lundi 23 septembre 2013

La rentrée (partie 1) : l'ATER et les doctorants, ces pions

Je savais que la journée allait être assez rock n'roll, mais je n'imaginais pas qu'elle le serait autant.

Nous en étions donc restés à mon problème d'emploi du temps : j'avais deux cours qui se chevauchaient, dont un qu'il était absolument impossible de décaler, et le résultat était que celui de latin niveau 1 était censé durer... une demi-heure. Petit problème.

La collègue chargée de démêler ça envisageait tout d'abord de me décharger du cours d'initiation, pour le donner à quelqu'un d'autre au dernier moment. J'avais fait remarquer que j'avais déjà bien commencé à le préparer et qu'il était de surcroît un peu acrobatique de demander à quelqu'un de le reprendre comme ça au débotté. Elle avait acquiescé et deux déplacements s'offraient alors à nous : soit le remonter soit le repousser d'une heure. L'idée était de demander aux étudiants lequel des deux ils préfèreraient.

Mais dimanche, changement de cap : il était mieux de demander aux étudiants s'ils préféraient qu'on bouge le cours tout court ou s'ils voulaient qu'il reste là où il était ; dans ce cas je serais déchargée et mon collègue le reprendrait. "Ce n'est pas grave, vous en ferez d'autres, des cours pour grands débutants, dans votre carrière..." Certes, mais ça fait quand même deux semaines que je bûche sur celui-là, donc j'étais un peu fumasse.

Aujourd'hui, il arriva ce qui devait arriver : quand on demande à des étudiants s'ils préfèrent finir à 16h ou à 17h30, ils choisissent évidemment 16h (encore qu'il y en a eu quelques-uns qui étaient volontaires pour le second créneau). J'avoue que j'étais un peu surprise qu'on leur demande leur avis : après tout, ils peuvent attendre une heure et demie en travaillant en BU, 17h30 est franchement une heure décente pour finir (quand je pense que mon cours de l'année dernière était de 18 à 20...!) et il est moins pénible de déplacer un cours que de remanier les services de deux personnes la semaine de la rentrée.

Mais bon, autre fac, autres moeurs et ne pas agir autoritairement a aussi des arguments en sa faveur, surtout quand on craint de voir disparaître des latinistes potentiels. Ceci dit, j'ai franchement l'impression d'être un pion déplaçable à merci, dont on se fiche bien de savoir s'il a déjà perdu un nombre d'heures substantielles à préparer quelque chose qu'il va devoir mettre à la poubelle (ou se mettre à préparer frénétiquement quelque chose, dans l'urgence). En vérité, la décision a manifestement été prise dimanche et je soupçonne la consultation des étudiants, au résultat plus que prévisible, d'avoir été décidée pour me forcer gentiment la main.

Le pire est sans doute que j'ai quand même fait cours, peut-être dans une tentative de compenser face à ma préparation déjà au net. Vu le temps qu'on a mis à faire ce tour de table au résultat connu d'avance, ma collègue ayant insisté pour que je fasse quand même ce que j'avais prévu, je me suis retrouvée à faire vingt minutes d'"introduction au latin", en sabrant tout ce qui était présentation du fonctionnement du cours, pour reprendre ensuite à 16h avec moins de la moitié du groupe présent. On les comprend : à quoi ça sert d'assister à un cours fait par quelqu'un qui, de toute façon, ne l'assurera plus ensuite, sachant que la personne qui viendra après reprendra tout de zéro et appliquera un nouveau fonctionnement. A leur place, moi aussi j'aurais séché.

La bonne nouvelle du jour, c'est que j'ai quand même pu faire un cours correct aux khâgneux et, là, vraiment présenter ce que j'allais faire et comment on allait procéder. Ils ont l'air assez sympathiques et plutôt bien disposés, c'est déjà ça, mais il faut aussi que ça tienne la distance, d'autant qu'ils sont partis pour m'avoir également en grammaire ET en colles (vu qu'il faut compenser le cours que je perds ce semestre) !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire