dimanche 27 janvier 2013

Occurrences et compagnie

Comme annoncé dans le message précédent, en ce moment je fais beaucoup de relevés d'occurrences. A vrai dire, si ça me prend une bonne partie de mes journées et me vide littéralement de mon énergie pour un résultat qui, pendant longtemps, ne sera pas très visible (seuls ceux qui ont passé des jours à indexer une base de données peuvent me comprendre), c'est parce que à la fois je ne pouvais pas le faire avant (il fallait d'abord que je dresse une liste des termes à chercher et, ne serait-ce que pour cela, lire au moins deux fois toutes les oeuvres de mon corpus) et j'ai plus ou moins remis cette corvée ce passionnant travail jusqu'à que j'en aie vraiment besoin. En l'occurrence, j'ai commencé la rédaction, ce serait mieux si je pouvais la faire en suivant l'ordre de mon plan et j'ai besoin de ces données pour ma première partie : chouette...

Pourquoi est-ce que je fais cela ?

Comme je m'intéresse à la façon dont les informations sont présentées et introduites dans le texte, évidemment je passe beaucoup de temps à étudier des passages particuliers. Mais je me suis très vite rendue compte (dès mon M2 sur les rumeurs, pour être honnête) qu'il était aussi très intéressant de savoir combien de fois une expression ou un mot revenait dans l'oeuvre de mes auteurs, comment ils était modulés (i.e. avec quels autres mots, moins centraux, ils étaient combinés) et, surtout, s'ils apparaissaient plus ou moins toujours dans le même contexte. Les questions que je me pose sont par exemple : est-ce que Tacite et Suétone utilisent toujours le verbe tradere pour désigner une source écrite ? est-ce que le terme fama renvoie généralement à une information dont la véracité est plus ou moins douteuse ? etc.

Ceux qui me subissent lisent ce blog depuis le début (ou sont allés faire un tour dans ses archives) savent que cette histoire est un peu ma marotte depuis des années et me vaut, de la part de mes amis, une réputation de crypto-linguiste (comprenez : je ne fais pas de linguistique, mais ça m'intéresse quand même et j'ai d'ailleurs retenu beaucoup trop de choses de mes cours d'indo-européens à Ulm et de linguistique grecque et romaine pour que ce ne soit pas louche ; amis linguistes qui passeriez par ici, nous sommes d'accord : ce que je fais n'est pas de la linguistique).

(Voilà un accident du travail qui ne risque pas de m'arriver ; encore que : dans la bibliothèque d'Ulm, on ne sait jamais ce qui peut arriver ; photo par That Bill Fellow ; source : Flicker)


Là encore, concrètement, ça se passe comment ?

Concrètement, je fais ce qu'on appelle des recherches morphologiques, i.e. que je cherche toutes les formes possibles d'un mot (que ce soit un nom, un verbe ou un adjectif) dans les deux corpora (et oui, le pluriel de corpus, c'est corpora). Pour mon M2, j'ai tout fait à la main, en notant scrupuleusement dans des tableaux chaque référence que je trouvais à la lecture. Ce fut long, fastidieux et, à la fin, ça a bien failli me rendre folle, car les totaux étaient toujours différents.

Cette fois-ci, j'ai donc décidé de me la jouer scientifique. Comprenez : à moi la technologie !

Au début, j'utilisais, via les ressources en ligne de la BNF (accessibles avec une carte recherche), la Bibliotheca Teubneriana Latina. Comprendre : l'édition en ligne des textes latins publiés par l'édition allemande de référence Teubner. Mais quelqu'un qui devait se prendre pour un génie a décidé d'en refaire l'interface, ce qui, dans un premier temps, a fait qu'on ne pouvait plus y accéder par la BN et, ensuite, l'a rendu totalement inutilisable : plus de texte directement accessible (alors que c'est majoritairement pour cette raison qu'on consulte l'édition Teubner), des listes avec uniquement des références (ce qui ne sert absolument à rien), sans indication sur quelle forme a été relevée, dans quel contexte et, surtout, avec des notations de passages qui ne correspondent pas à l'harmonisation qui a eu lieu depuis très longtemps (comprenez : on divise chaque livre antique en paragraphes et en chapitres ; au début, chaque éditeur faisait plus ou moins comme il l'entendait, puis on s'est mis d'accord pour que Tac., Ann. XVI 42.3 corresponde au même texte, quelle que soit l'édition).

Si certains éditeurs et informaticiens pouvaient se mettre à la place des usagers, ce serait bien. J'en suis presque à me demander si ce n'est pas une tactique pour obliger les gens à délaisser l'édition numérique pour n'utiliser que le papier.

("Hé, Steve ! Tu as vu comme le site de De Gruyter est encore plus nul à chier que d'habitude ? - Oui, j'ai vu, Bill ! C'est pas encore aujourd'hui que les latinistes vont dominer le monde !" ; photo par Joi Ito ; source : Fotopedia)


Je me suis donc rabattue sur le bon vieux Diogenes, logiciel en libre accès permettant de faire des recherches dans les deux bases de données de littérature antique (l'Ultime Solution étant le moteur de Perseus, mais vu comme ça a tendance à ramer pour avoir un texte, je n'ose imaginer ce que ça peut donner pour le reste). J'ai toujours ce problème des références (les éditions répertoriées sont celles qui sont libres de droit, ce qui veut dire qu'elles sont assez anciennes, à l'inverse - théoriquement- des Teubner), mais, au moins, je peux lire tout de suite le texte ; je me contente de vérifier sur mes Budé papier lorsqu'une référence m'intéresse.

Grâce à tout cela, je fais de Magnifiques Tableaux (si, si, ils sont magnifiques), dont j'essaie ensuite de voir si je peux en tirer quelque chose de significatif. Ne me demandez pas si j'ai déjà des résultats : j'en suis encore à rassembler des données et tenter de ne pas me désespérer devant "Dicere + Tacite : 174 résultats" (yeeepeeee ! des heures d'ennui mortel de jeu en perspective !). C'est ça, aussi, la thèse...

(Un magnifique tableau)

dimanche 20 janvier 2013

Mais oui, mais tiens, sur quoi tu travailles, déjà ?

Oui, je sais, ça fait deux mois que je n'ai plus rien posté ici. J'étais bien partie, pourtant, avec un message toutes les semaines. Puis les copies, les préprojets et les cours à finir de préparer se sont accumulés : game over.

Et donc, qu'est-ce que je fais, depuis le 17 novembre ? Beaucoup de choses, en particulier tenter de boucler ma bibliographie et rassembler mon courage devant les centaines d'occurrences de verbes qui m'attendent et qu'il va me falloir dépouiller. C'est même précisément ce que je suis en train de faire en ce moment (dépouiller tout ça, pas rassembler mon courage), je vous expliquerai bientôt en quoi ça consiste et à quoi j'espère que ça va me servir.

J'étais même sur le point d'écrire ce post sur les occurrences lexicales, leur vie, leur oeuvre, quand je me suis rendue compte que je n'avais jusque là jamais vraiment expliqué ici sur quoi porte ma thèse exactement. C'est d'autant plus ironique que je râle suffisamment sur le blocage de mon Vénéré Chef à propos de mon sujet (la dernière fois qu'il m'a vue, il se souvenait de Suétone, mais pas de Tacite ; nous sommes donc revenus au stade 1 : ça avance, mais, quand même, inconscient, quand tu nous tiens !).

("Bonjour ! Dis-moi quel est ton sujet de thèse et je m'en souviendrai pendant des années !" ; photo par Brittany Hock ; source : FlickR)

Je travaille donc sur, je cite, "l'élaboration du récit chez les historiens romains des débuts de l'empire".

Ça, c'est mon titre (je vous épargne les deux mots latins qu'il contient, mais j'y reviendrai peut-être plus tard - soyons fous !).

Concrètement, ça veut dire quoi ?

Concrètement, ça veut dire que je travaille sur la façon dont Tacite et Suétone ont écrit sur les premiers empereurs, ceux du Ier siècle après J.C., en les comparant l'un à l'autre. Leur sujet était en effet plus ou moins le même et ils ont écrit plus ou moins au même moment, ce qui permet de les mettre en parallèle sans trop craindre d'obstacles de type période historique, milieu culturel et social ou encore accès à l'information. Mon postulat de départ, c'est qu'ils avaient potentiellement accès aux mêmes informations : à partir de cela, quels choix ont-ils concrètement faits pour construire leurs oeuvres ?

Pour mettre cela en évidence, j'ai (pour le moment : Chef a manifestement eu une Illumination sur mon plan, mais il n'a pas envie de faire "Un mail, une idée" et c'est tellement urgent que toute affirmation de ma part sur mon entière disponibilité pour le rencontrer tombe dans le plus grand vague) l'intention de partir du plus près du texte pour prendre ensuite progressivement de la hauteur. Dès lors, plusieurs aspects m'intéressent, afin d'essayer d'entrer de plus en plus profondément dans le processus compositionnel :
  • le choix des mots : comment telle information est-elle présentée et introduite dans le texte ?
  • l'organisation générale de la matière : quelles sont les répercussions du genre choisi par mes auteurs (Tacite écrit des ouvrages d'histoire, Suétone des biographies) sur le déroulement de la narration ?
  • les scènes récurrentes :  quels "modèles à suivre" peuvent être décelé dans la narration de scènes récurrentes, comme par exemple la mort d'un empereur ?
  • le portrait d'ensemble des différents empereurs : quels choix ont été faits pour présenter tel empereur de telle manière ?

Les questions qui se trouvent derrière tout cela portent sur la conception de l'histoire de Tacite et Suétone, mais aussi sur celle des Romains du début du IIème siècle après J.C. L'originalité de ma démarche repose, il me semble, dans la comparaison des deux auteurs, qu'on "recoupe" assez souvent pour vérifier une information ou étudier leur style (ce qui revient généralement à porter Tacite aux nues et vilipender Suétone), mais assez peu pour dire "il a utilisé cette information et pas celle-là, alors qu'on la retrouve chez l'autre : pourquoi ?" et, surtout, pas de manière aussi systématique.

Evidemment, je vais aller faire un tour du côté de la narratologie.

Evidemment, les historiens sont mes amis !

samedi 17 novembre 2012

Soyez multitâches, qu'ils disaient...!

Ce message pourrait s'intituler "De l'évolution du métier d'enseignant-chercheur". Je n'en ai bien sûr qu'un aperçu tout à fait modeste, mais le peu auquel j'essaie de participer dans la vie de mon département et qu'il m'arrive de raconter en rentrant à la maison amène souvent la même remarque dans la bouche de mon copain.

Ça a commencé avec les inscriptions pédagogiques. J'y participe tous les ans et je considère que c'est normal : plus on est à y donner un coup de main, plus vite elles se font, pour nous comme pour les étudiants (qui ont du coup, soit dit en passant, une meilleure image de leur fac que s'ils devaient attendre des heures le ventre creux avant de pouvoir enfin s'inscrire). On s'y retrouve donc généralement entre doctorants, ATER et maîtres de conférence ; aucun prof, mais il est vrai qu'ils sont généralement plus occupés que nous, entre soutenances de thèse, colloques et sociétés savantes (les maîtres de conférence aussi ont ça, mais peut-être moins qu'eux ?). Lorsque je suis rentrée à la maison, Monsieur mon copain m'a demandé pourquoi on s'en chargeait, alors que c'était à l'administration de le faire, ce qui faisait écho à une remarque de mon directeur à ce sujet : "Je ne comprends pas pourquoi on nous demande ça : avant, c'était le travail des secrétaires et nous intervenions seulement lors des cas difficiles."

Même chose pour une histoire d'emploi du temps : un de mes collègues hellénistes chargé d'un cours de master a obtenu un congé de recherche pour le premier semestre, l'autre chargé de cours étant mon directeur. D'habitude, soit ils s'alternent une séance sur deux, soit ils font chacun six séances. Je m'attendais donc à ce que Chef fasse cours tout le premier semestre et mon collègue tout le second, mais Chef a l'air parti pour faire comme d'habitude, une séance sur deux, ce qui, je le crains, augure un encombrement pour le grec à partir de février. J'en parle en passant à Chéri, qui me dit : "Mais la secrétaire ne pouvait pas contacter Chef, pour lui dire qu'il faisait cours tout le premier semestre ? Ce n'était pas à lui de penser à ça !"

Dernier épisode en date : je suis sur le point de publier un article dans le Bulletin de l'Association Guillaume Budé ; l'imprimeur m'a donc envoyé deux jeux d'épreuves, un à garder, un à corriger et à lui renvoyer. Je me suis donc appliquée à inscrire au stylo rouge des signes cabalistiques dans les marges et sur le texte, lorsque Chéri arrive et, après avoir su ce que je faisais, me demande à nouveau : "Mais il n'y a pas de correcteur professionnel, dans cette revue, pour vérifier qu'il n'y a ni fautes d'orthographes, ni fautes de typo ?"

 (Socrate, prof de Platon ; Musées du Capitole, Rome ; photo personnelle)


Evidemment que, dans un monde parfait, il y aurait trois secrétaires pour notre département, qui pourraient s'occuper des emplois du temps des étudiants et des professeurs en plus du reste, et chaque revue aurait des correcteurs (la plupart en ont quand même, il me semble, bien que j'aie entendu dire que certains éditeurs allaient jusqu'à s'en séparer).

Mais le fait est que le métier d'enseignant-chercheur comprend depuis un bon moment des tâches administratives de plus en plus lourdes. Le temps où il se contentait d'arriver et de délivrer sa science aux étudiants est bien fini (s'il a jamais existé) : il faut maintenant aussi s'occuper des relations avec les facs, les lycées et les classes préparatoires ; cogiter sur les nouveaux emplois du temps ; prévoir les remplacements de collègues malades/en détachement/en congé maternité/avec des décharges horaires ; se concerter sur les nouvelles maquettes de diplômes et faire des recherches avant de les monter ; assurer des permanences pour aider les étudiants qui en ont besoin ; assister à diverses réunions, dans l'UFR, avec d'autres UFR, au sein de l'université, etc., etc. (je suis encore très loin du compte).

 (Platon, élève de Socrate et prof d'Aristote ; Musées du Capitole, Rome ; photo personnelle)


Ce n'est pas scoop, ça fait longtemps que les enseignants-chercheurs français disent à qui veut l'entendre qu'on les assomme d'administratif et que ça les empêche de faire à la fois cours et de la recherche dans les meilleures conditions. Ça fait aussi longtemps que les Américains, quand ils viennent faire un tour chez nous ou discutent avec eux, sont ébahis de voir ce qu'arrivent à faire leurs collègues français, alors qu'ils ont une masse de tâches annexes à gérer en plus. Parce qu'il n'est pas possible de faire comme si notre seule secrétaire travaillait sept jours sur sept, avec des journées de quarante-huit heures. Parce qu'il n'est pas possible non plus de faire comme si le collègue chargé de l'ensemble de la licence avait, lui aussi, de super pouvoir temporels ou un clône (voire deux) lui permettant d'aller tranquillement en bibliothèque pendant que le reste se fait tout seul.

Personnellement, je ne râle pas trop : d'abord parce que ce n'est pas (encore, espérons-le) mon problème, ensuite parce que j'ai un caractère tel qu'il me paraît normal d'essayer d'aider en se répartissant le travail (c'est comme pour les inscriptions pédagogiques : plus on est, moins chacun en a à faire) ; les conditions d'exercice changent, à nous de nous y adapter pour essayer de continuer à travailler dans les meilleures conditions possibles.

 (Aristote, élève de Platon et prof d'Alexandre le Grand ; Musée du Louvre, Paris ; source : Wikipédia Commons)


En même temps, je comprends aussi ceux qui se refusent à s'occuper de cela, parce qu'ils considèrent qu'ils ont autre chose à faire et que ce n'est pas pour assurer ces fonctions qu'ils ont été embauchés. Il est vrai qu'on peut aussi craindre que se charger de tâches administratives toujours plus lourdes n'incite les décideurs à en imposer toujours plus, en rognant davantage encore sur, par exemple, les fonds alloués pour embaucher des secrétaires et des ATER (parce qu'on ne parle pas assez non plus des profs en archi-surservices, avec des heures de cours sur l'année qui dépassent bien largement les 192 pour lesquelles ils sont payées - oui,  vous avez bien lu, certains cours, faute de mieux et par conscience professionnelle, sont effectués gratis).

Accepter de se charger de tâches administratives nouvelles, c'est mettre le doigt dans un engrenage sans fin, dont on sait que, sauf retournement inespéré de la conjoncture économique et/ou de l'attitude de la société française face à l'enseignement et à la recherche, il y a peu de chance qu'on sorte "vainqueur". Pourtant, refuser de le faire, c'est aussi profiter assez égoïstement de la surcharge qu'on fait peser sur tous les autres.

(Alexandre le Grand, élève d'Aristote et l'homme qui, entre ses 20 ans et ses 33 ans, a étendu son empire de la Macédoine à l'Inde en passant par l'Iran, en cherchant à inciter les peuples différents placés sous son autorité à se marier entre eux, afin de vivre dans l'harmonie et la paix ; Musées du Capitole, Rome ; photo personnelle)

mercredi 7 novembre 2012

F***** abreviations

Dans une autre vie (comprendre : quand, au sortir de la prépa, je ne savais pas encore comment occuper mon Incroyable Temps Libre autrement), j'étais modératrice sur un forum de traduction. On y trouvait à peu près toutes les langues (j'y étais moi-même arrivée en cherchant une traduction du gaélique irlandais... et quelqu'un m'avait répondu) et le but était soit d'aider à traduire, soit d'aider à approfondir ses connaissances grammaticales et sémantiques. Personnellement, j'étais chargée des forums latin et grec, mais je passais aussi de temps en temps sur le forum français et le forum anglais.

Une des règles sur ce site était d'exiger que les gens y écrivant s'efforcent d'avoir une orthographe aussi correcte que possible et, surtout, n'utilisent pas d'abréviations de type SMS. La raison n'était pas tant que nous étions des "grammar Nazis" (comment peut-on l'être sur des forums où on commence une langue ou cherche à améliorer son orthographe ?), mais parce qu'il y avait sur ce forum des gens qui apprenaient le français et qui se trouvaient de fait totalement mis à l'écart lorsqu'ils tombaient sur des messages du type "Wesh ! G besou1 d'1 trad en lat pr 2min paske je V me f f 1 tatoo lol !". 

Imaginez-vous : vous êtes (cas véridique) un Suédois extrêmement intelligent, gentil et serviable, vous connaissez, en plus de votre langue maternelle, parfaitement le français ET le latin ; vous pourriez donc répondre à cette tête d'oeuf dont les connaissances ne sont pas au niveau des vôtres, même pour ce qui est de sa propre langue ; sauf que vous n'y comprenez absolument rien. 

Mettez-vous maintenant à la place de la tête d'oeuf : en écrivant un message de ce genre, vous avez multiplié par 150 la probabilité de vous retrouver avec "Quod non me interficere me facit fortior"(traduction Google) à jamais tatoué sur votre postérieur (cas véridique aussi), alors que c'est assez loin de votre "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort" (Google l'ayant "traduit" par : "Ce qui, plus fort, moi pas tuer, me fait" ; oh bah c'est bêtaud d'avoir ça sur le cul jusqu'à la fin de vos jours, hein !). Moralité : écrivez des messages aussi grammaticalement corrects que possible, cela permettra aux personnes compétentes de vous répondre parfaitement.

Bref. Je m'éloigne du propos principal.

(En vrai, j'aurais signalé 1) votre message, en vous demandant de le réécrire correctement et 2) la réponse du petit malin utilisant Google traduction, en pointant du doigt son absurdité, donc vos fesses seraient saines et sauves.)


(vous voyez ? je n'invente pas, même s'il ne s'agit pas de fesses dans ce cas-là)

Tout cela, jusqu'à assez récemment, était de l'ordre du principe : je ne m'étais pas encore vraiment confrontée à ce que ça pouvait être de se coltiner des abréviations dans une langue qu'on maîtrise assez médiocrement. Mais ça, c'était avant de commencer à lire au long cours des ouvrages en allemand.

Je vais vous épargner ma complainte de la néo-germaniste suant sang et eau pour comprendre quelque chose (encore que mon niveau s'améliore progressivement, alléluïa). Je vais donc juste proposer un petit jeu, dérivant de la fiche que j'ai fini par faire et accrocher au mur à côté de mon bureau, après m'être lassée de toujours chercher dans le dictionnaire ce que ça voulait dire.

Le jeu de la semaine : sauras-tu dire à quelle expression allemande correspond telle abréviation et, ensuite, de quelle expression ou abréviation (généralement utilisées dans toutes les autres langues) elle est l'équivalent ?

a) z. B.
b) u. a.
c) bzw.
d) usw.
e) vgl.
f) o. a.
g) m. E.
h) d. h.

1) beziehungsweise
2) oben angefürhrt
3) zum Beispiel
4) und so weiter
5) meines Erachtens
6) unter anderen
7) vergleiche
8) das heißt

α) entre autres
β) cf.
γ) i.e.
δ) ou
ε) supra
ζ) par exemple
η) etc.
θ) à mon avis