunte helléniste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est dans l'image et dans la récupération qui peut en être faite : à l'heure où les chercheurs, guidés par leurs découvertes et par les résultats de leurs recherches, se tournent de plus en plus vers l'est lorsqu'ils étudient la Grèce, l'image d'une Athènes farouchement indépendante, propre sur elle, occidentale au possible et radicalement étrangère aux barbares qu'elle se targuait d'affronter, peut devenir un instrument commode sur la scène politique.&lt;br /&gt;Après tout, être antiquisant de nos jours, c'est aussi se demander par quel miracle un même discours politique peut mobiliser à la fois l'image d'Épinal islamophobe de musulmans égorgeant des moutons dans un parking et l'autre image d'Épinal des philosophes grecs devisant sur les marches des temples immaculés, alors même qu'on égorgeait couramment des moutons devant ces temples et qu'on fait difficilement plus oriental que le credo d'un Pythagore...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ-iAAQKY4I/AAAAAAAAADI/m5J4rWJzcOk/s1600/Louvre%2BG112%2Bsacrifice%2Bd%2527un%2Bjeune%2Bsanglier%2B%2528d%25C3%25A9tail%2529.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 318px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ-iAAQKY4I/AAAAAAAAADI/m5J4rWJzcOk/s320/Louvre%2BG112%2Bsacrifice%2Bd%2527un%2Bjeune%2Bsanglier%2B%2528d%25C3%25A9tail%2529.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5552834986522600322" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Sacrifice d'un jeune sanglier. Cylix attique à figures rouges, peintre d'Epidromos. Source : &lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sacrifice_boar_Louvre_G112.jpg"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Restons donc vigilants sur l'emploi qui est fait de la période classique et de l'image (en bonne partie construite par les auteurs athéniens eux-mêmes) du rayonnement d'Athènes, et n'y résumons pas une antiquité grecque autrement plus vaste, qui s'étend du deuxième millénaire avant J.-C. jusqu'au VIe ou VIIe siècle après et qui englobe bien d'autres cités et régions passionnantes que la seule Athènes, bien d'autres genres littéraires et artistiques  dignes d'intérêt que l'histoire thucydidéenne ou la tragédie grecque. Mais, ces  nuances apportées et ces précautions prises, il est temps de saluer comme elle le mérite l'helléniste, la chercheuse, l'enseignante et la militante que fut Jacqueline de Romilly, ainsi que l'œuvre vaste qu'elle laisse après elle, et que nous n'avons pas fini de lire et de relire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-5872212125870059053?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/5872212125870059053/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/jacqueline-de-romilly-1913-2010.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5872212125870059053'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5872212125870059053'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/jacqueline-de-romilly-1913-2010.html' title='Jacqueline de Romilly (1913-2010)'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TQ_M5CkUy5I/AAAAAAAAADQ/Z_h9wo63BAo/s72-c/384px-Pauly-Wissowa_3_retouched.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-6682203749766115585</id><published>2010-12-06T17:29:00.005+01:00</published><updated>2010-12-08T16:41:53.246+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Horreur et frémissements'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Objectif AMN 2010'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fusées volantes'/><title type='text'>Coup de gueule</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ami lecteur, bonjour : si tu es pacifique et que tu ne supportes aucune explosion de violence, passe ton chemin ou, plutôt, lis &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/blog-post.html"&gt;le post de mon collègue et ami sur Homère et Star Wars&lt;/a&gt;, tu passeras un bon moment.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'avais l'intention de faire une note intitulée "Corrections, pièges à cons", qui ne saurait malgré tout tarder, car je suis en pleine lecture des Oeuvres de mes chers étudiants, mais, là, le Service du personnel enseignant de ma fac pousse vraiment le bouchon trop loin. Ce sera donc un gros coup de gueule, en espérant que le défoulement sera suffisant pour que ce ne soit pas le prochain commentaire qui trinque.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://farm3.static.flickr.com/2233/2383487011_e91f1de565_o.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://farm3.static.flickr.com/2233/2383487011_e91f1de565_o.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;("No Horn Blowing", photo par Saragoldsmith ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lorsque je leur ai remis mon dossier complet et parfaitement rempli, j'ai demandé quand ils pensaient que je pourrais signer mon contrat doctoral, en précisant qu'il fallait que j'en envoie une copie à l'Education nationale avant la fin du mois de novembre. On était alors mi-septembre et la responsable m'a fait un grand sourire complice en me disant que c'était assez large et que je n'avais pas à me faire de souci.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La suite, on la connaît : ils ont merdouillé pendant deux mois et &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/joie-bonheur-et-robustesse.html"&gt;m'ont fait signer seulement le 8&lt;/a&gt;, juste à temps pour que je sois payée fin novembre et pas fin décembre. "Assez large", c'est ça ? My foot.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me suis donc dépêchée de tout photocopier pour l'envoyer au Ministère la veille de mon départ en Italie. Et là, lundi d'après, coup de fil de l'Education nationale : "Mademoiselle, bonjour, il nous faudrait de toute urgence l'avenant à votre contrat, parce qu'il n'y a rien sur celui-ci qui nous garantit que vous avez effectivement un service d'enseignement."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je retourne au Service du Personnel Enseignant : "Oui, oui, on sait, on est en train de vous faire ça, ne vous inquiétez pas, en plus votre UFR nous a déjà communiqué la liste de ses moniteurs, donc ça ira vite".&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vendredi 26, re-coup de fil du ministère : "Il nous faut VRAIMENT votre avenant, sinon on vous considère en congé sans traitement et votre monitorat ne validera pas votre agrégation" (ce qui signifie plus ou moins : "tu as bossé comme une dingue pour avoir ton agrégation ? eh bien, tant pis pour toi ! tu vas la perdre à cause d'administratifs glandus incapables de faire leur boulot en temps et en heure !") J'ai donc passé l'après-midi à essayer de joindre quelqu'un au SPE : évidemment, personne n'a répondu. Seul résultat : j'ai grillé mon forfait.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'y suis donc allée lundi 29 aux aurores : "Oui, oui, je sais, je suis désolée, mais l'université a obtenu du ministère un délai jusqu'au 8 décembre. On fait tout signer aujourd'hui et je commence demain à appeler les doctorants pour qu'ils viennent signer."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au bout de quatre jours, toujours pas de nouvelles. J'y retourne : "Ecoutez, je suis désolée, mais le texte est encore en attente de validation et moi, à ce stade, je ne peux vraiment plus rien faire. Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est l'université qui a demandé un délai au Ministère, donc ils vont être obligés de le respecter..." Voilà qui était vraiment du meilleur augure...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et, aujourd'hui, le coup de grâce dans un mail de la secrétaire de mon UFR : "Je vous informe que le SPE sera fermé du lundi 6 au vendredi 10 décembre inclus, pour cause de déménagement".&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Donc, là, j'ai pété les plombs et envoyé un mail très énervé à la directrice des ressources humaines, expliquant, en gros, qu'il s'agissait de mon avenir, que ça faisait &lt;i&gt;plus de deux mois&lt;/i&gt; qu'ils ne faisaient pas leur travail et que s'ils ne se magnaient pas TRÈS VITE le cul, j'allais leur exploser la gueule à mains nues contre un mur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tactiquement, je pense que ce n'était pas très futé.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Humainement, bordel, qu'est-ce que ça fait du bien !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et ce n'est qu'un début : qu'ils attendent demain ! déménagement ou pas, je viens aux aurores pousser une GROSSE gueulante !!! Ils ont intérêt à déménager sur Neptune, car la colère d'Achille sera de la gnognotte à côté de mon Ire !!!&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://farm3.static.flickr.com/2291/2139425385_a67a77acf3_z.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://farm3.static.flickr.com/2291/2139425385_a67a77acf3_z.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;("&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Anger &amp;amp; Axis CBS LosAngeles Graffiti Art", photo par anarchosyn ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;Mise à jour du 08/12/10&lt;/u&gt; : &lt;/b&gt;ça y est, j'ai &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; signé ! J'avais deux mails hier matin, un de la responsable des ressources humaines, un d'une dame dont je n'avais encore jamais entendu parler, m'indiquant que mon contrat était prêt ! Ai scanné et envoyé le tout par mail à l'Education nationale dès que je suis rentrée chez moi. Aucun accusé de réception, mais je suppose que l'absence de coup de fil de leur part vaut tout comme.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-6682203749766115585?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/6682203749766115585/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/coup-de-gueule.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/6682203749766115585'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/6682203749766115585'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/coup-de-gueule.html' title='Coup de gueule'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2291/2139425385_a67a77acf3_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-5478768629184767329</id><published>2010-12-05T13:57:00.019+01:00</published><updated>2011-10-04T19:35:47.850+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ancient Geek'/><title type='text'>ἀλλὰ πατὴρ τεός εἰμί</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.normalesup.org/%7Epcuvelier/wwwprepa/AncientGeekPereDef.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 644px; height: 282px;" src="http://www.normalesup.org/%7Epcuvelier/wwwprepa/AncientGeekPereDef.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Dessin par Eunostos, décembre 2010.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;C'est l'une des tartes à la crème de la culture dite &lt;span style="font-style: italic;"&gt;geek&lt;/span&gt;. Si vous prononcez la phrase "Je suis ton père", votre interlocuteur, s'il connaît un tant soit peu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Star Wars&lt;/span&gt;, pensera aussitôt à &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=Vdc7v4vkbJI"&gt;la réplique "culte" de Dark Vador à Luke Skywalker&lt;/a&gt; qui constitue l'un des grands moments dramatiques de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Empire contre-attaque&lt;/span&gt; (si vous cherchez &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Je_suis_ton_p%C3%A8re"&gt;"Je suis ton père" sur Wikipédia&lt;/a&gt;, c'est d'ailleurs de cette réplique que vous parlera l'article).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Mais un brin de bon sens fera vite soupçonner que ce "Je suis ton père", prononcé en 1981 de notre ère selon le calendrier grégorien, n'est peut-être pas la première réplique du genre dans la fiction, surtout si on élargit la recherche à d'autres supports que le cinéma. Voyons un peu... Qu'y avait-il dans le même genre chez les Anciens ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le retour d'Ulysse&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Si vous étiez un(e) petit(e) Grec(que) né(e), disons, au Ve siècle avant J.C., votre culture aurait pour fondement les poètes, et en particulier le plus grand d'entre eux : Homère (peu nous importe ici qu'il ait réellement existé  : les gens de l'époque en étaient persuadés, ce qui, en l'occurrence, revient au même). Dans l'hypothèse où vous auriez eu la chance de recevoir une éducation un peu poussée, ce qui n'était bien sûr pas le cas de tout le monde, vous auriez appris vos lettres en lisant les deux épopées d'Homère, l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt; et l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;. Vous en auriez sans doute aussi appris des passages par cœur (eh oui). Et, tout au long de votre vie, vous croiseriez des références à Homère dans toutes sortes de contextes et chez toutes sortes de gens et d'auteurs, aussi bien poètes, philosophes, orateurs, hommes politiques, etc. Rien d'équivalent au phénomène &lt;span style="font-style: italic;"&gt;geek&lt;/span&gt; là-dedans, bien sûr : Homère faisait partie de la culture "mainstream", primordiale dans la construction de l'identité collective des anciens Grecs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Or, il y a un "Je suis ton père" chez Homère : plus précisément dans l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, au chant XVI, v. 188. C'est donc probablement à l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; qu'un Grec de l'époque classique penserait aussitôt en entendant cette phrase.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Laissez-moi vous rappeler un peu de quoi il est question. Si l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iliade&lt;/span&gt; racontait quelques jours de la guerre de Troie (la colère d'Achille à la suite d'un différend avec Agamemnon, roi de Mycènes), l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, de son côté, se déroule après la fin de la guerre, et raconte le long et périlleux voyage de retour d'Ulysse jusqu'à la petite île, Ithaque, dont il est le souverain. En réalité, pendant plus de la moitié de l'épopée, nous suivons plusieurs intrigues en parallèle. L'une, racontée pendant les quatre premiers chants, raconte le voyage du fils d'Ulysse, Télémaque, qui parcourt la Grèce en quête d'informations sur le sort de son père disparu, dont personne ne peut lui dire s'il est toujours vivant et s'il a des chances de revenir enfin après vingt ans. L'autre intrigue, la plus connue, c'est le voyage d'Ulysse lui-même, raconté de façon assez complexe, puisque le récit commence &lt;span style="font-style: italic;"&gt;in medias res&lt;/span&gt;, au moment où Ulysse a déjà erré pendant plusieurs années et se trouve prisonnier de la nymphe Calypso, et que nous apprenons ensuite, par le biais de plusieurs &lt;span style="font-style: italic;"&gt;flashbacks &lt;/span&gt;(en analyse littéraire, on parle d'analepses), comment il en est arrivé là.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Au chant XIII, Ulysse remet enfin le pied sur le rivage d'Ithaque, mais sa déesse protectrice, Athéna, l'avertit que d'autres dangers le guettent encore : son palais a été envahi par une foule de princes et de nobles d'Ithaque ou d'ailleurs, les prétendants, appelés ainsi parce qu'ils tentent de forcer l'épouse d'Ulysse, la reine Pénélope, à se remarier avec l'un d'entre eux,  sous le prétexte commode qu'Ulysse a disparu et est probablement mort, le tout, bien sûr, dans le but de s'emparer du trône d'Ithaque. Ulysse, lui, rentre seul survivant de sa flotte après son naufrage, il n'a ni armes ni troupes, et, s'il arrive au palais sous sa véritable identité, il risque d'être assassiné par les prétendants, très supérieurs en nombre. Ulysse doit donc se déguiser en mendiant et mener l'enquête pour trouver des alliés à Ithaque et au palais. Son premier allié sera bien sûr son fils, Télémaque.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Au chant XVI, Ulysse, avec l'aide d'Athéna, se débarrasse momentanément des haillons dont il s'est revêtu et se montre à son fils sous sa véritable apparence. Athéna lui donne même un coup de pouce : non seulement elle lui enlève son déguisement miteux, mais elle le rend plus beau que d'ordinaire, de sorte qu'il ressemble à un dieu descendu sur terre. Télémaque, en le voyant ainsi transformé, prend peur, croyant avoir véritablement affaire à un dieu, mais Ulysse le rassure :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;blockquote&gt;"Je ne suis pas un dieu ! pourquoi me comparer à l'un des Immortels ? Je suis ton père, celui qui t'a coûté tant de pleurs et d'angoisses et pour qui tu subis les assauts de ces gens !" (Comprenez : les prétendants, qui n'ont cessé de s'employer à écarter Télémaque du pouvoir, dont il serait l'héritier légitime. La traduction est de Victor Bérard.)&lt;/blockquote&gt;Et voilà donc notre "Je suis ton père" (e&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;n grec homérique, cela donne ἀλλὰ πατὴρ τεός εἰμί : "non, je suis ton père").&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;George Lucas (et Joseph Campbell) contre-attaquent&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TPu6J3PomJI/AAAAAAAAADA/7UUd8aXogdY/s1600/George_Lucas_cropped_2009.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 242px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TPu6J3PomJI/AAAAAAAAADA/7UUd8aXogdY/s320/George_Lucas_cropped_2009.jpg" alt="George Lucas en 2009. Source : Wikipédia anglaise" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5547232044648011922" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Les fans de George Lucas seront peut-être tentés de s'extasier une nouvelle fois devant la perfection de l'&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;œuvre du Maître : "Il avait lu Homère et il y fait référence de façon détournée !" Sans vouloir les décevoir, cela me paraît très improbable, pour deux raisons. La première, c'est la différence radicale dans le contexte de la révélation : dans l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, la révélation de l'identité d'Ulysse est pour Télémaque un moment de grand bonheur, et c'est aussi un pivot de l'intrigue, puisque le père et le fils réuni vont pouvoir affronter et chasser les prétendants qui convoitent le pouvoir. Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Empire contre-attaque&lt;/span&gt;, c'est une révélation horrible, faite à l'issue d'un combat acharné, et qui place Luke dans une situation de dilemme moral difficilement soutenable.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Malgré cela, on pourrait toujours croire, avec beaucoup de bonne volonté, que Lucas élabore sciemment une vision de la relation père-fils totalement opposée à celle que décrit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Odyssée&lt;/span&gt; (le père devenant, non plus un modèle et un allié, mais un ennemi et donc une figure de repoussoir).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;D'où la seconde raison, biographique, celle-là : il est loin d'être certain que Lucas avait lu Homère au moment où il a élaboré l'intrigue de sa première trilogie de films. Pas à ce niveau de détail, en tout cas, puisqu'il n'était pas helléniste et n'a pas vraiment fait de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;classical studies&lt;/span&gt; (équivalent de notre cursus de Lettres classiques).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/f/f9/Joseph_Campbell_circa_1982.jpg"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 150px; height: 197px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/f/f9/Joseph_Campbell_circa_1982.jpg" alt="Joseph Campbell vers 1984. Source : Wikipédia anglaise, article Joseph Campbell" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;En revanche, Lucas a suivi un cours de sociologie des mythes dans les années 1960 (du moins selon l'épais dossier qui termine le premier volume de l'édition Omnibus des romans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Star Wars&lt;/span&gt;) : il a donc probablement eu connaissance de l'histoire de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt;, sans doute pas par le biais d'une approche d'études &lt;span style="font-style: italic;"&gt;littéraires&lt;/span&gt;,  mais par le biais d'une approche anthropologique ou psychologique, qui s'intéresse surtout aux "mythes" compris comme des histoires réduites à des canevas narratifs, donc considérées en dehors des contextes précis de leurs évocations littéraires ou artistiques. Lucas a en particulier revendiqué l'influence qu'ont eu sur lui les travaux du mythologue Joseph Campbell (notamment son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Hero with a Thousand Faces&lt;/span&gt;, paru en 1949 et traduit &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;en français sous le titre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Héros aux mille et un visages&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;), travaux qui adoptent une approche psychanalytique, entre autres dans la lignée de Jung. George Lucas fait donc partie de ces nombreux artistes qui, depuis la création des études mythologiques dans la seconde moitié du XIXe siècle, ont été influencés dans leur &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;œuvre non pas seulement par les &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;œuvres des artistes des époques antérieures, mais aussi (voire surtout) par les courants de pensée des sciences humaines de leur époque.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Parenthèse : l'approche des mythes adoptée par Campbell est loin de faire l'unanimité parmi les chercheurs, surtout en ce qui concerne sa théorie du "monomythe" (qui tente de retrouver un même schéma narratif et un même langage symbolique dans les mythes du monde entier). Mais ça n'a pas empêché ledit monomythe de devenir la coqueluche des réalisateurs hollywoodiens, qui l'ont utilisé comme base de travail pour réaliser des scénarios propres à rassembler un large public.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Photos : George Lucas en 2009, puis Joseph Campbell vers 1984. Source : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://commons.wikimedia.org/wiki/Main_Page"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Bref, n'allez pas croire qu'il soit facile d'établir une relation directe entre l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Empire contre-attaque&lt;/span&gt; sous le prétexte qu'un père se fait reconnaître de son fils dans ces deux histoires : non seulement il est improbable que la seconde fasse volontairement référence à la première, mais ce genre de scène de reconnaissance est une ficelle classique (pour ne pas dire un poncif) des récits d'aventure. C'est avant tout moi, depuis mon année 2010, qui, étant à la fois lecteur d'Homère et spectateur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Empire contre-attaque&lt;/span&gt;, emploie le second comme un prisme à travers lequel regarder l'épopée antique, de façon aussi amusante qu'anachronique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;greek pater familias &lt;/span&gt;au Noir Seigneur Sith : que sont les papas devenus ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans cette perspective de joyeux mélange des époques, ce qui est particulièrement amusant est de voir à quel point, ici comme souvent, l'épopée antique a quelque chose de rafraîchissant par rapport à ses lointains successeurs. Franchement, si je devais choisir une paire père-fils, entre Ulysse et Télémaque ou bien Dark Vador et Luke Skywalker, j'opterais pour les premiers sans la moindre hésitation. Un ancien Jedi ayant cédé au Côté Obscur, serviteur d'un tyran galactique et enclin aux exécutions arbitraires, parlez-moi d'un modèle paternel ! Que diable a-t-il bien pu se passer entre les deux pour que le malheureux papa passe du statut de héros longtemps attendu à celui d'ennemi mortel ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/12/Sigmund_Freud_LIFE.jpg"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 212px; height: 300px;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/12/Sigmund_Freud_LIFE.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;En toute bonne rigueur scientifique, c'est le genre de question qui supposerait de pondre une thèse (au moins) pour obtenir une réponse satisfaisante. Comme nous sommes simplement sur un blog, et que j'ai déjà été bien bavard, je résume allègrement les quelque vingt-huit siècles qui séparent Homère de George Lucas et je vous dis : probablement Freud. Pour le coup, en plus, c'est quelqu'un dont Lucas ne peut qu'avoir entendu parler sur les bancs de la fac, et c'est un chercheur dont les travaux ont longtemps influencé l'étude des mythologies. Dans l'optique freudienne, surtout lorsqu'on s'en sert de façon un peu désinvolte, peu importent les époques, les aires géographiques et les contextes culturels, c'est toujours le même drame qui se rejoue dans la psyché humaine, celui (pour s'en tenir au plus connu) du complexe d'Œdipe, dans lequel, comme vous le savez, l'enfant est attiré par sa mère et déteste son père.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Photo : Sigmund Freud, par Max Halberstadt, en 1922. Source : &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sigmund_Freud_LIFE.jpg?uselang=fr"&gt;Wikimedia Commons&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;"Justement, Œdipe, c'est bien plus ancien que Freud", me direz-vous. "Nous sommes en pleine Grèce antique, et &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Œdipe&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;, contrairement à Télémaque, ne s'entend pas spécialement bien avec son père !" Certes, et on pourrait trouver beaucoup d'autres exemples de personnages mythologiques pris dans ce genre d'affrontement familial (tenez, sans aller chercher très loin : Zeus, par exemple). Oui mais... Freud fait un usage bien particulier de l'histoire d'Œdipe, dont il n'utilise d'ailleurs qu'une seule des nombreuses évocations : &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Œdipe roi, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;la fameuse tragédie de Sophocle. Dans le traité &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'interprétation des rêve&lt;/span&gt;s qu'il publie en 1900, Freud n'emploie cette tragédie que comme un exemple pour illustrer sa théorie sur le développement psychique de l'enfant. Exemple dans lequel il affirme certes trouver une confirmation de la portée générale de sa théorie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Depuis Freud, le complexe d'&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Œdipe est passé dans le langage courant, au point qu'on s'y réfère comme à une sorte d'évidence. Sauf que Freud a fait, au cours des décennies suivantes, l'objet de nombreuses remises en cause, qui ont fortement nuancé (voire davantage) ses théories. Mais pour en rester à nos moutons, qu'ont à dire les hellénistes sur la vision freudienne du mythe d'&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Œdipe et de son papa ? Je passe la parole à Jean-Pierre Vernant :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Mais en quoi une &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;œuvre littéraire appartenant à la culture de l'Athènes du Ve siècle avant J.-C. et qui transpose elle-même de façon très libre une légende thébaine bien plus ancienne, antérieure au régime de la cité, peut-elle confirmer les observations d'un médecin du début du XXe siècle sur la clientèle de malades qui hantent son cabinet ?&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Cette question est extraite du début de l'article "&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Œdipe sans complexe", regroupé dans le premier volume de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mythe et tragédie en Grèce ancienne&lt;/span&gt; (un classique des études grecques, qui regroupe aussi des articles de Pierre Vidal-Naquet). Dans cet article, comme son titre le laisse attendre, Vernant critique fortement l'interprétation freudienne d'&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Œdipe roi&lt;/span&gt;, parce qu'il n'est pas si facile d'établir la constance de mécanismes psychiques humains dans des cultures et à des époques radicalement différentes. C'est en tout cas le genre de conclusions hâtive que ne peut pas se permettre la méthode adoptée par Vernant et ses collègues, celle de l'anthropologie historique, qui prête justement beaucoup d'attention au contexte précis de chaque culture dans un lieu et à une époque donnée, et a montré l'importance du contexte culturel dans la construction psychologique de l'individu. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Affirmer quoi que ce soit sur la psychologie de l'être humain &lt;span style="font-style: italic;"&gt;en général&lt;/span&gt; (donc à l'échelle de l'espèce, dans le monde entier et de tout temps) suppose donc de multiples précautions méthodologiques, que Freud ne prend pas, en partie parce qu'à son époque l'anthropologie n'était pas encore aussi développée qu'elle l'est de nos jours. Inutile de dire que, dans une telle optique, le "monomythe" à la Campbell, qui repose sur le même type d'affirmations de portée générale (l'existence d'un langage symbolique que l'on peut retrouver dans les mythes de toutes les cultures) risque d'avoir le plus grand mal à prouver sa véracité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Mais peu importe : l'artiste est libre de reprendre à son compte ces interprétations, tant celles de Freud en 1900 que celles de Campbell en 1949, pour en faire son miel dans les univers de fiction. &lt;/span&gt;D'où Dark Vador.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Faut-il s'en plaindre ? Faut-il regretter le bon vieux temps de papa Ulysse ? Pas forcément. Car, si l'on pourrait montrer sans trop de difficultés que l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Odyssée&lt;/span&gt; a contribué à construire la représentation idéale de la famille nucléaire telle qu'elle avait encore cours il y a peu dans le monde occidental, et telle qu'elle apparaît encore dans nombre de fictions grand public (le père, la mère et l'enfant versus le reste du monde), il ne faut pas non plus nous leurrer : le monde d'Ulysse était radicalement différent du nôtre. Et il n'aurait pas vraiment de leçons à nous donner, par exemple, sur la place des femmes dans la société (même si Pénélope, dans l'ensemble, ne s'en sort pas si mal).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;En fin de compte, la seule grande conclusion définitive que l'on puisse tirer de ce rapprochement est beaucoup plus modeste, et c'est l'excellent site &lt;a href="http://tvtropes.org/"&gt;TV Tropes&lt;/a&gt;, avec sa façon toute pragmatique de théoriser les procédés fictionnels, qui peut nous la fournir : le "Je suis ton père" est ce qui s'appelle un procédé &lt;a href="http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Main/OlderThanTheyThink"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;older than they think&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, plus ancien que vous ne pensiez.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-5478768629184767329?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/5478768629184767329/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/blog-post.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5478768629184767329'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/5478768629184767329'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/12/blog-post.html' title='ἀλλὰ πατὴρ τεός εἰμί'/><author><name>Eunostos</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13948393442865347564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TNVMaQ7oBWI/AAAAAAAAAAM/F6wA_5N3V-c/S220/DeRidder1066petit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_gZE55GUFWsI/TPu6J3PomJI/AAAAAAAAADA/7UUd8aXogdY/s72-c/George_Lucas_cropped_2009.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-8363088181730359423</id><published>2010-11-28T12:06:00.002+01:00</published><updated>2010-11-29T20:47:55.827+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Du bon côté du bureau'/><title type='text'>Opération "Mani pulite"</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toutes les semaines, lorsque je rassemble mon paquetage pour aller faire cours et que j'empoigne mon nouveau Best Friend Forever, i.e. mon marqueur Velléda (que j'ai déjà dû changer une fois, en prenant le modèle XXL, qui ne rentre pas dans ma trousse, mais devrait durer plus longtemps, j'espère), je me Jure Solennellement que, aujourd'hui, je sortirai de là avec des mains nickel.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&lt;img alt="Velleda® Whiteboard Marker 1701/1751" src="http://www.bicworld.com/img/products/WHITEBOARD-MARKER-1751_01.jpg" /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Markers are a girl's best friends !!!&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je m'explique : tout le monde connaît la craie, ses petites particules volantes qui vous blanchissent en deux temps trois mouvements, et tout le monde a au moins une anecdote du prof qui, oubliant que ses mains en étaient couvertes, a touché un point quelconque de son anatomie (en règle générale, son postérieur), y laissant du même coup une magnifique trace de main tout à fait suggestive et déclenchant l'hilarité générale à chaque fois qu'il se retournait pour aller au tableau.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le tableau blanc à marqueur Velléda était censé remédier à cela. Erreur, du moins dans mon cas. Je ne sais pas comment je fais, mais je me retrouve toujours, à la fin des cours, avec des mains de mineur, d'un noir très seyant, qui fait que, en ce moment, j'hésite même à les protéger du froid en les enfouissant dans les poches de mon gros manteau ou en enfilant mes sublimes gants rouges.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai découvert la Chose vers mon deuxième cours, lorsque, après une séance particulièrement animée sur le thème "Et donc, qu'auriez-vous écrit à la place du journaliste sur ce film-là ?", regardant avec satisfaction mes étudiants quitter peu à peu la salle, je me relevai (je fais toujours cours debout, pour que ceux des derniers rangs ne s'en tirent pas aussi facilement, mais j'ai tendance à me pencher pour m'appuyer sur le bureau) et constatai avec une certaine horreur mêlée d'étonnement que j'avais laissé deux magnifiques marques de mains noires, parfaitement nettes. Tournant le regard vers les Responsables, je ne pus que constater qu'elles étaient, effectivement, tout ce qu'il y avait de plus dégueulasses. Et encore, je n'avais pas l'impression d'avoir beaucoup écrit au tableau pendant ces deux heures-là. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Depuis, j'ai beau me répéter "aujourd'hui, &lt;i&gt;mani pulite&lt;/i&gt;" en boucle comme un mantra pendant les trois heures qui précèdent mes cours, m'arrêter une seconde au moment de m'emparer de mon marqueur et m'accrocher comme une damnée à la brosse à effacer, une heure et demie ou deux heures plus tard, le résultat est toujours le même : beurk.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il faut dire qu'un accident est si vite arrivé ! Vous écrivez un mot, vous oubliez un "s", un jambage à un "m", vous passez votre phrase au singulier et, par réflexe, écrivez d'abord un "-ent" à la fin du verbe et paf ! sans réfléchir, vous utilisez vos zolies mimines pour effacer avant de rectifier. C'est simple, rapide et ça demande un effort intellectuel minimal.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ouais. Sauf que, petite correction après petite correction, vos paluches deviennent aussi cracras que si vous ne les aviez pas lavées de la semaine. Un peu gênant, sans compter que le cracra en question, ensuite, se colle partout : sur le bureau où vous vous appuyez, donc, mais aussi sur votre cours, les feuilles que vos étudiants vous remettent à la fin de la séance, l'interrupteur, la poignée de la porte, le bouquin que vous lisez dans le RER, etc.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://farm2.static.flickr.com/1076/1356366068_261280abfa.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://farm2.static.flickr.com/1076/1356366068_261280abfa.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;("Dirty hands", photo par analytik ; source : FlickR)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Deux options s'ouvrent donc désormais à moi : soit je me fais amputer des deux mains pour me faire greffer à la place deux marqueurs Velléda (ou un marqueur et une brosse à effacer, au choix), mais ça risque d'être un peu compliqué ensuite pour ma Vie Hors des Cours (car j'essaie d'avoir une vie hors de mes cours, contrairement à ce qu'ont l'air de penser mes étudiants, qui m'envoient leurs articles à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, samedi et dimanche compris) ; soit je bosse en portant des gants en latex : mais là, déjà qu'ils me prennent &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/10/la-ponctuation-et-la-greve-et-la.html"&gt;pour une Tarée de la Ponctuation cherchant à les enfermer dans la salle de cours pour les empêcher de s'enfuir&lt;/a&gt;, ça ne va pas arranger mon cas. Encore que, si ça peut les inciter à me rendre leurs articles et leur commentaire composé en temps et en heure, tout compte fait, c'est peut-être intéressant...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/7eFAMYtN-xg?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/7eFAMYtN-xg?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-8363088181730359423?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/8363088181730359423/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/operation-mani-pulite.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8363088181730359423'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/8363088181730359423'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/operation-mani-pulite.html' title='Opération &quot;Mani pulite&quot;'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm2.static.flickr.com/1076/1356366068_261280abfa_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-4240702008369816910</id><published>2010-11-22T10:00:00.000+01:00</published><updated>2010-11-22T10:00:03.918+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Oulm Connection'/><title type='text'>Annonce</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce n'est pas pour faire ma pub, mais, vendredi prochain, de 14h à 17h, je serai au forum sur les débouchés des prépas commerciales et littéraires organisé par l&lt;a href="http://www.lycee-pothier.com/"&gt;e lycée Pothier d'Orléans&lt;/a&gt;. Mon ancien lycée, quoi. Celui à partir duquel j'ai intégré.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Officiellement, je représenterai l'ENS et la filière lettres classiques, mais, si on n'a pas de représentant, je peux aussi faire Nanterre. Voire la Sorbonne (en essayant de ne pas trop casser, c'est promis - vous connaissez mon honnêteté intellectuelle).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/72/LSU_Cheerleader.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/72/LSU_Cheerleader.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;("Photo of LSU cheerleader&amp;nbsp; at an LSU football game in Tiger Stadium ; photo par Justdog ; source : Wikipedia Commons)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7486520527264300943-4240702008369816910?l=univers-universitaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/feeds/4240702008369816910/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/annonce.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4240702008369816910'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7486520527264300943/posts/default/4240702008369816910'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/annonce.html' title='Annonce'/><author><name>Lina</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17616062295312577865</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_80ntXU6yGOM/S9QrkoGAJII/AAAAAAAAAFc/rvqFpP8PK5g/s1600-R/2190968560_ec0af09641.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7486520527264300943.post-1892509380671037166</id><published>2010-11-21T13:49:00.005+01:00</published><updated>2011-03-12T19:30:54.722+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Antiquité sur scène'/><title type='text'>"Andromaque" à la Comédie Française</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vendredi dernier, je suis allée voir, avec des amis, &lt;a href="http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=229&amp;amp;id=516"&gt;l' "Andromaque" de Racine à la Comédie Française&lt;/a&gt;. Au vu des critiques, celle du Monde (trop vieille pour que je puisse vous mettre le lien, désolée) comme celle de &lt;a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/10/24/andromaque-gorge-profonde/"&gt;Pierre Assouline&lt;/a&gt; (dont le titre ne cesse de me plonger dans un abîme de perplexité), c'était quitte ou double : ou on accrochait et on adorait, ou on restait en rade et les deux heures sans entracte paraissaient très, très longues. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En ce qui me concerne, j'étais plutôt entre les deux : j'ai globalement bien aimé, mais les choix de mise en scène qui ont été faits m'ont aussi périodiquement amenée à lever les yeux au ciel, en soupirant d'agacement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Commençons par les points positifs : le décor est minimal, pour laisser toute la place aux mots de Racine, et, ça, c'est assez réussi. Effectivement, le texte suffit largement et, lorsqu'on décide de faire dans l'antique classique (colonnes, voilages), mieux vaut ne pas en faire trop, sous peine de tomber dans le &lt;a href="http://univers-universitaire.blogspot.com/2010/11/lantiquite-au-cinema.html"&gt;"kitch péplum"&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La musique en arrière-fond ne m'a pas dérangée non plus : elle n'était pas trop forte, mais, outre le fait qu'elle ne va pas très loin quand on sait &lt;a href="http://www.fontanamix.it/fmix/FontanaMIX.html"&gt;ce que peut être la musique classique contemporaine aujourd'hui&lt;/a&gt; (mais bon, je ne suis peut-être pas très objective à ce sujet), étant donné qu'il s'agissait plus ou moins de la même séquence tournant en boucle, je finis par se demander à quoi elle pouvait bien servir. Ceci dit, pourquoi pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En fait, le problème de cette pièce, ce n'est pas l'archiclassicisme des décors et des costumes, mais les choix d'interprétation et de diction.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne suis pas contre la diction "racinienne" ("que nous nous imaginons racinienne" serait plus juste), consistant à prononcer le texte de manière assez hiératique et solennelle. Après tout, il y &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; quelque chose de solennel dans les pièces de Racine, qui fait que ses personnages n'ont pas du tout la même attitude que ceux de Corneille.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais enfin, il n'était pas nécessaire : 1) de se mettre à hurler tout d'un coup, sans raison ; 2) de prendre périodiquement une voix rauque à mi-chemin entre Goldorak et Dark Vador. Vendredi soir, de mon point de vue (j'ai peut-être la dent dure), Clément Hervieu-Léger (Oreste) et Eric Ruf (Pyrrhus) ont totalement raté leur entrée à cause de ça. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Par ailleurs, le problème de cette diction, c'est que, si l'on n'est pas très bon, c'est horrible : à chaque fois qu'Aurélien Recoing (Phoenix, le confident de Pyrrhus) et Suliane Brahim (Cléone, la confidente d'Hermione) ouvraient la bouche, je ne pouvais pas m'empêcher de soupirer ; il n'était franchement pas possible d'être plus mauvais, même si je reconnais que, pendant le récit par Cléone de l'arrivée de Pyrrhus et Andromaque au temple, ça s'est nettement amélioré pendant une ou deux minutes.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La dernière confidente, Céline Samie (Céphise), n'était, elle, pas mal, mais je me demande si ce n'est pas surtout par comparaison avec le personnage principal qu'elle accompagne, Andromaque (Cécile Brune) : prenez une bûche, mettez-lui une robe grecque et vous avez le personnage que nous avons vu évoluer sur scène vendredi soir.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une de mes amies m'a très justement fait remarquer que ça changeait des Andromaques mères éplorées qu'on nous sert habituellement. Certes. Et je reconnais que la représenter complètement pétrifiée dans sa douleur face à Pyrrhus n'est pas une mauvaise idée. Mais enfin, lorsqu'il n'est pas là, était-il nécessaire de la rendre aussi dépourvue d'expression et de sentiment ? "O-mon-fils-o-mon-père" : même une machine le prononcerait mieux. Même la fameuse description de la prise de Troie, exemple parfait d'hypotypose (i.e. de description tellement vivante que vous avez l'impression de l'avoir vraiment sous les yeux), est complètement ratée : elle nous laisse aussi froids qu'une récitation de liste de courses.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En vérité, le véritable personnage principal de cette pièce telle qu'elle est mise en scène ici, c'est Hermione. Léonie Simaga est tout simplement excellente : elle rend souple la diction racinienne, fait vivre son personnage comme jamais et se révèle très manifestement au-dessus de tous ses partenaires, y compris d'un acteur expérimenté et lui aussi habituellement excelle
